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Pour avoir procédé à une augmentation de 10 000 F Cfa des loyers de magasins de moyenne surface qui étaient fixés jusqu’à présent à 20 000 F Cfa conformément au contrat de concession du complexe commercial du marché Dibida signé entre la mairie de la Commune III et la Société Immobilière Bassoum le 14 avril 2003, l’un des bailleurs dudit marché, Cheick Lah a provoqué la colère des occupants des petits magasins.

Ces derniers, en guise de protestation, ont envahi avant-hier matin la cour de la mairie de la Commune III du District de Bamako qu’ils considèrent avant tout comme étant la propriétaire légitime desdites infrastructures marchandes. Cette scène insolite quia attiré l’attention de toutes les populations de la capitale illustrait parfaitement la détermination des commerçants à ne pas se soumettre à une décision qu’ils considèrent comme injuste et inéquitable.

Il ressort en effet des articles 4, 5 et 6 du contrat de concession du Complexe commercial du marché Dibida que le loyer mensuel d’un magasin de grande surface est de 30 000 F Cfa ; celui d’un magasin de moyenne surface de 20 000 F Cfa et pour un magasin de petite surface, le loyer mensuel est de 10 000 F Cfa.

Avec la mesure prise unilatéralement par Cheick Lah, on se rend compte que le loyer mensuel des magasins de moyenne surface sera désormais au même niveau que celui des magasins de grande surface : d’où toute la colère des commerçants.

Cette situation qui prévaut aujourd’hui au marché Dibida traduit toute la problématique dans la gestion de nos infrastructures marchandes. Les acteurs qui sont chargés d’exploiter lesdites infrastructures ignorent superbement les règles du jeu qui sont pourtant claires comme de l’eau de roche.

C’est le cas du marché Dibida où la mairie de la Commune III faute de moyen a confié la modernisation des infrastructures marchandes à une société immobilière de la place : la Société Immobilière Bassoum. Vu la difficulté qui entoure le montage financier, un contrat de Bail à reconstruction N°0003 du 6 janvier 1999 a été signé entre la mairie de la Commune III et les preneurs qui sont au nombre de 10.

Il s’agit entre autres de Cheick Lah ; Kola Niangadou, Harouna Dabo, Abdoulaye Bathily, Kono Konaté, Mamadou Bassoum, Gagni Lah, Mahamadou Diakité, Bouyé Hane et Habib Sylla. Ce contrat qui vise à sauvegarder les intérêts réciproques des parties vise à fixer les conditions de gestion du complexe en vue du recouvrement efficace des revenus de location devant être perçus par la mairie de la Commune III tout en remboursant les investissements effectués par les preneurs.

Ledit contrat qui a pour objet la gestion du complexe commercial sis au marché Dibida porte sur 342 magasins repartis comme suit : magasins de grande surface 216 ; magasins de moyenne surface : 46 et magasins de petite surface dit magasins AGETIPE : 80.

L’article 3 dudit contrat a fixé la caution de la location des magasins du Complexe commercial à un million (1 000 000 F Cfa) soit deux cent soixante-deux millions (262 000 000 F Cfa) pour les 342 magasins. C’est en versant donc ce montant dans un compte domicilié à la BIM-SA que chaque bénéficiaire a obtenu un contrat de location de magasin signé par le maire de la Commune III.

Quant aux revenus locatifs issus de la gestion du Complexe commercial marché Dibiba, l’article 7 les chiffres à 984 000 000 de F Cfa sur la période de dix années. Pour ce qui est de la répartition des revenus locatifs, l’article 9 fixe les modalités suivantes : les deux tiers (2/3) reviendront au concessionnaire, la Société Bassoum soit 656 000 000 F Cfa pour paiement de leurs investissements, et le tiers (1/3) à la mairie de la Commune, soit 328 000 000 F Cfa comme revenus locatifs.

C’est sur la base de ce contrat que la mairie de la Commune III a cédé la gestion du Complexe commercial du marché Dibida à la Société Bassoum pour une durée de 10 ans. Et il ressort clairement dans l’alinéa 12 du contrat que «l’extinction du contrat interviendra dès la fin du remboursement du montant total des investissements». Ce sont-là donc entre autres règles de jeu qui gèrent aujourd’hui le Complexe commercial du marché Dibida.

En cas de difficulté majeure dans la gestion dudit complexe, c’est le concessionnaire qui doit être interpellé en premier lieu. Mais au lieu de cela, les commerçants ont décidé d’aller manifester leur colère dans la cour de la mairie de la Commune III.


Kader Sidibé calme le jeu

Depuis la capitale béninoise où il a appris l’information, le maire de la Commune III a proposé une solution de sortie de crise qui contente tout le monde. Il a en effet décidé de renoncer au tiers que la mairie reçoit comme revenus locatifs.

Ce qui veut dire aux 10 000 F Cfa perçus sur le loyer mensuel de chaque magasin de moyenne surface. Un montant dont le renoncement maintient le loyer mensuel à son taux actuel c’est-à-dire 20 000 F Cfa. Il a en outre demandé à chacun des bénéficiaires des magasins en question de venir payer le loyer mensuel en cours.

Cette attitude de Kader Sidibé a fait baisser la tension d’un cran. Le preneur Cheick Lah qui a déjà une grosse de jugement rendu en sa faveur dans cette affaire trouve cette proposition acceptable.

En coupant donc la poire en deux, le maire de la Commune III n’a fait que répondre aux cris de cœur des commerçants.

Birama Fall

11 Février 2009