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Des risques pèsent sur la réalisation du taux de croissance de 7,3% prévu en 2014 dans les huit pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA), a- t-on appris de source officielle.

Selon le communiqué par Comité de politique monétaire (CPM) à l’ issue d’une réunion à Dakar, l’un des principaux facteurs de risque est l’impact négatif du ralentissement de la croissance dans les pays émergents sur les cours mondiaux des produits de base exportés par les pays de l’Union.

Sur un autre registre, le CPM a décidé de baisser de 25 points de base les taux directeurs de la Banque centrale des Etats de l’ Afrique de l’Ouest (BCEAO). “Cette baisse devrait conforter le mouvement de baisse des taux débiteurs des banques et améliorer les conditions de financement des économies”, indique le communiqué.

L’UEMOA dont la monnaie est le Francs CFA, regroupe huit membres : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.

Le communiqué note par ailleurs que l’analyse de l’évolution de l’inflation au sein de l’union, “laisse apparaître également une décélération plus marquée que prévue de la hausse du niveau général des prix”.
“Le taux d’inflation en glissement annuel est ressorti à 1,7% fin juin 2013 contre 2,8% en décembre 2012”. Pour le CPM, ce ralentissement résulte pour l’essentiel de la décrue des prix des céréales locales ainsi que de la baisse des prix du carburant dans certains pays, à la faveur de la détente des cours mondiaux de pétrole.

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••• Sécurité transfrontalière : le Mali et le Sahel Sahara à Tunis

Tunis accueille les 9 et 10 septembre 2013 une réunion de haut niveau entre responsables du dossier malien et spécialistes ouest-africains et internationaux des évolutions politiques et sécuritaires dans le Sahel-Sahara. Son objectif : réaliser un examen critique des réalités et des réponses régionales et internationales à la crise du Mali et du Sahel-Sahara, prendre la mesure des défis à venir et identifier les réponses nécessaires. La réunion est coorganisée par le Centre 4S, le Centre pour le Dialogue Humanitaire (HD) et l’Institut International pour la Paix (IPI).

Après une élection présidentielle qui s’est déroulée pacifiquement, dans de bonnes conditions et en présence de très nombreux observateurs nationaux et étrangers, Ibrahim Boubakar Keita a été élu et sa victoire reconnue par tous les protagonistes. Alors que celui-ci s’apprête à prendre ses fonctions, experts et observateurs avertis, mais aussi rebelles, trafiquants et djihadistes, peuvent aujourd’hui se demander : et après ?
“Les crises de la région sahélienne ont été et restent profondes. Elle ont précédé l’effondrement du Mali en 2012 et ne finiront pas automatiquement avec le retour de la légitimité par les urnes dans ce pays’’ rappellent les organisateurs qui ajoutent : “les défis pour le Mali demeurent énormes, tandis que l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb vivent sous la menace permanente d’attaques terroristes pour lesquelles leurs Etats sont peu préparés”.

“Les causes et les interconnexions des problèmes (violences armées, trafics divers, chômage des jeunes, crise de la démocratie représentative et retribalisation des États) doivent être explicitées comme doit être reconnue la nécessité d’une mutualisation des moyens sécuritaires des États de la CEDEAO et du Maghreb”.

Les organisateurs rappellent “que l’effondrement du Mali a révélé les déficits des arrangements de sécurité régionaux et confirmé la nécessité d’ouvrir ceux-ci à de nouveaux partenaires. L’établissement de ces partenariats doit être envisagé avec des États, à même d’aider à protéger l‘intégrité territoriale des États menacés, y compris hors zone, voire à l’extérieur du continent”.

Comment consolider les acquis de l’élection présidentielle, les résultats de l’opération Serval, les accords de Ouagadougou et le déploiement de la Minusma ? La réunion de Tunis permettra une discussion libre et franche sur les moyens à mettre en œuvre pour :

• aider le nouveau gouvernement et la communauté internationale à gérer les sujets structurels sans céder aux seules exigences de l’urgence.

•faire respecter par les parties l’ensemble des engagements pris lors des accords de Ouagadougou et rebâtir de nouvelles relations de confiance entre Maliens, y compris au travers des travaux de la Commission Dialogue et Réconciliation.

• assurer la mobilisation et les déboursements effectifs et responsables des contributions de 3.4 Mds d’euros annoncés par les « Amis du Mali » le 15 mai dernier lors de la conférence de Bruxelles.

• fournir l’assistance nécessaire, matérielle et morale aux déplacés et aux réfugiés tout en préparant leur retour dans leurs foyers.

• éviter que le retrait partiel ou total des troupes françaises de l’opération Serval ne laisse un vacuum sécuritaire et donc assurer une bonne coordination entre ce retrait et le déploiement des forces onusiennes de la MINUSMA et la restructuration des Forces maliennes.

“Les crises de la région du Sahel-Sahara ne commencent ni ne finissent au Mali”. Plusieurs stratégies régionales et internationales ont tenté de traiter ces problèmes d’une façon intégrée. La réunion de Tunis portera un regard critique sur ces stratégies, y compris la nouvelle stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.

De nombreuses personnalités nationales et internationales sont attendues à Tunis pour un débat libre et ouvert. MM : Tiéman Coulibaly, Ministre des Affaires Etrangères du Mali, Marou Amadou, Ministre de la Justice du Niger, Albert Koenders, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Mali, Robert Piper, Coordinateur humanitaire pour le Sahel, le Général Makoko, Adjoint de la Mission de la Commission de l’Union Africaine au Mali, Michel Reveyrand de Menthon, Envoyé Spécial de l’Union Européenne pour le Sahel, Najim el Hadj Mohamed, Secrétaire Exécutif de la Stratégie Nationale Sécurité Développement du Niger, Christophe Guilhou, Directeur de la Paix, de la Sécurité et des Droits de l’Homme de l’Organisation Internationale de la Francophonie.

Seront également présents pour éclairer les débats de nombreux experts ouest-africains et internationaux comme Mehdi Taj, expert en géopolitique tunisien, Abdelkarim Lansari du Niger, Alain Antil, spécialiste du Sahel à l’IFRI et Wolfram Lacher de SWP-Berlin.

Tunis, le 3 septembre 2013

Nouvel Horizon du 6 Septembre 2013