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Le président Amadou Toumani Touré et son épouse Mme Touré Lobbo Taroté étaient parmi les hôtes de la province canadienne.

Les travaux ont démarré vendredi sous un impressionnant dispositif de sécurité. La rencontre a abordé quatre grands enjeux au sein de la Francophonie : la démocratie et la primauté du droit, la gouvernance économique, l’environnement et pour la première fois en tant que thème à part entière : la langue française. Actualité oblige.

La crise financière qui affecte actuellement les économies des pays développés, a occupé une place de choix dans l’agenda des chefs d’État et de gouvernement présents à Québec. La question a été évoquée presque par tous les intervenants de la cérémonie d’ouverture.

C’est le Premier ministre canadien, Stephen Harper, qui a donné le ton en soulignant que la Francophonie a un grand rôle à jouer dans les crises qui fragilisent les populations du monde, en faisant allusion à la crise financière de l’heure.

«Les actions de la Francophonie doivent être ciblées et efficaces. Elles doivent être faites en concertation avec les autres organisations internationales et régionales. Pour atténuer les crises qui affligent notre planète, en particulier certains pays francophones, on doit apporter des solutions collectives et réalistes», a préconisé Stephen Harper qui a par ailleurs encouragé les chefs d’État et de gouvernement à examiner des mesures visant à renforcer les capacités de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en matière de diplomatie préventive et de médiation. Le Premier ministre canadien a aussi rappelé la nécessité de poursuivre la modernisation de l’organisation.

Le président français, Nicolas Sarkozy qui est arrivé à Québec à quelques heures de l’ouverture du sommet, a, lui aussi, focalisé l’essentiel de son intervention sur la crise financière en invitant ses homologues de la Francophonie à prendre des mesures concertées et efficaces.

«Si la crise est mondiale, la solution doit être mondiale. Nous voulons un autre système monétaire et la Francophonie a son mot à dire», a soutenu Nicolas Sarkozy qui a ajouté que la Francophonie qui représente un tiers des États du monde, ne signifie pas seulement l’attachement à une langue.

« Elle doit plutôt être une organisation d’action et de diversité culturelle. La France fera toujours de la Francophonie une priorité. La France va bientôt offrir une maison à la Francophonie« , a-t-il promis, en saluant les efforts d’Abdoul Diouf à la tête du secrétariat général de la Francophonie.

Le président du Bénin, Yayi Boni, qui a parlé au nom de ses pairs d’Afrique de l’ouest, a indiqué que la crise financière ne doit pas gêner l’aide au développement en rappelant que les pays en développement sont toujours confrontés à la pauvreté et à la misère.

Tout comme elle ne doit pas être un argument pour freiner l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement. «Nous devons faire montre d’audace et de créativité face aux difficultés que nous vivons. Nous devons trouver des solutions à ces problèmes et pour y parvenir nous devons faire preuve de solidarité et de partage, deux valeurs qui sont à l’origine de la création de la Francophonie», a-t-il lancé.

Son homologue du Congo Denis Sassou N’Guesso a abondé dans le même sens au nom des chefs d’État d’Afrique centrale. Selon lui, la crise financière ne doit pas soustraire les décideurs de leurs responsabilités face aux problèmes et à l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement.

Le secrétaire général des Nations-unies a, lui aussi, souligné l’urgence d’agir contre les maux qui minent la planète, notamment le changement climatique qui est à l’origine de plusieurs catastrophes, la prolifération des maladies et des armes meurtrières. «Nous devons vite agir pour éviter que la crise économique s’ajoute à d’autres crises que nous vivons déjà», a-t-il plaidé.

Pour le secrétaire général de la Francophonie, le sommet de Québec est historique en ce sens qu’elle est une occasion d’aborder tous les sujets qui dominent l’actualité.

Les chefs d’État et de gouvernement ont débattu samedi à huis clos de la situation politique internationale. Le président de la République a coprésidé la séance thématique sur l’enjeu environnemental. La Roumanie a solennellement passé samedi le témoin au Canada.

Selon le projet de déclaration, la Francophonie va s’engager à soutenir la tenue d’un sommet international pour donner une réponse urgente et coordonnée à la crise qui secoue les marchés mondiaux. Nous reviendrons sur les conclusions des travaux dans les prochaines parutions.

Envoyés spéciaux

M. KEITA

H. KOUYATE

20 Octobre 2008