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Après sa visite à Kidal le 17 mai 2014 où il est revenu sur la pointe des pieds, le Premier ministre, Moussa Mara a non seulement sur sa conscience la mort de six préfets et civils, mais il traîne également derrière lui, la mauvaise réputation d’avoir conduit à l’abattoir et risquer la vie d’une dizaine de membres de son gouvernement qui ont effectué le voyage avec lui. Cela, malgré les mises en garde émises par certains responsables militaires de la MINUSMA et de Serval. Pour cette raison, le Président du Rassemblement pour le Développement et la Solidarité (RDS), Younouss Hamèye Dicho dit ne pas partager l’idée de la visite de Mara à Kidal qu’il a jugé inopportune, lors d’une conférence de presse le samedi 14 juin 2014 au siège de son parti.

Décidément en prenant la décision de se rendre à Kidal le 17 mai 2014, le Premier Moussa Mara en a fait à sa tête. Et la preuve, que les partis de la majorité présidentielle n’ont pas été consultés en aval, a été établie le samedi 14 juin 2014 par le Pr. Younouss Hamèye Dicko, Président du parti du Rassemblement pour le Développement et la Solidarité. Conséquence : en plus d’être fortement critiquée par l’opposition, cette visite suicidaire du Premier ministre ne fait pas non plus l’unanimité au sein de la majorité présidentielle.

C’est le constat qui ressort de la conférence de presse animée, le 14 juin 2014, par le parti du Rassemblement pour le Développement et la Solidarité. En effet, lors de son entretien avec les hommes de la presse qui avait comme point inscrit à l’ordre du jour (l’accord de Ouaga : Paix et Réconciliation nationale), le Président du RDS a dit toute son indignation sur cette visite inopportune au relent populiste du Premier ministre.

Selon M. Dicko, le Premier ministre a réfléchi court en compromettant la vie d’une dizaine des membres du gouvernement lors de sa visite à Kidal. A l’en croire, en se rendant dans cette zone extrêmement dangereuse, Mara a commis une grosse erreur. « C’aurait été une catastrophe pour le Mali si ça tournait mal », a dit M. Dicko. Avant d’ajouter que son parti n’a pas apprécié l’idée de ce déplacement du Premier ministre dans cette région. Car, explique-t-il, il n’a pas pris les précautions nécessaires qu’il fallait prendre pour s’y rendre.

Par ailleurs, par la même occasion Younouss hamèye Dicko s’est également prononcé sur l’accord de défense entre le Mali et la France. Pour M. Dicko, son parti n’ignore toujours le contenu de cet accord que notre pays s’apprête à signer avec la France.

Toutefois, il dira que son parti s’oppose à l’installation d’une base militaire étrangère dans notre pays. « Nous avons été extrêmement peinés quand nous avons appris qu’un accord de défense allait être signé entre le Mali et la France le 20 janvier 2014. Nous avons souffert dans notre honneur sachant que cela est une insulte à la mémoire du père de l’indépendance, Modibo Kéïta », a dit M. Dicko qui pense que l’armée malienne a aujourd’hui juste besoin des alliés et pas des tuteurs.

Youssouf Z KEITA

Le Républicain du 16 Juin 2014