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Bamako vit aujourd’hui au rythme d’un film western
Ah, qu’il faisait auparavant bon vivre à Bamako ! Mais hélas, de nos jours, la capitale malienne est devenue comme un « no man’s land » où les vols, braquages et attaques à main armée (entre autres exactions) semblent permis. En un mot, Bamako est devenue un lieu de haute insécurité où la vie tourne comme au rythme d’un film western car c’est comme si l’on vit à Bamako et dans nos villes ce qu’on voit quotidiennement à la télévision. Le pire, c’est que les populations ne savent plus à quel saint, ou du moins à quelle autorité, se vouer.

Les citoyens ne dorment plus que d’un œil, et même là encore. Ajoutons à tout cela ce qui se passe au Nord… Bref, les gens vivent aujourd’hui dans une peur, une anxiété et un stress qui ne disent pas leurs noms. Mais le comble, c’est que certains jeunes dépravés, qui ont depuis longtemps abandonné le droit chemin, s’inspirent des violentes actions de films qu’ils voient à la télé pour…les traduire dans la réalité. Ce qui s’est passé le mardi 28 août, aux environs de 15 h30, dans une agence de Money gram, à Banankabougou-Sud, dépasse l’imagination. En effet, deux jeunes délinquants armés ont tenté de braquer cette agence. Mais leur coup a foiré. Venus sur une moto Jakarta bleue flambant neuve, leur choix s’était porté sur ladite agence. L’un des malfrats portait un véritable pistolet, et l’autre, un pistolet plastique du genre jouet d’enfant.

Après avoir sûrement bien observé le lieu, l’un des bandits entre dans l’agence tandis que son complice reste au dehors pour « distraire » le gardien assis devant la porte de l’agence. Selon les explications de la gérante, le malfrat lui a donné un faux code. Après vérification, la gérante lui fait savoir que ce code ne fonctionne pas. Voyant alors échouer sa manigance échouée, le bandit tente de prendre la tangente. Mais dès qu’il sort de l’agence, la gérante crie « Au voleur ! ». C’est alors que des jeunes, qui étaient assis ou arrêtés aux alentours de l’agence, se dirigèrent immédiatement vers eux, se ruèrent sur les deux malfrats (qui n’eurent même pas le temps de s’enfuir) et se mirent à les tabasser copieusement. N’eut été l’intervention d’un gendarme en civil et d’un policier présent sur les lieux, la foule en furie aurait fait passer ces bandits amateurs de vie à trépas.

Quelques minutes plus tard, les deux bandits furent conduits au Commissariat de police le plus proche. L’un d’entre eux avait été sérieusement battu car du sang coulait partout sur son corps, sa tête était couverte de sang et il avait même du mal à se tenir débout. Il semble que l’action de ces deux voleurs s’est passée si rapidement que beaucoup de gens n’ont pas réalisé à temps ce qui se passait. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, ces deux voleurs (en herbe ?) avaient tenté de braquer l’agence, mais leur coup a foiré. D’autres témoins ont soutenu qu’il y avait un troisième complice qui est parvenu à prendre ses jambes à son cou (à s’enfuir).

De nos jours, Bamako est devenu une ville où l’insécurité prend de plus en plus de l’ampleur. Braquages et vols à main armée en pleine journée sont devenus le lot quotidien de la capitale. Des exactions que personne ne pouvait imaginer à Bamako il y a encore quelques années. Ce qui est encore plus déplorable, c’est que pendant que certains se préoccupent de l’avenir du pays (avec l’occupation du Nord du pays), d’autres, sans respect ni dignité, ne pensent qu’à dépouiller les citoyens de leurs biens. Il est donc grand temps que les autorités prennent ce problème d’insécurité au sérieux, sinon Bamako tend à devenir une ville de laisser aller, surtout avec tous les calibres d’armes qui y circulent. Certains vont même jusqu’à soutenir que quand un pays où règne l’insécurité, les citoyens doivent se munir d’armes pour se protéger : quelle inconscience !…

En tout cas, les autorités doivent déployer des patrouilles même pendant la journée pour que les populations puissent respirer en paix. Il est également temps de mettre sur pied des stratégies en vue de contrôler la circulation des armes au Mali.
Enfin ces voleurs et autres malfaiteurs doivent comprendre qu’il y a plusieurs façons de gagner sa vie, mais qui ne consistent pas à se livrere au vol : la manière la plus simple et honnête de gagner sa vie, c’est de travailler.

Salimata Fofana

Le Combat du 30 Août 2012