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Plus qu’un partenaire, c’est un grand ami du Mali qui est en visite officielle dans notre pays depuis hier : Son Altesse l’Aga Khan. Le Prince qui n’en est pas à son premier séjour au Mali a été accueilli avec tous les honneurs dus à son rang par le président de la République Amadou Toumani Touré.

Après le cérémonial d’accueil (exécution des hymnes, revue des troupes, salut aux corps constitués et un tour du côté des troupes de danse), l’illustre visiteur qui est accompagné de membres de sa famille, s’est entretenu avec le chef de l’État dans le salon présidentiel de l’aéroport international de Bamako-Sénou.

L’entretien durera juste un quart d’heure. A sa sortie, son Altesse Karim Aga Khan s’est adressé à la presse pour faire part de sa joie de retrouver notre pays. « Je suis heureux de retourner au Mali. Au cours de ce séjour, nous ferons le point des activités que nous avons initiées ici et évaluer les progrès qui ont été faits. Nous allons également profiter de notre visite pour définir de nouveaux objectifs avec les autorités et les communautés locales dans le cadre du développement. Nous aurons au Mali un agenda stimulant et chargé dans les années à venir« , a dit en substance le chef spirituel des Ismaïlis et président du groupe Imamat Islamaili.

Après ce bref contact avec la presse, le président de la République et son hôte mirent le cap sur l’hôtel de l’Amitié où sont installés le Prince et les membres de sa délégation. En fin d’après-midi, l’Aga Khan et le président Touré ont eu un nouveau tête-à-tête au palais de Koulouba.

La séjour du Prince le conduira à partir d’aujourd’hui à Mopti où il inaugurera la Grande mosquée de la ville rénovée grâce à un financement du Trust Aga Khan pour la culture. Il se rendra ensuite à Tombouctou toujours en compagnie du président Touré pour inaugurer la mosquée de Djingarey Ber, également restaurée grâce à son Altesse.

Il faut rappeler que l’Aga Khan est un grand ami de notre pays où il est venu à maintes reprises. En effet, le Réseau Aga Khan de développement (AKDN) est présent chez nous depuis plus de 25 ans. Le Réseau intervient principalement dans les activités économiques.

Il a fallu attendre 2003 pour le voir s’intéresser aux activités culturelles et sociales dans notre pays. Ces activités s’inscrivent dans le cadre de l’accord d’établissement que le Mali, l’Imamat Ismaïli et l’AKDN ont signé en août 2005.

La Grande mosquée de Mopti et la mosquée de Djingarey Ber à Tombouctou ont été justement restaurées dans le cadre des activités de Trust Aga Khan pour la culture (AKTC) qui a signé en février 2006 un mémorandum de coopération avec le ministère de la Culture pour la conservation de l’architecture en terre au Mali.

A travers un autre accord de collaboration signé en juin 2006 avec le Musée national, l’AKTC s’est engagé à appuyer cet établissement culturel afin de créer un inventaire informatisé des collections et des archives digitalisées d’images et des sons.

Tout comme il envisage d’assurer la rationalisation du stockage des collections archéologiques et textiles dans les réserves. L’AKTC a déjà assisté le Musée national dans la construction d’un nouveau bloc de conservation.

Autre structure du prince Aga Khan très active dans notre pays : le Fonds Aga Khan pour le développement économique (AKFED). Ce fonds est partenaire majoritaire dans la société Embal-Mali qui s’occupe de la fabrication de sacs en polypropylène depuis 1999.

Il est aussi le partenaire stratégique (plus de 51% des actions) dans la Compagnie aérienne du Mali (CAM) depuis février 2005. L’AKFED est également présent (34%) aux côtés de l’État dans société Énergie du Mali (EDM) dans le cadre d’un cadre d’un contrat de partenariat que les deux parties ont signé en octobre 2005.

Le groupe s’investit également dans notre pays dans le domaine de la microfinance à travers l’Agence Aga Khan pour la microfinance (AKAM) qui a mis en place en 2005 une première agence de microfinance dénommée PAMF-Mali, une fondation à but non lucratif de droit malien.

La première agence PAMF-Mali a été ouverte en mars 2006 à Mopti. Depuis son démarrage dans la ville de Mopti et son extension début 2007 aux autres cercles de la région, PAMF-Mali a distribué plus de 604 millions Fcfa. Elle compte plus de 3000 clients dont des groupes d’agriculteurs et de femmes.

En ce qui concerne la Fondation Aga Khan (AKF), elle développe des programmes et des activités dans notre pays dans les domaines de l’éducation, de la santé, du développement rural et de la société civile.

L’AKF assiste actuellement l’hôpital mère-enfant, le Luxembourg, et les hôpitaux publics en aidant à la formation de leur personnel en informatique, hygiène hospitalière, en gestion de déchets biomédicaux, en pharmacie, en imagerie.

D’autre part, le programme d’éducation de l’AKF s’intéresse à la mise en oeuvre d’un programme d’amélioration des écoles dans le cadre d’un programme de développement intégré.

M. KEITA



SON ALTESSE L’AGA KHAN, UNE ASCENDANCE ILLUSTRE

C’est à l’âge de 20 ans, le 11 juillet 1957, que Son Altesse l’Aga Khan devient imam (chef spirituel) des musulmans chiites ismailis. Il est le 49è imam héréditaire des musulmans chiites ismailis et descend directement du Prophète Mohamed (PSL) par son cousin et gendre Ali, le premier imam, et son épouse Fatima, fille du Prophète.

Fils du Prince Aly Khan et de la Princesse Tajuddawlah Aly Khan, l’Aga Khan naît le 13 décembre 1936 à Genève. Il passe sa petite enfance à Nairobi, au Kenya, et poursuit ses études secondaires à l’école Le Rosey en Suisse.

En 1959, il obtient le diplôme d’histoire islamique (B.A. Honors) à l’université de Harvard aux États-Unis.
A l’instar de son grand-père, Sir Sultan Mahomed Shah, l’Aga Khan, depuis son accession à l’imamat en 1957, n’a cessé de se préoccuper du bien-être de l’ensemble des musulmans, s’attachant en particulier à relever les défis posés par l’accélération des mutations historiques en cours.

Aujourd’hui, les ismailis vivent disséminés dans quelque vingt-cinq pays, principalement en Asie centrale et occidentale, en Afrique et au Moyen-Orient, ainsi qu’en Amérique du Nord et en Europe occidentale.

Durant les quatre dernières décennies, la plupart de ces régions ont connu des bouleversements politiques et économiques considérables.

Face à ces changements, l’Aga Khan n’a cessé d’adapter le système d’administration complexe de la communauté ismailie, mis en place par son grand-père pendant l’ère coloniale, à ce monde nouveau d’États-nations, qui a crû en taille et en complexité avec l’indépendance des Républiques d’Asie centrale de l’ex-Union Soviétique.

L’Essor du 24 avril 2008.