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Après avoir remporté la coupe d’Afrique junior et espoir, le titre senior manquait chez Yankee et depuis quelques semaines à Dakar ce rêve est devenu une réalité. Yankee et les filles sont sacrés champion d’Afrique de Basket-ball Féminin. Par rapport à cette victoire de Dakar, Yankee en tant que sélectionneur national adjoint nous livre ici ses impressions.


Nouvel Horizon : Qu’est-ce qui a été à la base de cette victoire ?

Yankee : C’est la fédération qui a tout mis en oeuvre pour que l’équipe nationale puisse bénéficier des meilleures conditions de travail. Aussi, le département des Sports et le président de la République.

Je me rappelle quand nous avons été champion d’Afrique espoir, à notre arrivée, il a dit à son ministre des Sports de tout mettre en oeuvre pour que ces équipes soient dans les meilleures conditions de préparation, donc cela nous a permis, nous en tant que coach de travailler et de combler les lacunes, d’avoir des stages bloqués en France, en Allemagne et un peu partout et de trouver une équipe à la hauteur. Je dirai que c’est l’oeuvre de tout le monde y compris les coachs, le public, les journalistes et l’encadrement.

Nouvel Horizon : Côté technique, qu’est-ce qui a beaucoup marché pour le sacre final ?

Yankee : Vous savez, la collaboration entre les deux coachs a porté fruit. José Rius, c’est un professionnel, mais il ne connait pas très bien le basket-ball africain surtout le basket-ball malien. Et moi j’étais là pour l’aider dans ce sens, vous savez, le basket-ball professionnel n’a pas de sentiment. S’il te dit, tu vas à droite, si tu vas à gauche, il te sort. Donc sur le plan tactique, notre équipe a su faire de son mieux. Et cela nous a beaucoup aidé. Vous savez le professionnalisme est beaucoup différent de l’amateurisme.

Nouvel Horizon : Nous avons souvent assisté à des prises de becs entre les deux coachs, qu’est -ce qui se passait réellement à ces périodes là ?

Yankee : Non, il n’y avait rien, le coaching est très difficile surtout si vous devez collaborer, parfois vous n’avez pas le même point de vue, et cela diffère dès fois. Mais c’est le bon sens, et sans cela, on n’ira nulle part. Moi, je ne dirais pas José, parce que c’est un Blanc que tu as toujours raison, non et il ne me dira pas que Yankee, tu connais bien le basket-ball africain que tu as toujours raison non. Il y avait cet ordre d’idées qui était là et qui a été positif et le résultat est là. Sinon ce n’était pas méchant.

Nouvel Horizon : Qu’est-ce qui a été la plus grande force de votre équipe en finale contre celle du Sénégal, si on sait que vous avez perdu contre la même équipe avant la finale ?

Yankee : Notre force, c’est un jeu intérieur. José et moi ont visionné les cassettes et nous avons échangé les idées. Et nous avons décidé qu’il faut perdre contre le Sénégal lors de la première rencontre; mais personne ne le savait.

En perdant contre le Sénégal, on évitait ainsi le Nigeria, car le Nigeria a aussi des intérieures très grandes et très fortes. Tout au long du tournoi, le Nigeria a démontré qu’il a le même schéma que nous.

Le jour où tu rencontres le Nigeria, si tu n’a pas de chance, et si ça marche pas pour toi, tu es foutu. Si avait rencontré le Nigeria à ce stade de la compétition, on ne serait pas peut être en finale. Il fallait éviter le Nigeria en perdant contre le Sénégal. Les angolaises et les camerounaises jouent très bien mais elles ont un jeu intérieur très faible et on pouvait maîtriser ces équipes là tout comme on a maîtrisé l’équipe sénégalaise.

Nouvel Horizon : Après avoir conquis tous les titres continentaux, que va faire Yankee dans un avenir proche?

Yankee : Je suis en train de réfléchir, j’ai été comblé, le basket-ball m’a tout donné, j’ai été champion d’Afrique junior, espoir et aujourd’hui je suis champion d’Afrique senior, donc j’ai tous les titres et tous les honneurs du continent Africain. Peut être que Yankee va rester ou il va se retirer du basket. Je ne sais pas ce que je vais faire dans un futur proche; mais au moment opportun, je vous le ferai savoir.


Nouvel Horizon : Quel appel avez-vous pour la jeune génération de basket-ball malien ?

Yankee : Seul le travail paye. Quand j’étais joueur dans la salle, on m’applaudissait parce que les gens disaient que je sais jouer; mais le jour où j’ai joué contre le Sénégal pour la 1ère fois à Dakar, contre les Appolo Faye, Adidas n°1, après notre défaite, je suis resté dans un coin et j’ai beaucoup pleuré et ce jour. Je me suis dit, on m’amadoue au Mali, moi je ne sais pas joué au basket-ball. C’est à partir de cet instant que j’ai eu mon ballon et je m’entraînais seul.

Six mois après, j’ai rencontré la même équipe sénégalaise à Bangui en 1974, c’était formidable et vous avez vu à Dakar le respect qu’on me portait, ce n’était pas parce que j’étais beau mais à cause de mon talent. Le message que je lance aux jeunes joueurs, c’est le travail, le travail et le travail encore.

Le parcours d’un passionné du basket-ball

Cet ancien joueur de l’AS Réal des années 1970 et champion du Mali de 1977 à 1980, médaillée d’argent aux jeux africains de Lagos au Nigeria en tant que capitaine de la formation nationale fut 3ème à la Coupe Abdou Diouf du Sénégal en 1984.

Il a joué dans d’autres clubs nationaux qui ont remporté le titre suprême du Championnat malien et la Coupe du Mali. Yankee cessa de pratiquer le basket-ball pendant la saison 86-87 pour se former à devenir entraîneur de la discipline et servir son pays par la même occasion.

C’est dans cette optique que Cheick Oumar Sissoko dit Yankee passe à son 2ème degré d’entraîneur à Banjul en 1989. La même année, il conduit l’équipe nationale à Dakar aux yeux de la CEDEAO où il revient avec la médaille de bronze. Pour une première expérience, Yankee est vivement félicité.

De l990 à 1992 il ramène le Djoliba à la tête de l’élite du basket-ball malien au championnat et à la coupe du Mali avant d’aller mettre son expérience au service du basket-ball à Koutiala sous le règne de Issa Tiéman Diarra, alors commandant de cercle de Koutiala en 1994.

Moussa KONDO (Stagiaire)

11 octobre 2007.