Partager

Selon des informations recueillies à Sikasso, tout est parti du refus des membres de la secte à faire vacciner leurs enfants au cours de la campagne de vaccination qui a débuté depuis quelques semaines dans la localité de Yanfolila et d’autres localités du pays.

L’incident, selon nos sources, a commencé dès l’arrivée des agents sanitaires dans un quartier abritant un groupe de fanatiques de la secte des «pieds nus» dirigés par un chef.

Celui-ci aurait ordonné à ses disciples de refuser la vaccination de leurs progénitures. Ainsi ordonné, ainsi fait. Face à cette opposition, les agents de la santé informent le préfet qui exigea la vaccination des enfants.

Escortés par les éléments de la gendarmerie et de la police, les agents de la santé retournent dans le quartier des «pieds nus». Loin de dissuader les «pieds nus», la présence des forces de sécurité contribuera à enflammer les esprits.

En effet, les membres de la secte se seraient armés de gourdins et de machettes.

Le face à face entre eux et les éléments de sécurité tourne aussitôt à l’affrontement. Policiers et gendarmes ouvrent le feu. Au bout du compte, quatre éléments de la secte sont tués et deux policiers ont été blessés.

Le chef de la secte et plusieurs de ses fidèles ont été arrêtés et d’autres ont réussi à prendre la fuite. Aujourd’hui un calme précaire règne dans la localité après cet incident, indique-t-on.

Revoilà les «pieds nus»

Secte religieuse, la communauté des «pieds nus» s’est signalée à l’attention des Maliens, pour la première fois dans les années 2000. Et de quelle manière ?

Dans la localité de Dioïla, des membres de cette secte avait froidement assassiné à coup de machette un juge de cette localité, avant d’affronter les forces de l’ordre.

Une dizaine de «pieds nus» avait été tuée et de nombreux membres ont été arrêtés suite à une chasse organisée par les autorités contre les membres de la secte.

Par la suite, le chef spirituel des «pieds nus», Ibrahim Kalilou Kanouté et plusieurs de ses lieutenants ont été jugés et sont écroués.

Depuis, les «pieds nus» avaient disparu dans certaines grandes localités. Cependant, ils continuent à mener leurs activités religieuses (?) dans le pays.

Ils opèrent souvent par petits groupes notamment à Bamako. Réfractaire à tout modernisme, ces religieux marchent «pieds nus», d’où leur appellation et n’empruntent jamais les engins.

Ils rejettent tout ce qui est fabriqué par l’occident. Arpentant les artères, ces «pieds nus» sont reconnaissables par leurs habits en cotonnade blanc. Une autre façon pour eux d’afficher leur particularité.

Ces religieux peuvent être extrêmement dangereux à l’endroit surtout de l’autorité et de ses représentants. Comme ce fut le cas hier à Dioïla et aujourd’hui à Yanfolila.

C.H Sylla

25 septembre 2005.