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Des relations qui étaient très fructueuses dans les années 1960 au temps de l »ex-Tchécoslovaquie où par exemple le franc malien était imprimé.

C’est par la signature d’un communiqué final que le Premier ministre de la République tchèque, Mirek Topolarek a achevé hier la visite qu’il avait entamée vendredi tard dans la soirée dans notre pays.

Le chef du gouvernement tchèque était accompagné d’une forte de délégation. Il s’agit sans doute d’un nouveau départ dans la coopération entre les deux pays.

Mirek Topolarek était arrivé vendredi un peu avant minuit en provenance de Lima au Pérou. A sa décente d’avion, il avait été accueilli par le Premier ministre, Modibo Sidibé entouré des membres du gouvernement.

Après le cérémonial d’accueil et un bref entretien dans le salon d’honneur de l’aéroport, le cortège des deux personnalités prit le chemin de la ville. Direction : l’hôtel Laïco EL Farouk où Mirek Topolanek avait pris ses quartiers.

La journée d’hier a commencé par une rencontre du Premier ministre tchèque avec les hommes d’affaire.

Le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce, Amadou Abdoulaye Diallo participait à cette rencontre qui a été l’occasion pour le ministre Diallo de présenter un tableau synoptique des potentialités qu’offre l’économie nationale, particulièrement (actualité international obligeant) dans le domaine de l’agriculture.


Un exemple à suivre:
Le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce a ainsi expliqué que la tension actuelle sur les prix des prix des produits alimentaires a renforcé la volonté de notre pays d’investir dans le secteur agricole, notamment dans le développement des unités industrielles légères de transformation. Il se trouve justement que la République Tchèque a acquis une expertise avérée dans ce domaine.

Le ministre a expliqué à ses interlocuteurs les efforts en cours pour améliorer le climat des affaires au Mali, soulignant les réformes entreprises en vue d’attirer les investissements étrangers dans le pays.

Amadou Abdoulaye Diallo a également fourni des explications sur les potentialités du pays en matière de production de textiles. Il a rappelé que le Mali est l’un des plus grands producteurs de coton en Afrique. Cependant cette production est très peu transformée sur place. Or, les Tchèques ont accumulé une expérience solide dans ce domaine.

Ils produisent des tissus basin très prisés au Mali et dans d’autres pays du continent.

Le ministre a évoqué les résultats obtenus par les Tchèques dans les réformes économiques qui ont permis de drainer un flux massif d’investissements étrangers chez eux. Ces résultats sont à mettre en grande partie, à l’actif de Agence tchèque de promotion des investissements. Un exemple à suivre pour notre pays.

De son côté, Mirek Topolanek a exposé les recettes qui ont permis à son pays d’arriver à de tels résultats. L’un des premiers facteurs de la réussite tchèque est la qualité des ressources humaines, a-t-il indiqué.

Il faut en effet une main d’oeuvre qualifiée pour attirer les investissements étrangers. Il y a ensuite la stabilité économique et politique sous-tendu par une bonne gouvernance économique et l’amélioration du climat des affaires. « La corruption et les affaires sont deux notions antinomiques », a-t-il relevé.

Le chef du gouvernement tchèque a par ailleurs cité parmi les facteurs d’attraction des investissements, l’ouverture de l’économie et sa diversification.

Il a précisé que les premiers investissements réalisés dans son pays ont concerné le secteur agro-alimentaire. Ensuite ont suivi le secteur des industries complexes et sophistiquées, les mines et aujourd’hui la recherche et la formation.

Après avoir planté le cadre de la rencontre avec les opérateurs économiques, le Premier ministre tchèque et notre ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce se sont rendus à la Primature où ils étaient attendus par le Premier ministre, Modibo Sidibé, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale,

Moctar Ouane et son homologue de la Défense et des Anciens combattants, Nantié Pléah et leurs proches collaborateurs. Avec le chef du gouvernement, les discussions ont également porté sur les opportunités de coopération entre les deux pays.


La porte d’entrée dans la sous-région:
Modibo Sidibé s’est d’abord réjoui de l’initiative de son homologue tchèque d’effectuer une visite de travail dans notre pays, avant de rappeler les relations d’amitié et de coopération bilatérales qui ont existé entre notre pays et l’ancienne Tchécoslovaquie.

C’est dans ce pays qu’ont été justement formés beaucoup de cadres maliens avant la chute du Mur de Berlin, suivie de l’éclatement de la Tchécoslovaquie.

Selon lui, l’évolution actuelle des deux pays doit servir de tremplin pour une nouvelle coopération bilatérale plus dynamique. Le Mali attend beaucoup de cette coopération, notamment dans le domaine des textiles, a précisé le chef du gouvernement.

Modibo Sidibé a également évoqué le domaine minier et la production des matériaux de construction comme le ciment, qui peuvent devenir un autre axe stratégique de coopération entre nos pays. La République Tchèque pourrait ainsi aider le Mali pour la construction d’une usine de ciment.

Le Premier ministre s’est félicité de la signature d’un accord de coopération entre les Chambres de commerce et d’industrie des deux pays. Pour lui, la présence de nombreux entrepreneurs dans la délégation tchèque témoigne de la volonté des Maliens et des Tchèques de bâtir un partenariat économique dynamique.

Mirek Toploarek a expliqué les trois raisons qui ont motivé sa visite au Mali. Il y a d’abord la stabilité politique et l’expérience démocratique de notre pays, malgré l’état de pauvreté. Il a ensuite fait référence au partenariat entre l’Europe et l’Afrique et aux relations de réciprocité contenu dans les accords de Lisbonne signé entre les deux continents, l’année dernière dans la capitale portugaise.

Selon le Premier ministre tchèque, il s’agit à ce propos de préparer la présidence de l’Union européenne que la République Tchèque s’apprête assumer pendant le second semestre de l’année prochaine.

La troisième raison de la visite est économique. En effet, la République Tchèque veut faire des affaires en Afrique et notre pays peut lui servir de porte d’entrée dans l’espace sous-régional.

Le chef du gouvernement tchèque a fait part de l’intérêt de son pays pour le secteur minier, l’hydraulique où une ONG tchèque opère ici déjà.

Mais dans cette perspective, Mirek Topolarek a insisté sur la nécessité d’appliquer la bonne gouvernance économique, notamment sur les assurances juridiques pour protéger les investissements étrangers. Il a promis d’orienter les entrepreneurs tchèques vers le Mali.

Après sa rencontre à la Primature, le Premier ministre tchèque a été reçu en audience au palais de Koulouba par le président de la République, Amadou Toumani Touré à qui il a expliqué les raisons de sa visite. Les deux personnalités ont également parlé des opportunités de coopération entre Bamako et Prague.

Avant de quitter notre pays, le Premier tchèque s’est vu offert un déjeuner par son homologue malien, Modibo Sidibé.

A. O. DIALLO

19 Mai 2008