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Dans le cadre de sa visite en Afrique Occidental, le président de Helvetas M. Peter Arbenz séjourne dans notre pays. A cette occasion, M. Peter Arbenz a effectué une visite au bureau de WILDAF/Mali. C’était le mardi dernier à son siège, en présence des membres de WILDAF/Mali, des représentants des associations et ONG de femmes, des ordres professionnels (de santé, des avocats) et de plusieurs invités s’intéressant à la défense des droits de l’homme.

Cette visite avait pour objectif d’échanger sur la problématique de l’excision au Mali, lorsqu’on sait que Helvetas appuie les activités du consortium élaborées qui regroupe le Centre Djoliba ; WILDAF ; Helvetas dans le cadre du tribunal sur l’excision.

Djeneba Diop

Dans son mot de bienvenue au président de Helvetas et sa délégation, la présidente de WILDAF/Mali, M. Djénéba Diop a fait une brève présentation de WILDAF et des activités menées. Selon Me Djénéba Diop, le WILDAF/FeDDAF est une organisation panafricaine non-gouvernementale et à but non lucratif rassemblant plus de 500 organisations et plus de 1 200 individus.

Le réseau a été créé lors d’une conférence régionale tenue à Harare au Zimbabwe en février 1990 et dont le thème tait : “Femmes, Droit et développement : réseau pour l’habillement en Afrique”. WILDAF/FeDDAF est présent en Afrique de l’Ouest dans 10 pays : le Bénin, le Burkina-Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Ghana, le Mali, le Nigeria, le Libéria, le Sénégal, le Togo. Le bureau sous-régional se trouve depuis avril 1997 à Lomé, et envisage de s’étendre au Niger, a-t-elle présidé.

A en croire la présidente de WILDAF/Mali, de sa création à nos jours, WILDAF/Mali oeuvre pour promouvoir et renforcer les stratégies qui lient le droit au développement pour l’émergence d’une culture d’exercice et de respect des droits des femmes en Afrique ; renforcer la capacité des femmes à s’organiser et à se mobiliser à tous les niveaux et à faire usage de la loi pour un développement durable.

Mme Koné Virginie

Quant à Mme Koné Virginie Moukoro, du Centre Djoliba, elle a rappelé l’ampleur de la pratique de l’excision au Mali. Selon elle, dans le monde, chaque année, au moins deux millions de jeunes filles sont excisées soit environ 6000 par jour. En Afrique, la pratique se fait dans 28 pays africains avec des taux de prévalence qui varient entre 5 et 99% selon les pays.

Le Mali fait partie des pays où le taux de pratique est très élevé, a-t-elle précisé. Selon l’enquête démographique et de santé de 2006, ce taux est de 85% parmi les femmes ayant 15 à 49 ans et la pratique est répandue dans toutes les régions du Mali à l’exception des régions du Nord et en présente chez presque toutes les ethnies et toutes les religions la pratiquent.

Elle a par ailleurs souligné que l’excision est devenue un rite de petite enfance (de 0 à 8 ans , 77% des filles enquêtées ont été excisées avant cinq ans selon la même enquête démographique et de santé.

Et pour mieux capter l’attention de l’assistance sur les conséquences de l’excision, un film regroupant les images choc de complications de l’accouchement de femmes excisées a été projeté et a ébahi tout le monde.

Chargée de programme deWILDAF/Mali

La chargée de programme de WILDAF/Mali, Mme Samaké Bintou Founé Samaké a surtout du consortium : l’argumentaire pour concevoir le scénario du tribunal, l’organisation matérielle et technique d’un tribunal d’opinion et l’Etat de la mise en oeuvre des activités.

Par rapport à l’Etat de la mise en oeuvre des activités du consortium, elle a souligné entre autres la signature d’une convention qui a défini les rôles et les responsabilités de chaque partie, la réalisation d’un voyage au Burkina Faso et au Bénin, rencontre avec 8 députés pour présenter l’idée du tribunal, élaboration d’un draft de loi sur l’excision.

Après ces différentes interventions il est ressorti au cours des échanges qu’il faut une loi pour lutter contre l’excision en plus, il faut un accompagnement pour l’application de cette loi.

Dado CAMARA

11 Septembre 2008