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Treize Etats africains appartiennent à la zone CFA représentent 100 millions d’habitants soit un dixième de la population du continent noir. Sa dette extérieure s’élevait à quelque 150 milliards de dollars à la fin de 1988. Pour l’Afrique, c’est énorme un peu plus que son PNB.

Certains pays sont parmi les plus pauvres en terme de revenu par habitant : Tchad, Burkina, Mali, Niger. Le Gabon est un «scandale géologique», un «émirat» : le bruit court que c’est le pays au monde où l’on consomme le plus le champagne par habitant.

La zone franc fausse les échanges inter-africains. Pour obtenir des francs CFA, les voisins écoulent massivement leurs marchandises, en fraude, dans les pays de la zone.

Quelques exemples

La guinée Conakry, avec son «Sily», est devenu un centre commercial exportateur de véhicules d’occasion, mobylettes, tracteurs, matériels bureautiques, meubles, quincaillerie, chaussures…

La Mauritanie, avec sa monnaie Ouguiya, connaît un trafic intense de produits venant frauduleusement d’Algérie, du Maroc et qui se retrouvent sur les marchés maliens.
Le mouvement est d’autant plus fort que la monnaie de ces pays a tendance à se déprécier.

La dévaluation du Naira nigérian a entraîné au Cameroun un boom des achats de voitures en provenance du Nigeria. La liquidation des industries maliennes a incité les commerçants détaillants à importer les produits made in Nigeria.

La zone franc encourage la fuite des capitaux. Le trafic ne s’oppose pas aux virements faits par les dirigeants africains sur des comptes en France, en Suisse ou ailleurs. Il n’existe pas semble-t-il de statistiques permettant d’évaluer le montant global de ses virements, mais il représente certainement chaque année, une fraction substantielle du PIB.

La fuite des capitaux concerne aussi les billets de banque. D’après une étude de la Banque centrale des Etats de l’Afrique centrale 41,6% des billets de la zone «circulent à l’extérieur» de celle-ci en 1986. Depuis le phénomène se serait encore amplifié. Au total, on peut dire que la majeure partie de l’épargne de ces pays a fui et continue de fuir à l’étranger.

«Si on faisait le compte des exportations de capitaux, on trouverait de quoi assainir les finances publiques», dit un banquier camerounais.


Autres remarques


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Si la Côte d’Ivoire n’était pas dans la zone franc, le problème du cacao serait résolu de lui-même.
. Si le Mali n’était pas dans la zone franc, le problème du coton malien serait résolu.
La CMDT ne serait pas bazardée.

Tous les Africains savent que si la France retirait son appui la monnaie de ces pays s’écroulerait. Le système des comptes d’opération du trésor permet également aux banques centrales régionales d’obtenir des avances quasi automatiques du trésor français au profit des différents Etats de leur ressort.

La situation réelle de ces comptes est confidentielle, mais tout le monde sait qu’elle devenue largement débitrice, en dépit de l’aide financière massive que la France injecte par ailleurs. Ainsi en juin 1988, la position de la côte d’Ivoire était débitrice de 660 millions de dollars soit près de 2/3 du budget de l’Etat ivoirien.


Fuite de capitaux

Les commerçantes maliennes vont en Asie, en Europe, aux USA, à Dubaï avec des liquidités du franc CFA. Ce qui constitue la rareté du franc CFA à Bamako. La ruée des asiatiques en Afrique avec son corollaire de marchandises contre- façon rend difficile la circulation monétaire. Quand on sait que ces asiatiques thésaurisent leurs sous. Cette même pratique dévolue aux Libanais.


La rédaction

12 Mai 2008