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Communément appelé par les femmes  » charbon ni « , ce produit, qui participe à la protection de l’environnement et à la promotion de l’assainissement, s’intègre petit à petit dans le quotidien des femmes qui y ont déjà pris goût.

En œuvre depuis novembre 2005, le projet de production et de promotion des briquettes combustibles à base de poussières de charbon est né du partenariat entre l’ONG ADuFE et le GIE Mali-briquettes, soutenu par l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER).

Comme son nom l’indique, le combustible, adapté à toutes les cuissons, est composé de poussières de charbon, de mêlasse, d’argile réfracteur.

C’est ce produit, qui est une alternative à la forte consommation du charbon ordinaire, qui a été présenté aux femmes des différentes coordinations de CAFO par les promoteurs. Plusieurs heures durant, Mme Dembélé Oulématou Sow, présidente de l’ONG ADuFE, Mahamdou Magane, gestionnaire du GIE Mali – briquettes, Mme Traoré Oumou Touré, secrétaire exécutive de la CAFO et Mme N’Diaye de l’AMADER ont entretenu l’auditoire sur les avantages et les insuffisances du « charbon ni ».

Les briquettes combustibles à base de poussières de charbon, qui ont un degré de combustibilité plus faible comparé au charbon ordinaire, ont une durée d’utilisation plus importante que celui-ci et sans effet nocif.

Elles sont surtout adaptées pour les produits demandant une longue période de cuisson tels le haricot, tête de bœufs…

Si son utilisation va permettre de réduire la quantité de consommation du charbon ordinaire, par conséquence préserver l’abattage abusif des arbres, « charbon ni » permet d’utiliser à d’autres fins les détritus du charbon ordinaire et contribue ainsi à l’assainissement.

Cependant, « charbon ni » a la particularité de dégager une odeur aigue en début d’utilisation. Selon ses promoteurs, celui-ci est fabriqué à partir de la mélasse, un dérivé de la canne à sucre qui permet au produit de ne pas s’émietter au cours de son déplacement d’un lieu à un autre.

Contrairement au charbon ordinaire, « charbon ni » est à usage unique, et il n’est pas recommandé de secouer le fourneau pendant son utilisation ou encore moins de poser des marmites directement sur le charbon qui a besoin de respirer pour s’allumer.

Cependant, Mme la présidente de ADuFE assure que les recherches sont en cours pour contrer cet inconvénient.

En attendant, les gens doivent faire preuve de prudence dans l’utilisation. De 2004 à nos jours, la production a été de 143 tonnes effectuée par le GIE Mali-briquettes et Biomasse.

Ce qui est encore infime par rapport à la demande car, en 2005, la consommation de bois à Bamako était estimée à près de 100 000 tonnes par an.

Et l’AMADER ambitionne une production de 2 000 tonnes sur une période de 12 mois. Malgré le soutien de l’AMADER, le projet souffre du manque de ressources financières, de la non diversification des partenaires, du coût élevé de mélasse.

Ce qui est sûr, c’est que les femmes, qui ont commencé à y prendre goût, reconnaissent son avantage, à l’image de Mme Soumaré Maladon Diakité de la Cellule CAFO de la Commune IV.

Celle-ci dit avoir vu le produit pour la première fois, lors de sommet Planète – Terre à Ouagadougou. « Depuis lors, je l’achète régulièrement, c’est très économique car avec deux kilogrammes (soit 150 FCFA) j’arrive à faire mes cuissons journalières  » dit-elle.

Ces affirmations ont été justifiées par une séance de démonstration de cuisson avec « charbon ni » suivie de conseils pratiques.

Les multiples interrogations posées par l’auditoire ont été répondues de façon satisfaisantes par les responsables du projet.

C’est pourquoi, les promoteurs du projet ont mis un accent particulier sur la vulgarisation. Celle-ci s’est traduite par l’installation de dix points de vente dans les six communes du district de Bamako.

Et, au cours de la journée d’information, sur demande des femmes, un dépôt a été ouvert au siège de la CAFO où grossistes et détaillantes peuvent s’approvisionner.

Youssouf CAMARA

21 août 2006.