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Aujourd’hui, ces « Au revoir la France » ne sont plus l’apanage des seuls maliens aux revenus modestes. Certains opérateurs économiques de la place et beaucoup de hauts cadres de l’Administration centrale se tournent de plus en plus vers ces voitures d’occasion.

L’envoi et la vente de ces véhicules ont donné naissance à une activité très lucrative qui nourrit beaucoup d’hommes et de femmes. Cependant, cette pratique intéressante dont l’origine se trouve dans les pays Européens ne va pas sans danger.

Sur le plan de la protection même de notre écologie, ces voitures « venues de la France » qui dépassent souvent 15 voire 20 ans de durée de vie dégagent des fumées qui détruisent la couche d’ozone.

Du point de vue sécurité, leur défaillance technique est à la base de nombreux accidents de la circulation. La provenance douteuse de ces véhicules est aujourd’hui au centre d’une vive polémique au Togo.

A la suite d’une enquête menée auprès des structures locales qui se sont implantées au Togo, notre confrère togolais « Le Républicain » a tiré sur la sonnette d’alarme dans sa parution du 25 avril dernier : « Attention aux « venus de France » : « des voitures volées à l’étranger en vente partout« .

« Selon des sources indépendantes, 5 % des voitures « venues de France » au nom de ces sociétés sont des voitures volées« .

« Le Républicain » du Togo indique : « les revendeurs des voitures d’occasion sont eux-mêmes parfois complices. Mais ils s’arrangent à brouiller les pistes et à faire usage de faux pour pouvoir d’abord les faire sortir de l’Occident ensuite du Port de Lomé« .

Ils sont donc nombreux ces sociétés et établissements revendeurs de voitures d’occasion à être dans cette situation. La plupart de ces sociétés et établissements sont dans la zone portuaire et sur la route d’Aného ainsi que dans certains endroits de la ville.

« Le Républicain » du Togo révèle, en outre, : « le pire est que parfois, ces sociétés et établissements sont responsables de trafics illicites notamment de drogue et autres« .

Curieusement, ces informations données sur le Togo se recoupent chez nous au Mali. En effet, aucun jour ne se passe ici sans qu’Interpol ne saisisse un véhicule volé dans la circulation.

La traque est devenue très intense chez nous. Dans la cour de nos tribunaux, il n’est pas aussi rare de voir sous scellé de belles bagnoles, fruits de vol à mains armées à l’extérieur.

Ce qui est aussi révoltant, c’est le fait que ces voitures d’occasion ont transformé le Mali en un Empire de faux. Pour s’en convaincre, il faut simplement tenter d’en acheter un dans un quelconque parking de la place.

Généralement, vous trouverez que certains véhicules n’ont aucune pièce. Cependant, ce défaut de carte grise ne constitue plus un problème sous nos cieux. Un véritable réseau de faussaires est mis en place depuis les ports voisins jusqu’au marché Dibida de Bamako pour faire le travail.

Très futés, ces faussaires agissent souvent avec la complicité de certains transitaires et douaniers de la place. Ces faussaires sont difficilement inquiétés d’autant plus que certains parmi les officiers de police judiciaire chargés de les poursuivre et de les traduire devant les tribunaux ne sont pas eux-mêmes sans reproches.

Or, il revient surtout aux services des douanes de procéder minutieusement aux vérifications de l’origine, de la destination des voitures et toutes autres pièces.

La police, quant à elle, doit redoubler de vigilance pour stopper ce genre de phénomène susceptible de créer des ennuis aux éventuels acheteurs.

Birama Fall

11 mai 2006.