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La Cam, née des cendres d’Air Mali, ne manque sûrement pas d’ambitions pour le désenclavement intérieur et extérieur et pour la promotion du tourisme. Le vendredi à Libreville, la communauté malienne était là pour saluer le vol inaugural de la Compagnie à bord duquel se trouvaient plusieurs personnalités.

Après avoir ouvert des liaisons avec les pays voisins Dakar (Sénégal), Conakry (Guinée), Abidjan (Côte d’Ivoire), Ouagadougou (Burkina), Lomé (Togo) et Cotonou (Bénin), Brazza (Congo) et jusqu’à Paris (France) ; des lignes intérieures, les responsables de la CAM-SA viennent d’ouvrir la ligne Douala au Cameroun et de Libreville au Gabon. C’est dire qu’au sein de cette compagnie, l’on ne manque pas d’ambitions.

Le vendredi 2 mai, aux environs de 10 h 30, le joyau MC Donnell-Douglas 87 de 99 places (frappé du cheval ailé, nouveau logo de la Compagnie), s’est envolé de l’aéroport international de Bamako-Sénou à destination de Libreville, via Ouagadougou, Cotonou, Lomé, Douala. A bord, une cinquantaine d’invités dont le ministre de l’Equipement et des Transports, celui des Maliens de l’extérieur, des représentants d’agences de voyage du Mali, du Burkina, du Togo, du Cameroun et quelques journalistes.

A Bamako-Sénou, après avoir rempli les formalités aéroportuaires avec l’embarquement des passagers ordinaires, nous avions pris place à bord du MD 87 dans la classe économique tandis que les deux ministres et les responsables de la Cam s’offraient la classe affaire de 20 places. A l’heure indiquée, le commandant de bord, M. Kéita, et son équipe annoncèrent que la destination du vol est Bamako/Libreville avec escale de 45 minutes à Ouagadougou, Lomé, Douala et indiquèrent que « ce vol est non-fumeur ».

Il nous a fallu 1 h 10 de vol d’oiseau pour atterrir à Ouagadougou. Là-bas des dizaines de passagers attendaient l’avion. « La Cam, c’est la ponctualité », s’est exclamé un passager burkinabé. Le même temps nous a suffi pour rallier l’aéroport international Eyadema de Togo où des passagers pressés de faire connaissance avec la Cam, attendaient de prendre place à bord du nouvel appareil.

A Douala, au Cameroun, l’engouement était encore plus fort. « Nous avons une bonne impression de cette compagnie, c’est la précision, c’est du personnel qualifié qui maîtrise son boulot. En plus on a une franchise de 50 kilos », a affirmé Mme Njoumba, la directrice de l’agence de voyages Moabi, résident à Douala. Les hôtesses avec savoir-faire ont servi les 3 repas et du rafraîchissement. Pour agrémenter notre voyage, des magazines, des journaux ont été proposés.

Après 7 heures de vol, l’appareil s’est posé dans la sécurité et le confort sur la piste de l’aéroport international Léon Mba de Libreville sous une température de 24°C. Au Gabon, la Cam a eu l’assurance des autorités. A sa descente d’avion, la délégation, a été accueillie par le ministre gabonais de l’Aviation civile.


« Déjeuner à Bamako, dîner à Libreville »

L’ambassadeur du Mali au Gabon, le président du Conseil des Maliens du Gabon et une impressionnante colonie malienne résident dans le pays d’El hadj Oumar Bongo Ondimba ont mis les petits plats dans les grands pour réserver un accueil chaleureux à la délégation et remercier les autorités maliennes et la direction de la Cam de l’heureuse initiative visant à desservir 2 fois par semaine, Libreville par vol direct.

« Maintenant nous pouvons déjeuner à Bamako et dîner à Libreville et cela grâce à la Cam », ont lancé des jeunes hommes d’affaires maliens au Gabon. L’hôtel « Méridien » a lui aussi été pris d’assaut par plusieurs de nos compatriotes mais aussi des Gabonais et d’autres nationalités. Son hall et la salle où s’est déroulée la réception ont été pavoisés des couleurs de la Cam.

Moment de joie, de fierté, les ministres des Transports, Hamed Diané Séméga et Dr. Badra Alou Macalou des Maliens de l’extérieur, qui présidaient la cérémonie, n’ont pas manqué de saluer l’action de la Cam qui grandit le Mali et qui entre dans les objectifs du PDES. La desserte tellement entendue, a dit le ministre des Maliens de l’extérieur, permettra non seulement de rapprocher les frères et sœurs de leurs pays, mais également de faciliter les échanges et les flux d’échanges entre les populations des différents pays qui seront amenés à accueillir la Cam.

« Je pense que chacun de nous contribuera à faire prospérer la Cam », a-t-il affirmé.


Symboles

Hamed Diané Séméga s’est félicité de la Cam avec un équipage 100 % malien. « Mon cœur est débordé de fierté. C’est la fierté de voir la Cam, dirigée par des mains de maîtres, participer à cette dynamique d’intégration africaine ».

L’ambassadeur du Mali au Gabon, Mme Traoré Rokiatou Guikiné, très émue, a souligné que le vol rappelle un certain accord signé entre le Mali et le Gabon dans les années 1980 et est le symbole du renforcement de l’amitié et de la coopération entre les deux pays frères et amis qui partagent les mêmes visions et les mêmes valeurs au sein de l’Union africaine.

S. E. Mme Traoré a invité ses compatriotes à faire confiance à la Cam, à la soutenir et à voyager par ses avions performants. Elle a aussi souhaité que la Compagnie fasse une bonne gestion afin de voler plus haut dans le ciel africain et même intercontinental.
La communauté malienne vivant au Gabon, par la voix de son président, Habib Sylla, a déclaré que le rêve est devenu réalité.

A ses dires, beaucoup de nos compatriotes étaient sceptiques après les promesses du DG de la Cam d’ouvrir une ligne Bamako/Libreville. « La communauté malienne du Gabon, l’ensemble de nos frères de la Cémac se sont engagés pour faire de la Cam la nôtre », a dit M. Sylla avant d’ajouter qu’ils vont tout faire pour que la Cam vole plus haut, plus loin et en toute sécurité.

Le directeur général de la CAM, Abderhamane Berthé, après avoir présenté la Compagnie, a remercié les autorités aéronautiques du Gabon qui ont autorisé l’exploitation de cette ligne par la Compagnie aérienne du Mali, les partenaires et prestataires de service à l’aéroport de Brazzaville qui assurent désormais le traitement des vols. « Nous resterons toujours à l’écoute de vos besoins et votre satisfaction sera toujours au centre de nos actions et de nos préoccupations », a assuré le DG.

Créée en avril 2005, le capital de la Compagnie aérienne du Mali est détenu à 51 % par le Fonds Agha Khan pour le développement économique (AKFED), 20 % par l’Etat malien, 21,66 % par la société Agora Mali et 7,34 % par des actionnaires privés maliens. La Cam fait partie d’un groupe de compagnies dans lesquelles l’AKFED est partenaire majoritaire directement ou à travers des filiales de participation.

Pour l’année 2008, la Cam table sur un nombre de 146 320 passagers et une prévision de 18,9 milliards de F CFA de chiffre d’affaires.

Amadou Sidibé

(envoyé spécial)

Ils ont dit


Doudou Sacko (directeur de Safeway voyages, Mali) :

« C’est une grande satisfaction de voyager à bord de la MD 87. Nous allons nous atteler afin que cette compagnie soit l’affaire de tous les Maliens. Le MD87 est stable et spacieux. Le renforcement de la flotte de la compagnie nationale vient à point nommé. Pour réussir la transformation de l’aéroport international de Bamako, il nous faut une compagnie locale forte. Pour nous, agences de voyages, la Cam sera désormais notre principale partenaire ».

Mme Ndiaye Boussou (agence de voyages « Rassoul », Dakar) :

« Je pense qu’avec la Cam, c’est la sécurité. Beaucoup de nos clients que nous envoyons vers Cam nous l’ont dit. A travers ce voyage, je viens de me rendre compte. Le tarif est abordable. L’équipage, les hôtesses après ce vol sont à la hauteur. Nous ferons tout notre possible pour que plus de clients volent avec la Cam ».


05 Mai 2008