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Après Kati, le 5 juillet 2008, Kita, le 27 décembre 2008, les responsables du MVD s’étaient donnés rendez-vous, le 28 février dernier, pour sa rentrée politique en commune I du district de Bamako. Composé de l’ANC, du PPP, du PJD, du PRDT et du RDS, ce groupement de partis affirme ainsi sa résolution d’aller ensemble aux élections municipales d’avril 2009. A cet effet, les responsables du mouvement ont placé cette rentrée politique «sous le signe de la lutte contre la fraude électorale». Le président du mouvement, le Pr. Younouss Hamèye Dicko, a souligné que le MVD rejette sans ambages la triche et la fraude électorales qui minent et sapent la démocratie malienne chèrement acquise et soutient qu’il est temps que le peuple se lève «pour dire non aux élections de l’argent, à l’avènement de la ploutocratie, à l’achat des consciences, à la falsification des résultats sorties des urnes».

En misant sur une réussite remarquable de ces élections communales de 2009, le MVD entend aller à ces échéances en rangs serrés, avec des pistes d’alliances possibles, sur toute l’étendue du territoire. Convaincu que le mouvement est dans un starting block, les responsables ont indiqué aux militants que cette volonté passe nécessairement par une culture de confiance en soi qui leur permettra de mobiliser les moyens indispensables.

Selon la présidente de la coordination du MVD en Commune I, Mme Sanogo Kadidia Sacko, tous les moyens ont été mobilisés pour permettre une place honorable au mouvement dans sa commune à l’issue des municipales prochaines. La rentrée politique du 28 février dernier était alors perçue comme une démonstration de force, en prélude à ces échéances, où le président s’est dit agréablement surpris par la sortie massive des militants. Les élections de proximité sont des occasions remarquables de participation des citoyens à la vie publique et au développement, a expliqué Mme Sanogo Kadidia Sacko.

«Il appartient à l’Etat de lutter contre la fraude à l’aide de l’arsenal juridique qu’il s’est voté, mais qu’il n’utilise même pas» s’est indigné Younouss Hamèye Dicko. Selon lui, il appartient à l’Etat de sensibiliser le peuple pour lui faire détester la fraude et lui faire reconnaître toutes formes de turpitudes utilisées par les fraudeurs et de sévir contre ceux-ci conformément à la loi. Younouss Hamèye Dicko, en appelant ses militants à circonscrire toute forme de fraude électorale a déclaré que «le 26 avril 2009, la fraude sera au rendez-vous avec plus de vigueur et de hardiesse que par le passé». Dans une tentative de situer des responsabilités de la fraude, le président du MVD écarte toute responsabilité de la CENI, la DGE et la cour constitutionnelle, principaux organes de moralisation du processus électoral. Selon lui, ces organes ne sont que des auxiliaires de l’autorité légale et légitime investie par le peuple pour sauvegarder ses valeurs sociétales et de civilisation.

Seydou Coulibaly

Le Républicain du 02 mars 2009