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un.jpgL’insistance de la mère à faire enfermer son fils trahissait une peur bleue qu’elle avait de ce dernier. Toute la famille ne respirait plus lorsque apparaissait Zougale la terreur.. Pourtant, ce n’est pas à cause de son terrorisme familial que Zougale se retrouve entre les mains des policiers de ce Commissariat de Bobo-Dioulasso ; pas directement. Zougale a été pris nuitamment dans ce même commissariat en train de voler un sac de riz ! C’est ce qui s’appelle ne pas manquer de toupet ! Voici l’histoire telle que relatée par la malchanceuse mère.

Depuis son adolescence, Zougale se droguait à la dissolution. Il se droguait et il volait des petits sous pour certainement satisfaire son vice. C’était du vivant de son père. Mais après le décès de celui-ci en mars 97, Zougale était devenu un autre enfant : il est passé de la dissolution au « bleu-bleu ». Des larcins il est tombé dans les grands vols. En fait, il a commencé par vendre tous ses habits ; puis ce fut le tour des marmites, casseroles et assiettes ; ensuite les portes des chambres.

Quand tout fut vendu et qu’il n’y avait plus rien à voler, Zougale se lança dans le vol à main armé dans son propre domicile. L’argent de la popote remis par le beau-frère est retiré après des menaces chaque fois avec un couteau. Un jour, Zougale fut témoin de la remise à sa mère d’une somme de trente mille francs CFA. Dans son cerveau troublé par la drogue, son plan est arrêté. Peu de temps après, il rejoint sa vieille dans sa chambre et armé d’un couteau exige qu’elle lui remette tout l’argent reçu. La drogue et l’importance de la somme faisaient qu’il n’hésiterait nullement à agresser sa mère si celle-ci avait le mauvais goût de résister. Elle ne résista pas, mais se précipita dehors car Zougale avait cette fois-ci oublié de refermer la porte. Elle courut autant que lui permettaient ses vieilles jambes, se réfugier chez son beau-frère. Resté seul et plein de rage, Zougale s’attaqua sans raison à la coépouse de sa mère et à la fille de celle-ci. Il tomba à bras raccourcis sur elles ; il les malmena tant et si bien que les jeunes du secteur crûrent bon d’intervenir pour arracher les malheureuses des mains de l’enragé. Ces jeunes-Ià devaient certainement avoir une dent contre Zougale : ils le frappèrent jusqu’à laisser des cicatrices sur son corps ; des cicatrices suffisamment profondes pour saigner.

Ici s’arrête le récit de la mère. La suite sortira de la bouche de Zougale lui-même, qui après cette correction erra un peu en ville avant d’aller au commissariat en question, porter plainte contre ses agresseurs. Pendant que les agents recevaient sa plainte, Zougale songeait déjà à la manière de s’emparer d’un sac de riz qu’il avait remarqué sous le hall du bâtiment. La nuit venue, il retourna au commissariat, évita d’être vu à l’entrée, prit un sac sur sa tête et s’en alla vers le mur côté rail, lorsqu’un agent l’aperçut et donna l’alerte. Il fut maîtrisé après une brève lutte.

Sa mère convoquée le lendemain ne pourra que demander avec larmes aux policiers, de garder son fils très longtemps en prison à Bobo ou de le faire conduire dans une autre prison du pays. Elle demandait cela pour la sécurité de Zougale lui-même que bien de gens recherchaient pour lui faire la peau. La mère pensait ainsi que la prison pouvait changer son fils de crapule en honnête citoyen.

Pauvre mère !

N.B : « Bleu-bleu » nom donné à des somnifères de cette couleur.

Sacré Chedou Ouédraogo

Sidwaya

31 mars 2008