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Afin de construire un port sec, disent les habitants, plus de 2000 maisons sont menacées de démolition. Cependant, aucun décret ni arrêté ministériel ne l’approuve. C’est pourquoi l’association ASRY a engagé depuis 2004 une lutte pour tirer au clair cette affaire et amoindrir la souffrance de habitants de la localité.

La zone en question est située entre la cité de Yirimadio (ATTbougou), la cité des gardes et la Route Nationale N°6. Elle couvre une superficie de 77 hectares et est composée de lots avec le titre foncier pour certains et la lettre d’attribution pour d’autres. Certains endroits ne sont pas lotis.


Des inquiétudes

Aux dires du président de l’Association pour la Sauvegarde et la Réhabilitation de Yirimadio (ASRY), le professeur Karamoko Dagnoko, l’idéal n’est pas d’engager un bras de fer avec qui que ce soit, mais de faire toute la lumière sur cette affaire.

En effet, les membres de l’Association ASRY ont sillonné les ministères censés de détenir le dossier, notamment le ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales et le ministère du Logement des Affaires Foncières et de l’Urbanisme. Mais aucune trace dudit dossier. D’ailleurs, les ministres concernés affirment ne pas être au courant à chaque fois que les intéressés se présentent à eux.

Ce qui fait mal

La localité concernée n’est pas en dehors de la ville. Or, selon les normes, pour ériger un port sec, il faut une distance d’environ 10 kilomètres en deçà de la ville. Car le port sec entraîne un entrepôt où se réunissent des milliers de gros porteurs venus de divers horizons avec toutes sortes de bagages.

D’où l’Etat doit réfléchir par rapport à cette situation. De nos jours, il serait plus judicieux d’ériger le port sec en question sur un espace vide. Car il y a beaucoup de lots construits avec le titre foncier dont le remboursement peut servir à financer beaucoup de travaux.

Ce qui fait mal aux habitants, c’est que la zone relève administrativement de Kati. Et aucune semaine ne passe sans que des éléments de la direction régionale de l’urbanisme ne fassent une descente sur terrain. Et chaque fois qu’ils trouvent des maçons en train de construire, ils leur retirent tous les matériels de travail.

Les habitants rançonnes

Pour les reprendre, les intéressés sont obligés d’aller payer 30 000F à 40 000F CFA à Kati à la direction. La semaine dernière, ils ont ramassé les matériels des maçons qui étaient en train de construire la musquée située dans une grande cour (5 brouettes et 8 fûts), a-t-on appris sur place. Le conseiller au chef de quartier Lamine Blén s’est dit indigné car la chefferie n’a reçu aucune consigne pour le déguerpisserment.

Un autre élément dira :chaque jour que les éléments de la direction de l’urbanisme de Kati n’ont pas d’argent, ils viennent ramasser nos matériels de travail pour que nous partions payer de l’argent à Kati…” Pire, un commerçant détaillant du nom de Aly Traoré est mort après avoir appris que sa maison construite au bout de mille efforts sera démolie.

C’était en 2008. Ceux qui se présentent avec les policiers pour retirer les matériels de travail des maçons réclament l’autorisation de construire. Et lorsque les propriétaires vont récupérer leurs matériels on ne leur procure aucun reçu d’où un acte illégal malveillant.

Le moins qu’on puisse dire c’est que territorialement, la zone devrait revenir à Yirimadio. Mieux, elle ne correspond pas à un site où l’on peut construire un port sec.

Cependant, la localité mérite un lotissement et une viabilisation.

B.S

24 Avril 2009