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Joseph Borrel Fontelles, président du Parlement européen, vient d’effectuer une visite officielle de trois jours dans notre pays. Au programme du président Fontelles durant son séjour : rencontres et discussions avec les plus hautes autorités sur des questions nationales et internationales, tels les Objectifs du millénaire pour le développement, les mouvements migratoires, la bonne gouvernance dans la lutte contre la corruption et la nécessité du codéveloppement.

Joseph Borrel Fontelles a été sur le terrain, à l’écoute des populations à la base.

Avant son départ, le président du Parlement européen a animé dimanche, à l’hôtel de l’Amitié, une conférence de presse en compagnie de son hôte, Ibrahim Boubacar Keïta président de l’Assemblée nationale.

Questions ayant trait au renforcement des relations entre l’Union européenne et le Mali, à l’environnement, à l’immigration, à la bonne gouvernance, à la lutte contre la corruption, à la prévention et à la gestion des conflits, aux défis mais aussi aux potentialités que possède notre pays pour soutenir son développement, ont été débattues par le président du parlement européen.

Mr Fontelles a d’emblée, salué l’extrême dignité et l’espoir de sortir du sous développement que garde le peuple malien malgré la souffrance et la pauvreté qu’il endurent.

Engagement de son institution à soutenir les efforts de développement de notre pays, a été réitéré par Mr Fontelles, car a-t-il soutenu : »Ce que j’ai vu sur le terrain me prouve que l’Europe doit faire plus et mieux« .

Mr Fontelles, a rappelé que l’Union européenne octroie annuellement au Mali, une enveloppe financière d’environ 65 milliards Fcfa. Cette aide, a déploré le président du parlement européen, est bien en deçà des engagements de son institution.

Concernant l’environnement, le président du Parlement européen a fustigé le fait qu’à cause du réchauffement climatique, l’Afrique, le continent le moins pollueur, va devoir payer à l’avenir, le prix fort.

Par rapport à l’immigration, Mr Fontelles s’est dit consterné par les drames et tragédies vécus au quotidien par les candidats à l’émigration clandestine. Un constat amer qui, selon lui, est la résultante des politiques formulées en la matière.

Le président du Parlement européen bien que reconnaissant la lourde responsabilité de l’Europe dans ce phénomène, a estimé néanmoins que cette responsabilité est partagée avec les pays de départ.

Comme l’Europe et l’Afrique ont des intérêts complémentaires, que nous devons gérer ensemble, souhait a été émis par Mr Fontelles, que les accords de Tripoli sur l’immigration clandestine puissent apporter des solutions appropriées.

Par rapport à la bonne gouvernance, à la lutte contre la corruption, le président du Parlement a estimé nécessaire de mettre en œuvre des stratégies cohérentes et de promouvoir le principe de la responsabilité partagée.

La moitié des aides, devrait selon lui, être mise désormais, directement à la disposition des systèmes locaux de mise en œuvre par le biais des budgets nationaux. Ce principe va de pair avec les obligations pour toutes les parties prenantes de rendre des comptes, a-t-il indiqué.

Concernant la prévention et la gestion des conflits, progrès enregistrés, avec aujourd’hui moins de zones de tension qu’il y a une décennie en Afrique, ont été salués par Mr Fontelles, car la paix est pour le conférencier, indispensable à une Afrique appelée à faire front commun face aux défis de la mondialisation.

Pour le président du parlement européen, il est pour nous un devoir de réussir, car l’avenir du monde dépendra largement de la manière dont les systèmes politiques des pays émergents se développeront.

Quant au président de l’Assemblée nationale, Ibrahim Boubacar Keïta, lui, a jugé la visite de son homologue de haute portée politique dans le raffermissement des relations entre l’Union européenne et le Mali.

28 novembre 2006.