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Les Echos : Quelles sont les motifs pour lesquels vous avez créé un parti ?

Yacouba Dao : L’espoir né de notre élection en 2002 sous les couleurs de Sadi a tourné court laissant place à la volonté hégémonique de quelques membres du bureau national. La manifestation de cette volonté s’est traduite lorsque l’exécutif de Sadi nous a imposé sans consultation le paiement d’une cotisation exorbitante et d’autres mesures visant à nous empêcher d’entreprendre des actions en direction de Koutiala sans s’en référer au bureau national. Ces mesures iniques avaient pour seul but de nous nuire. Ce qui finit par provoquer de profonds malaises et divisions au sein du parti. Le paroxysme de la crispation a été atteint lorsque, sous la houlette du secrétaire général (Oumar Mariko, Ndrl), le bureau national de Sadi a entrepris en coulisses une vaste campagne de discrédit sur les ondes de la Radio Kayira visant à ternir notre aura auprès des militants de base à Koutiala. Et puis nous voulons garder notre identité et notre promesse à ceux qui nous ont élus à la base.

Les Echos : Quelles sont les orientations politiques de votre parti ?

Y. D. : Conformément à la déclaration politique des députés du groupe parlementaire LJS, au préambule, aux objectifs et au but consignés dans ses textes constitutifs, le parti LJS se fixe comme orientation politique : le changement en rapport avec l’évolution des réalités socio-économiques et culturelles conformément aux valeurs cardinales de notre peuple. Sur le plan national, le parti œuvrera à la consolidation des acquis démocratiques issus de la révolution de mars 1991 à travers la défense de la Constitution, la défense du code électoral permettant des élections libres et transparentes, la défense de la charte des partis politiques favorisant la pluralité dans l’unité nationale, la lutte pour la réduction des inégalités entre la masse paysanne et les autres couches socioprofessionnelles par la facilité d’accès à la santé, à l’éducation, au logement, etc. Sur le plan international, le parti Liberté et justice sociale œuvrera à la défense des causes justes en dénonçant avec esprit de suite l’exploitation des peuples opprimés, la globalisation libérale débridée et la paupérisation des paysans des zones cotonnières du Sud, la défense et la préservation des intérêts des Maliens de l’extérieur, la défense de l’unité africaine.

Les Echos : Pourquoi aviez-vous alors décidé de soutenir ATT en 2007 ?

Y. D. : C’est très simple, tout bon travailleur mérite un soutien. Le président de la République a une vision claire et précise du développement national que nous partageons largement avec lui. Ses promesses d’actions de développement tenues dans le cercle de Koutiala constituent un exemple frappant de son engagement pour le Mali. Pour nous, soutenir le président pour un second mandat est un devoir de reconnaissance et un espoir pour la réalisation d’autres actions. Ainsi, le parti LJS dans son ensemble a décidé de soutenir sans faille le président ATT pour la présidentielle de 2007. Je voudrais que tout le cercle de Koutiala fasse montre de reconnaissance aux actions concrètes posées ici et dont ils sont les bénéficiaires.

Les Echos : Qu’est-ce qui différencie le parti LJS des autres formations politiques ?

Y. D. : Je vous invite à faire cette analyse à travers les objectifs du parti qui sont, entre autres, défendre les acquis du processus de démocratisation né de la révolution de mars 1991 au Mali, concourir à développer, consolider et pérenniser cette démocratie, défendre les intérêts fondamentaux du peuple malien notamment dans le cadre de la santé, de l’éducation, du logement, du travail, du bien-être et dans le respect de ses valeurs cardinales, favoriser la participation de tous les citoyens dans le processus de développement économique, social et culturel en garantissant à chacun un revenu équitable, assurer en permanence la formation civique et politique des militants, promouvoir la solidarité, la justice économique et sociale dans le cadre de l’intégration africaine… Le second point a trait à l’extrême jeunesse du parti et de la majorité des membres de son bureau national.

Les Echos : Quels sont vos rapports avec les autres partis politiques ?

Y. D. : Je pense sans nul doute que le parti LJS entretient de bons rapports avec tous les partis politiques. Il ne peut en être autrement.

Les Echos : L’accepterez-vous si le parti Sadi vous proposait une alliance dans les échéances futures ?

Y. D. : Cette question, je suis désolé, n’est pas à l’ordre du jour au sein du parti LJS. Mais sachez que nous sommes jeunes et ouverts. Nous pensons beaucoup à l’avenir de ce pays et nous ne pouvons pas nous permettre quelque distraction que ce soit. Nous sommes sereins, confiants et nous travaillons conformément à nos objectifs de construction nationale et dans l’unité.

Les Echos : Quel est votre projet de société pour Koutiala ?

Y. D. : Permettez-moi de rectifier votre question en la plaçant dans le contexte national. Avant tout, le parti LJS est un parti national dont le but comme tout parti politique est la conquête et l’exercice du pouvoir. Au-delà de Koutiala, le parti ambitionne le bien-être de tous les Maliens. Ce que beaucoup ne savent pas c’est que le parti est implanté dans bon nombre de localités du pays. Dans notre projet de société, je citerai, entre autres, l’autosuffisance alimentaire par la modernisation de l’agriculture, la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat, la culture de la démocratie, la promotion des libertés individuelles et collectives. Le développement socio-économique et culturel constituent le leitmotiv du parti. Mais tout ceci ne peut se faire que dans la solidarité et la justice sociale. Le parti défendra les causes justes en dénonçant avec esprit de suite l’exploitation des peuples opprimés, la globalisation libérale débridée et la paupérisation des paysans des zones cotonnières du Sud.


Les Echos : Quelles sont vos sources de financements ?

Y. D. : Conformément aux textes du parti, et à la charte des partis politiques, ces ressources se divisent en vente des cartes de membres, la cotisation obligatoire des militants, la contribution volontaire des militants et sympathisants, des dons et legs, des subventions et emprunts.

Les Echos : Quels sont vos rapports avec le Parti africain de l’indépendance (PAI) du Burkina ?

Y. D. : Ces rapports sont excellents, en témoigne la présence des hauts responsables de ce parti du Burkina Faso à Koutiala lors du congrès de notre parti. Ces rapports sont d’autant bons que nous nous préparons à formaliser un cadre officiel de collaboration entre nos deux formations politiques. Au-delà des frontières, le PAI et LJS partagent les mêmes visions politiques (la défense de la cause des masses paysannes). Pour nous, l’honorable Soumane Touré, secrétaire général du PAI est un réservoir d’expériences en matière politique. Nous nous félicitons très sincèrement de l’avoir avec nous. Et avec lui, nous sommes sûrs qu’il y aura de belles choses.

Propos recueillis par
Sidiki Y. Dembélé

21 février 2006.