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Une tradition faisait que l’UNTM participait à la cérémonie de présentation de vœux au chef de l’Etat avec la société civile appelée forces vives de la nation. La principale centrale syndicale a dérogé à la règle cette année avec comme innovation une cérémonie de présentation de vœux des 13 syndicats nationaux, des 8 unions régionales et des commissions de discipline et de contrôle à leur secrétaire général Siaka Diakité.

En cette circonstance, chacune des composantes de l’UNTM a passé en revue les grands problèmes de l’heure. Des acquis ont été notés, mais aussi les attentes, sous l’œil vigilant de doyens du mouvement syndical malien (Mamadou Lamine Diarra, Issé Doucouré, Mamadou Souraké Bathily et Mamadou Golfa Bathily).

Des acquis évoqués par les représentants du Syntade, du Snec, du Synapostel, du Synepil, Synebacom, Synacome, Synabef, Synapro, Synametime, les transports, les travailleurs sociaux sanitaires, du Syndicat de l’alimentation et celui des sociétés de gardiennage et de prestation de service, les commissions de contrôle et de discipline portent sur l’augmentation de la valeur de la grille indiciaire. Celle-ci passe de 252,5 à 300 F CFA (soit 2,56 % de hausse de salaire), la correction de la grille des catégories B1 et B2, l’adoption des statuts des travailleurs de l’administration territoriale, des agents de la protection civile et des prisons.

Mais, pour Tidiani Coulibaly du Syntade, beaucoup restent à faire car, des protocoles d’accord signés entre l’UNTM et le gouvernement sont violés. Il a mentionné la non-intégration dans la fonction publique des 300 agents contractuels de la douane, la non-relecture du statut particulier des agents du ministère des Affaires étrangères, tout commis de la mise au placard du plan de carrière des travailleurs de l’administration d’Etat et l’octroi d’une prime aux travailleurs civils du ministère de la Défense, etc.

Le Snec, lui, a indiqué qu’il a hâte de voir aboutir sa plate-forme revendicative déposée depuis plusieurs mois sur la table du ministre de l’Education nationale et des partenaires des écoles privées.

Victoires volées

Le Synapro a décrié la privatisation en cours et celle déjà effective à la CMDT, à l’OHVN et à l’Huicoma en demandant l’adoption d’un plan social conséquent pour les travailleurs déflatés et la hiérarchisation des chercheurs.

Le Synepil estime que les travailleurs contractuels sont l’objet de ségrégation parce que ne bénéficiant pas des retombées des négociations salariales au même titre que les agents émargeant au budget d’Etat. Une doléance a été faite pour l’intégration des travailleurs mis à la porte par Graphique industrie et l’adoption d’une convention collective pour la presse privée.

Le Synacome souhaite que les travaux d’entretien courant des TP reviennent aux directions régionales et que les doléances des travailleurs de l’EDM qui connaissent une phase de transition, soient prises en compte. Il a fait le constat selon lequel, notre pays peut améliorer sa place de 3e producteur mondial d’or en améliorant le fonds minier qui permettra de créer de nouvelles mines.

En réponse, Siaka Diakité a tout d’abord prôné un syndicalisme de proximité et de développement. « Nous ne sommes pas l’anti-pouvoir. Nous sommes un contre-pouvoir qui rejette pour proposer… », a-t-il indiqué. Faisant cas des acquis, il a fait comprendre que tout ce qui a été réalisé l’a été grâce aux efforts de l’UNTM et de l’ensemble des travailleurs. « On ne veut pas entendre parler de l’UNTM. On ne veut pas prononcer le nom de l’UNTM. Or, tout ce qui a été obtenu l’a été grâce à nous », a affirmé Siaka Diakité.

Selon lui, leurs doléances qui ont permis la diminution des factures d’eau et d’électricité, qu’il souhaite encore plus bas, leur ont été volées. Idem pour l’augmentation de la valeur du point d’indice arrachée de longue lutte.
Le secrétaire général de l’UNTM a parlé d’une nouvelle doléance déposée sur la table du gouvernement et qui a trait à la baisse du taux de l’impôt sur les traitements et salaires (ITS), la hausse du taux des allocations familiales, etc.

Faisant le point de ses échecs, il a touché au protocole d’accord de 14 points arrivé à expiration le 31 décembre 2006. Il a interpellé le gouvernement à ce sujet et refuse que l’UNTM entame de nouvelles négociations tant que ce protocole n’est pas intégralement appliqué.

« Un protocole d’accord signé à la suite d’une grève a valeur de loi », fait-il valoir. M. Diakité brandit l’arme de la grève, affirmant qu’il va user de tous les droits légaux pour se faire entendre. Les prochains jours risquent d’être chauds, chauds sur le front social.

Abdrahamane Dicko

10 janv 07