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Kalabancoro, situé à la périphérie de Bamako, est devenu la zone de prédilection des voleurs de fils électriques. Nombreuses sont les familles qui sont plongées dans le noir ou qui n’arrivent pas à avoir l’électricité faute de fils.

En 1999, suite aux sollicitations des résidents, le quartier a été branché sur le réseau de l’EDM à la grande satisfaction de la population. Le quartier n’avait plus rien à envier au centre ville du district en raison de l’arrivée de l’éclairage. Le constat est maintenant tout autre. Depuis plus de deux ans, les voleurs de fils électriques opèrent dans les secteurs du quartier peu peuplés.

Lorsqu’ils agissent en pleine journée, c’est le matin entre 10 et 12 h, au moment où seules les aides ménagères restent dans les familles pour la cuisine. Leurs tactiques consistent à faire croire aux familles branchées, que suite aux coupures intempestives de courant, EDM les a chargés de remplacer le fil. Sans se douter de rien, les victimes leur facilitent même la tâche en leur prêtant souvent des échelles et d’autres moyens.

Il est même arrivé pour certains de leur faire du thé. « C’est dans un vieux véhicule qu’ils sont arrivés. Ils ont demandé le chef de famille, son épouse puis ils m’ont demandé s’il y avait des jeunes en famille. Après avoir répondu par la négative, un d’entre eux m’a demandé s’il y avait deux échelles », a témoigné une aide ménagère qui a assisté à une opération des voleurs. « A cause de ces vols plusieurs autres familles sont dans le noir », se plaint un chef de famille, très remonté contre l’EDM qui, malgré la plainte des uns et des autres, ne réagit pas.

A l’instar de sa famille privée d’électricité, plusieurs autres se plaignent de la coupe de fils. Les malfrats attendent également un orage la nuit pour mettre leur plan de section des fils électriques à exécution. « Sous la pluie, j’ai cru à une coupure de courant. Le matin contre toute attente, j’ai vu des fils coupés sur plus de 300 mètres », confie Mamadou Traoré.

Selon certaines victimes, ces vols ne peuvent qu’être l’œuvre de spécialistes en électricité puisqu’en quelques minutes, ils réussissent leur coup. Ils pointent un doit accusateur sur des stagiaires formés à l’EDM, qui après leur stage, restent sans travail. La plupart des fils volés sont bradés au marché entre 50 000 F CFA et 75 000 F CFA, affirment certaines sources.

Il est temps, pour les autorités, de prendre des mesures draconiennes pour démanteler le réseau de coupeurs de fils, qui fait perdre des millions à l’Etat mais aussi à la population.

Amadou Sidibé

29 août 2006.