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Le Parti de la solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), dans une déclaration en date du 20 février 2008, dénonce la mafia judiciaire qui sévit de manière immonde dans notre pays et accuse le gouvernement du président Amadou Toumani Touré de cautionner des agissements peu orthodoxes de certain magistrats.

Suffisamment ébranlé par la lenteur que la justice malienne observe à faire éclater la vérité au grand jour dans l’affaire de l’assassinat de Youssouf Dembélé, secrétaire général de la section Sadi de Niono, le parti de Cheick Oumar Sissoko, ces derniers temps, n’a aucun répit. Au moment où le parti se bat pour que la lumière soit faite à Niono sur l’assassinat du secrétaire général de la section, des militants de SADI ont maille à partir avec la justice à Yorosso.

Selon Dr Oumar Mariko, secrétaire général du parti SADI et député à l’Assemblée nationale, depuis fin novembre 2007, Adama Konaté, militant du parti Sadi à Yorosso est victime d’un acharnement judiciaire de la part de Sidiki Sanogo, juge de paix à compétence étendue de la localité qui l’accuse de tentative d’assassinat.

Il a rappelé que le 27 novembre 2007, Adama Konaté qui se trouvait dans son champ a été alerté par des gémissements et des cris de douleur d’un éleveur blessé aux abords de son champ. « Il se précipita sur les lieux et vint au secours du blessé en le transportant d’urgence à l’hôpital », a-t-il indiqué. Avant d’ajouter que quelques jours après, il fut accusé d’être l’auteur du crime.

« Arrêté, il a été aussitôt conduit en prison sur ordre du juge indélicat enfin satisfait d’avoir eu l’occasion rêvée de se débarrasser d’un homme qui ne cessait de mettre à nu ses turpitudes et qui constituait un véritable obstacle à la mise en coupe réglée de la localité par les autorités politico administratives. Le juge affirme que sorti de coma la victime aurait dénoncé Adama Konaté», a-t-il déclaré.

Pour rappel, Dr Mariko a précisé que Adama Konaté a été l’homme qui s’est opposé victorieusement aux agissements d’un haut officier de l’armée, « le colonel Youssouf Goïta du Mouvement Citoyen», venu faire élire par la fraude et la violence son candidat Amadou Toumani Touré à la Présidentielle d’Avril 2007 à Yorosso.

Le secrétaire général du parti Sadi accuse ce colonel d’avoir impunément mis sur pied un commando chargé de terroriser les populations qui refusaient d’obtempérer à ses ordres, cela au nez et à la barbe des autorités de la localité, des observateurs de la CENI et de la Cour constitutionnelle.

«Il s’était même payé l’audace de déchirer les affiches du Candidat de SADI à la Présidentielle! son autoritarisme insensé a été mis à l’épreuve par Adama Konaté qui déchira les affiches du Candidat ATT pour lequel il avait délibérément violé son serment d’officier en s’engageant dans l’arène politique», a-t-il déclaré.

Selon le député Oumar Mariko, cette réplique exemplaire à « ce tirailleur en rase campagne » a donné la mesure de l’extrême combativité de ce militant consciencieux et intègre qui refuse les menaces, intimidations et participe à l’implantation du parti SADI dans sa localité.

Dans son rappel des hauts faits de Adama Konaté, le secrétaire général de SADI a aussi signalé qu’il y a trois ans, ce militant avait organisé une marche pacifique de protestation contre le détournement des fonds alloués à la rénovation de la maison du peuple de Yorosso.

«Et depuis, il est devenu l’homme à abattre», a estimé Dr Oumar Mariko. Pour cela, il dira que la détention actuelle d’Adama Konaté est arbitraire et n’est pas faite dans l’objectif de faire triompher la justice, mais de détruire le parti SADI à Yorosso et d’inspirer la crainte à tous ceux qui veulent militer dans ce parti.

Il a révélé qu’Adama Konaté n’est pas un cas isolé à Yorosso. Selon lui, Salia Daou, conseiller communal et quatre membres de sa famille subissent actuellement une punition collective. «Un de leur frère aujourd’hui en fuite est poursuivi pour crime. N’ayant pas trouvé le fugitif, le juge a ordonné leur incarcération jusqu’à l’arrestation du présumé coupable», a-t-il révélé.

Pour cela, le parti SADI, par la voix de son secrétaire général, a estimé : «Comme le juge Dramane Barré de Niono, l’Avocat général Souleymane Coulibaly, Sidiki Sanogo rallonge la liste des magistrats qui se couchent sur le droit et actionnent la justice contre les citoyens pour de sombres desseins».

Le parti SADI est aujourd’hui convaincu qu’ils sont hélas soutenus par «le Président de la République et son gouvernement qui, sous le principe sacro-saint de l’indépendance de la justice, abandonnent les citoyens entre les mains de malfrats drapés dans leur toge de justicier et qui bénéficient d’une impunité totale de la part de l’autorité judiciaire et des Institutions de l’Etat…».

Pour soutenir sa conviction, le parti SADI a rappelé l’exemple ahurissant de Sidi Coulibaly. Selon la déclaration, Sidi Coulibaly, paysan de son état a eu le crâne taillé à la machette au cours d’une bagarre avec des éleveurs à Macina et malgré la gravité de son état qui nécessitait des soins urgents, il a été mis en prison par le juge de paix, Mahamadou Diakité de Macina.

«Alertée, sa hiérarchie s’informe davantage. Redoutant les réactions fâcheuses qui pourraient en résulter, il libère en catimini sa victime pour éviter d’être démasqué pour son implication personnelle et intéressée dans les dénouements judiciaires des conflits entre éleveurs et agriculteurs», a soutenu Dr Mariko.

Avant de prendre à témoin l’opinion nationale et les organisations de défense des Droits Humains de ces violations inacceptables, selon lui. La déclaration exige la libération immédiate d’Adama Konaté, de Saliou Daou et les membres de sa famille et appelle toutes les forces progressistes du pays à s’organiser avec détermination et engagement pour s’opposer à ces pratiques dignes d’un système politique dictatorial, clientéliste et népotiste.

Assane Koné

22 février 2008.