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Le président de la République, Amadou Toumani Touré et son épouse, Mme Touré Lobbo Traoré, sont en Libye depuis dimanche, à l’invitation du Frère Guide Mouamar Khadafi.

Ce nouveau séjour du président Touré a été l’occasion pour les deux personnalité de faire un large tour d’horizon de l’ensemble des domaines de coopération bilatérale et multilatérale.

Après avoir passé en revue les projets réalisés ou en cours d’exécution, les deux hommes d’État ont exploré diverses possibilités de projets futurs.

Plusieurs gros dossiers ont ainsi été abordés : le projet d’aménagement de 100 000 hectares dans la zone de l’Office du Niger, l’évolution des chantiers de la future Faculté de langue arabe située à Badalabougou, de la Grande mosquée de Ségou et d’aménagement du canal de Tombouctou.

Amadou Toumani Touré et Mouamar Khadafi ont également évoqué l’achèvement de l’hôtel Mariétou Palace, vendu par notre compatriote Babani Sissoko aux Libyens il y a quelques semaines, le projet de construction d’une nouvelle tour à côté du bâtiment actuel de l’hôtel de l’Amitié, l’aménagement des berges du fleuve à cette hauteur pour en faire un marché d’artisans.

Les investissements libyens en cours dans la Sonatam, l’institutionnalisation du prix Khadafi et l’aide de Tripoli à l’Institut des hautes études de recherches islamiques Ahmed Baba de Tombouctou complètent les sujets des entretiens en matière de coopération bilatérale.

Au niveau multilatéral, les deux hommes d’État ont discuté des questions sécurité dans la bande sahelo-saharienne et de l’intégration africaine. Ils ont, à ce propos, réaffirmé leur attachement aux idéaux des panafricanistes historiques comme Kwamé N’Krumah. Le flambeau que ceux-ci ont allumé est aujourd’hui repris par le Frère Guide.

« Je suis ici à l’invitation du Guide. Je suis venu le rencontrer d’abord pour le remercier pour les grands investissements que son pays est en train de réaliser au Mali, et d’autre part pour passer en revue les grands projets communs« , dira le président de République après un tête-à-tête avec le leader libyen.

UN FONDS DE 2 500 MILLIARDS FCFA :

Il rappellera ainsi qu’il y a quelques années à l’initiative personnelle du Guide, la Libye a créé un fonds de développement pour soutenir les investissements libyens dans les pays de la sous-région.

Le fonds dénommé Fonds libyen d’investissement en Afrique (FLIA) est doté de 5 milliards de dollars, soit environ 2 500 milliards Fcfa. Le FLIA a déjà fourni d’importantes ressources pour la réalisation de certains projets, notamment dans le domaine de l’hôtellerie et du tourisme dans notre pays.

Il envisage d’intervenir désormais dans la zone de l’Office du Niger, pour l’aménagement de 100 000 hectares. « Tout récemment, j’ai discuté avec le Guide sur le projet d’aménagement de 100 000 hectares dans la zone de l’Office du Niger. Il faut rappeler que depuis la création de l’Office, il y a près de 70 ans, les aménagements n’ont pas encore atteint les 9% des potentialités qu’offre la zone, estimées à plus d’un million d’hectares« , a constaté le chef de l’État qui avait reçu quelques jours avant de quitter Bamako, une délégation technique libyenne.

Celle-ci avait été dépêchée par le Guide lui-même. Ces techniciens avaient dévoilé la maquette du projet au président de la République et expliqué les dispositions prises pour le démarrage très prochain des travaux d’aménagement.

Quelques jours auparavant, l’équipe libyenne avait séjourné avec des techniciens maliens dans la zone de l’ON où elle va installer ses bureaux. Le chantier devrait démarrer avant la fin cette année afin d’aménager 25 000 ha dans un premier temps.

Ces aménagements permettront d’installer un grand nombre d’exploitants et d’améliorer la productivité et le rendement à l’hectare. Actuellement celui-ci varie entre 6 et 7 tonnes. Avec les nouveaux aménagement, le rendement pourrait atteindre 10 tonnes l’hectare, a indiqué Amadou Toumani Touré.

LE DEFI DES PROCHAINES ANNEES :

Les techniciens libyens envisagent, à cet effet, de régler le problème de la faible maîtrise des facteurs de production. « Le circuit de production est tellement complexe aujourd’hui qu’on a de la peine à s’y retrouver », a jugé le chef de l’État en précisant, à ce propos, que la Libye s’est engagée à produire sur place les intrants, notamment les engrais.

« Le défi des prochaines années sera celui de l’alimentation. Je m’investirai donc pleinement dans ce sens pour assurer au pays la sécurité alimentaire et pour la promotion de l’emploi rural« , a promis le président Touré.

Un autre sujet majeur étudié par les deux hommes d’État est l’emblématique chantier de la Cité administrative de Bamako qui avait reçu en juin dernier la visite du Guide de passage à Bamako pour se rendre au sommet de l’Union africaine à Accra. Le leader libyen avait alors pu constater que le gros oeuvre est achevé et qu’il ne reste que les travaux de finition à exécuter (installation de commodités internes et aménagement de la cour notamment).

Ces travaux de finition sont également en voie d’achèvement et la cité devrait être livrée dans les prochains mois. « Au cours des entretiens, il a été décidé de donner des instructions de part et d’autre pour que l’infrastructure soit mise à la disposition du gouvernement, au plus tard dans les premières semaines de l’année 2008« , a révélé le président de la République.

Dans le domaine de l’éducation et de la culture, les discussions ont porté sur la réalisation de la faculté de langue arabe à l’Université de Bamako. Le bâtiment appelé à abriter cette faculté, situé au flanc de la colline de Badalabougou, est déjà pratiquement achevé. Les locaux de la faculté des Sciences économiques et de gestion et de celui des Sciences juridiques et politiques sont également en voie d’achèvement.

A tous ces efforts de la Grande Jamahiriya dans notre pays s’ajoutent les nombreuses bourses d’études que la Libye octroie chaque année à des étudiants maliens pour venir poursuivre leur formation dans les universités libyennes.

Dans le même temps, de nombreux bacheliers arabisants, faute de débouchés, sont dans l’impasse lorsqu’ils ne sont pas sélectionnés parmi les boursiers libyens et s’ils n’ont pas eu la chance de passer au concours qu’organise la faculté des lettres, des arts et des sciences humaines (FLASH). Or là, le nombre de places est limité.

Avec la nouvelle faculté de langue arabe d’intéressantes perspectives s’ouvrent aux élèves des medersas. La faculté offrira à nombre d’entre eux la possibilité de poursuivre leurs études après le bac.

La Libye a aussi décidé de s’investir dans l’entretien et le fonctionnement de l’Institut des hautes études en sciences islamiques Ahmed Baba de Tombouctou. Elle a institué un prix Kadhafi pour favoriser la culture de l’excellence et stimuler le goût de la recherche au sein de ce centre universitaire désormais rattaché à l’Université de Bamako. Le prix est doté de 400 millions de Fcfa.

Tripoli a également construit un nouveau Centre culturel libyen dans la zone de ACI 2000 de Hamdallaye. Cette structure a pour vocation de promouvoir l’enseignement et la diffusion de l’éducation islamique dans notre pays.

L’HÔTELLERIE PRIVILÉGIÉE :

Quant au projet de la Grande mosquée de Ségou, les choses avancent bien. Ce complexe qui va coûter un milliard de Fcfa à la Libye, va allonger la liste déjà impressionnante des réalisations libyennes dans notre pays.

L’hôtellerie est devenue, ces dernières années, un secteur privilégié de cette coopération. « Pour nous l’hôtellerie et l’artisanat constituent de grands pourvoyeurs d’emplois et une importante source de revenus pour les populations. Durant les cinq dernières années, des efforts importants ont été faits au niveau du ministère de l’Artisanat et du Tourisme pour la promotion de ces créneaux. Le secteur privé n’est pas resté en marge de ces efforts. Ces facteurs combinés ont permis à notre pays de réaliser un grand bond dans ce secteur« , a noté le chef de l’État, en relevant que le pays a presque triplé son parc hôtelier.

L’investissement libyen a été particulièrement dynamique dans ce secteur. D’abord avec l’acquisition de l’hôtel de l’Amitié qui a été entièrement rénové. Les Libyens ont également racheté de l’immeuble inachevé du « Mariétou Palace » situé sur la berge du fleuve Niger, l’hôtel Kempinsky El Farouk, la Résidence Bouna, l’hôtel Azalaï de Tombouctou et celui de Sélingué.

Le chantier du Mariétou Palace stoppé depuis des années va redémarrer très bientôt. Une tour jumelle de celle de l’hôtel de l’Amitié s’élèvera également dans la même zone.

Envoyé spécial.
A. O. DIALLO- L’Essor


23 août 2007.