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Pour certains, le vote de dimanche sera l’occasion de clarifier la situation au Mali. Pour d’autres, les hommes politiques sortis du même moule, rien ne changera. Réactions de Bamakois à 48 h du scrutin présidentiel de 2007.


Soumaïla Traoré (fonctionnaire) :


« J’ai bien l’intention de voter. Je suis un citoyen libre, donc je vais me prévaloir de ce droit. Je peux déjà vous assurer que je ne voterai pour aucun des candidats, car je n’ai aucune préférence. ATT, à mon avis, va tout mettre en œuvre pour passer. Il a tous les moyens de l’Etat à son compte. Les huit candidats en course n’ont rien fait pour mériter mon suffrage. Les politiciens, c’est du pareil au même. C’est blanc bonnet et bonnet blanc. Mon bulletin nul exprimera ma déception face à la démission de la classe politique vis-à-vis des préoccupations du peuple. L’école est devenue aujourd’hui le dernier souci de nos responsables. C’est bien dommage ! »

Yacouba Sangaré (artiste) :

« Je ne voterai pas. Aucun des candidats en lice ne m’a réellement convaincu. Au lieu de faire des propositions dans des domaines comme l’agriculture, l’emploi des jeunes, la sécurité dans le Nord-Mali… ils se lancent dans des campagnes de dénigrement inutile. Cela dit, j’aimerais bien qu’ATT ait un deuxième mandat pour qu’il continue les chantiers qu’il a commencés. Parce que l’homme a quand même fait des réalisations. Il a assez vu et entendu et il serait bon, à mon avis, de lui donner la chance de tirer les leçons et faire les derniers réglages pour le bien-être des Maliens ».

Mariam Doumbia (vendeuse) :

« Je n’ai pas retiré ma carte et je ne pense pas le faire. La politique ne m’intéresse pas car je n’y comprends rien. Hormis ATT et IBK, je ne connais pas les autres prétendants à Koulouba. Mais ATT, ne serait-ce que, pour son charisme, me séduit beaucoup. En fin, je souhaite que le candidat qui puisse faire le bonheur des Maliens gagne ».

Mohamed Sidibé (commerçant) :

« J’ai voté pour ATT en 2002 à cause des actes qu’il a posés, notamment pendant la transition. En cinq ans, le président sortant s’est montré très faible face aux situations d’urgence. Je veux parler de la crise du Nord, qui a été très mal gérée et qui a divisé le pays. En plus, l’impunité, l’incivisme et l’opportunisme sévissent au Mali. Pour toutes ces raisons, je vais voter, cette année, pour IBK. Le président du Rassemblement pour le Mali (RPM) est une personnalité intègre et décisive, des caractéristiques qu’un chef d’Etat doit avoir. Les Maliens ont besoin d’un président qui défend leurs intérêts et se soucie de leurs préoccupations. Je pars souvent en France où les autorités des pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal, défendent constamment la cause de leurs ressortissants au moment où les nôtres se débinent ».

Youssouf Ouattara (étudiant à la Flash) :

« Je ne vais pas voter parce que je n’ai pas de carte d’électeur. Ma carte se trouve à Sikasso. Je n’ai pas eu le courage d’aller la chercher. Même si j’avais la carte, je n’allais pas voter. Aucun de ces candidats ne correspond à mon choix. Je ne vois pas un parmi eux capable de diriger ce pays. Je sais que ce n’est pas bon de ma part de refuser de voter, mais je crois que j’ai de bonnes raisons de m’abstenir ».


Alassane Kéita (chauffeur de taxi) :


« Je vais voter le dimanche pour mon candidat. C’est une seule personne qui sera élue à la tête du pays. Je vais donc voter afin que cette personne soit le président que je soutiens. Je veux le changement. Je dirai même que nous sommes fatigués du pouvoir en place. Je suis un bon citoyen, je vais donc voter pour le bien-être de mon pays ».

Madou Kébé (vendeur de moto au marché Dibida) :

« Je suis prêt à aller voter le dimanche. Avec le vote, on montre qu’on est citoyen. Je suis un bon Malien et je voterai pour soutenir le président sortant afin qu’il ait encore une chance d’achever les travaux qu’il a commencés ».

Kadiatou Diallo (étudiante à la Flash) :

« J’ai déjà retiré ma carte, mais je ne vais pas voter. Les candidats ne tiennent que des belles promesses. Mais, après les élections, ils ne font rien de bon. J’ai alors décidé de ne pas voter ».

Propos recueillis par
Amadou Waïgalo et Sidiki Doumbia

27 avril 2007.