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Les avocats du président sud-africain défendaient mardi devant un tribunal de Pretoria leur requête visant à bloquer la publication d’un rapport potentiellement très embarrassant pour Jacob Zuma sur la corruption à la tête de l’Etat. Ce rapport, très attendu, a été rédigé par la médiatrice de la République Thuli Madonsela, avant qu’elle ne quitte son poste mi-octobre où elle était chargée de veiller au bon usage des deniers publics. Pendant ses sept ans de mandat, Thuli Madonsela s’est illustrée par sa détermination à lutter contre la corruption au sommet de l’Etat et est devenue la bête noire du président Zuma. Le chef de l’Etat avait déposé un recours d’urgence devant la justice pour interdire la publication de ce rapport, prévue le 14 octobre. La Haute Cour de Pretoria étudiait mardi cette requête qui a de fait suspendu la publication du document, et que contestent notamment quatre partis d’opposition. Pendant l’audience, la défense du président a argumenté que l’opposition n’avait pas d' »intérêt direct ou fondamental » dans cette affaire. Me Anthea Platt, représentant M. Zuma, a aussi réclamé davantage de temps pour le président afin qu’il puisse répondre aux questions soulevées dans le rapport. Le recours déposé par le chef de l’Etat vise « à étouffer la publication du rapport de la médiatrice de la République », a de son côté affirmé l’un des avocats représentant l’opposition, Tembeka Ngcukaitobi. « Si les allégations (contenues dans le rapport) sont vraies », elles ont le potentiel de déclencher « une procédure de destitution du président ou une motion de défiance », a complété maître Dali Mpofu. Le rapport est actuellement conservé dans les bureaux de la nouvelle médiatrice, Busisiwe Mkhwebane, qui a annoncé qu’elle se plierait à la décision de la justice. La presse révèle de son côté au compte-gouttes des éléments de ce rapport au coeur duquel se trouve la sulfureuse famille d’affaires Gupta, soupçonnée d’intervenir notamment dans la nomination de ministres.
AFP