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La visite s’est articulée autour de trois objectifs principaux. Il s’agissait pour le ministre de s’enquérir des conditions de travail des agents relevant de son département du directeur général de la Gendarmerie le colonel Samballa Illo Diallo, du chef d’état-major de la Garde nationale le colonel Broulaye Koné et du conseiller technique du ministre chargé des infrastructures le contrôleur général de police Yahaya Sangaré.

C’est à sa tête que le général de brigade Sadio Gassama, ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection, a parcouru du 1 au 3 mai dernier 1251 kilomètres pour parler de sécurité et aussi de paix aux populations des localités de Bougouni, Manankoro, Kolondiéba, Kignan et Sikasso.

La visite s’est articulée autour de trois objectifs principaux. Il s’agissait pour le ministre de s’enquérir des conditions de travail des agents relevant de son département, d’inaugurer de nouvelles infrastructures et d’expliquer aux forces de sécurité de la 3è Région le sens que le département donne à la notion du renouveau de l’action publique, ce à la lumière des orientations du PDES.

Bougouni a été le première localité à accueillir le ministre et sa délégation. Sadio Gassama a notamment visité le logement du commissaire et les locaux du commissariat de police dont la réception est attendue le 30 prochain et qui ont coûté environ 120 millions de francs CFA au budget national.

Un délai impératif de livraison été donné à l’entreprise chargée de la construction et qui accuse déjà cinq mois de retard sur le planning du cahier de charges.
La délégation s’est ensuite rendue à la Garde nationale qui connaît un problème de clôture du domaine alloué au peloton de Bougouni.

Le ministre et sa suite ont mis le cap sur la gendarmerie, où la principale doléance du capitaine Adama Konaté commandant de compagnie de Bougouni a reçu un écho favorable auprès du ministre qui a promis dans un bref délai de faire construire à Bougouni une compagnie de gendarmerie.


Foule des grands jours:

La délégation s’est ensuite brièvement entretenu dans le bureau du préfet avec tous les responsables locaux de sécurité. Le préfet Sankoun Touré a salué la franche collaboration qui existe entre toutes les forces de sécurité basées à Bougouni.

Il a toutefois déploré la persistance des braquages sur l’axe Garalo-Manankoro, le non respect du code de la route et son corollaire d’accidents mortels. La mission a rappelé aux agents que seule une application stricte de la loi pouvait changer la situation dans un sens positif.

Le ministre a promis une suite favorable aux requêtes présentées par le directeur régional de la Protection civile de Sikasso et concernant la construction d’un centre de secours et la dotation du centre de Niéna en véhicule.

A Manankoro situé à environs 130 kilomètres de Bougouni et à 5 kilomètres du premier village ivoirien, le général Gassama a inauguré le poste frontalier de police qui aura comme mission principale le contrôle du flux migratoire. Le bâtiment très fonctionnel et composé de deux salles a coûté, selon le conseiller technique Yahaya Sangaré, 11 millions de francs CFA.

Le ministre et sa suite se sont ensuite rendus à Kolondiéba où une foule des grands jours les attendait. L’explication de cet engouement populaire a été donnée par le maire El Habib Mariko qui a indiqué que depuis l’érection de Kolondiéba en chef-lieu de cercle, la localité n’avait jamais encore reçu la visite d’un ministre de la Sécurité.

Dans cette localité, si les gardes n’avaient pas de doléances particulières, la brigade de gendarmerie par la voix de son commandant Banou Sanogo a sollicité et obtenu la construction d’une brigade et la réalisation d’une adduction d’eau. L’étape suivante, après un détour par Sikasso, a été celle de Kignan où le ministre a procédé à l’inauguration de la brigade territoriale de cet ex-arrondissement situé à 83 kilomètres de Sikasso.

Le clou de la visite du ministre en 3è Région a été sans conteste l’explication donnée aux agents de sécurité sur la signification du renouveau de l’action publique. Pendant plus de deux heures d’horloge, le ministre a longuement discuté en présence du gouverneur avec toutes les représentations des forces de sécurité de la Région.

Il est à relever qu’à Bougouni, Manankoro, Kolondiéba, Kignan et Sikasso les préoccupations des agents sont identiques : faiblesse des effectifs, manque de matériels de maintien d’ordre (MO), d’armements, de matériels de bureau et de communication. A cela s’ajoute la vétusté de certains locaux, comme le commissariat de police de Sikasso vieux de plus d’un demi siècle. Le ministre a promis des solutions urgentes.

En retour, il a exigé de ses subordonnés une culture de résultats.

Envoyé spécial

S. KONATE

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Manankoro et Kignan : Plus de sécurité

Les locaux du poste frontière de Manankoro et de la brigade territoriale de Kignan, inaugurés la semaine dernière par le ministre Sadio Gassama, s’inscrivent selon le contrôleur général de police Yahaya Sangaré, conseiller technique chargé des infrastructures dans un programme entrepris par le département de la Sécurité intérieure et de la protection civile et qui prévoit la construction de 17 brigades d’ici 2009. Il a été déjà réalisé dix brigades, les sept autres sont en chantier.

Manankoro, localité située à proximité de la frontière avec la Côte d’Ivoire, a été le théâtre d’une peu commune liesse populaire. Les populations sont venues de Niénèdougou et de Sibirila pour être témoins de la coupure du ruban symbolique du nouveau poste frontière. Le premier adjoint au maire Daouda Konaté dira que les habitants de cette localité pourront désormais dormir sans crainte puisque les entrées et sorties des personnes seront minutieusement contrôlées. Et le risque d’infiltration des bandits sera minimisé.

Le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection a invité les populations à une bonne collaboration avec la douane, la gendarmerie, le poste militaire de sécurité et les policiers basés à Manankoro afin de traquer les malfaiteurs qui troublent la quiétude des citoyens. A la faveur du conflit intra-ivoirien, puis de la démobilisation des Forces nouvelles, la zone de Manankoro distante de cinq kilomètres de la Côte d’ivoire avait essuyé une série de braquages. Grâce à l’engagement des agents de sécurité, ce phénomène a considérablement diminué.

La brigade territoriale de Kignan a quant à elle coûté environ 40 millions CFA. Créée en août 2003, cette brigade couvre les ex-arrondissements de Kignan et Dogoni. Le bâtiment comprend un bureau pour le commandant de brigade, un magasin, une toilette intérieure ainsi que six bureaux pour le personnel, un magasin et une salle d’eau. Sans oublier une salle de permanence, deux cellules modernes et une salle destinée aux personnes gardées à vue.

La brigade sécurise 20 246 âmes reparties entre 15 villages. Le commandant de brigade l’adjudant-chef major Oumarou Kondé à la tête d’une dizaine d’agents soulignera que les activités principales de l’unité intègrent la défense du territoire, la garantie de la sécurité publique et la protection aux habitants des 9 communes et de leurs biens. Il a indiqué que les infractions courantes rencontrées sont les cas de vol, les enlèvements de femme, l’administration de coups et blessures volontaires.

Le commandant de région le colonel Bilal Ag Rhissa, tout en soulignant les efforts déjà déployés par les autorités a souhaité la clôture de la brigade de Kignan, l’aménagement d’une adduction d’eau, ainsi que l’équipement des bureaux et la dotation de l’unité en véhicule.


Envoyé spécial

S. KONATE


En quete d’un fonctionnement de type nouveau

Le concept n’était pas tout à fait inconnu aux interlocuteurs du ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile. Mais il gagnait indiscutablement à être explicité pour que les agents de sécurité de la 3è Région se l’approprient mieux. La conférence sur le renouveau de l’action publique a donc fait le plein le samedi 3 mai dernier dans la salle de conférence du gouvernorat de Sikasso.

Gardes, gendarmes, policiers et fonctionnaires de la protection civile étaient venus très nombreux écouter le message que voulaient partager avec eux le général Gassama et le gouverneur Mamadou Issa Tapo. Les deux heures consacrées aux débats ont été incontestablement bien remplies.

Le ministre dira que le renouveau de l’action publique passe obligatoirement par un changement de comportement et par l’apparition dans notre pays un fonctionnaire de type nouveau. Il est notamment urgent que tous les cadres maliens cultivent ces valeurs de base que sont la probité morale, l’assiduité et la ponctualité au travail.

Le général Sadio Gassama a aussi évoqué la restauration de l’autorité de l’État, car, a-t-il insisté, le respect strict de la loi constitue une des exigences de la démocratie. Il a demandé aux agents de respecter la loi et de la faire respecter dans la légalité par tous les fils du pays. Le ministre a affirmé que l’amélioration de service aux usagers passe par le respect des normes.

Doivent donc disparaître les diverses lourdeurs administratives comme celles qui encombrent encore la délivrance des cartes d’identité. Chaque agent doit adopter un comportement responsable dans son domaine de compétence et se montrer rigoureux dans l’utilisation des ressources mises à sa disposition par l’État Le ministre s’est ensuite appesanti sur la nécessité de circonscrire l’insécurité routière.

Au passage, il a adressé une très ferme mise en garde les agents qui mettraient leurs pots de vin au-dessus des intérêts du pays. Le gouverneur Mamadou Issa Tapo s’est dit satisfait de cette rencontre qui a vu toutes ses préoccupations sécuritaires évoquées et prises en charge par le général Sadio Gassama.


Envoyé Spécial

S. KONATÉ

07 Mai 2008