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Le 17 juin prochain, Patrick Stefanini, secrétaire général du ministère français de l’Identité nationale, de l’Immigration et du Co-développement, sera à Bamako pour discuter de la délicate question des migrations en vue de privilégier la résolution à moyen et long terme de toute la problématique de l’immigration en général et de la réinsertion des Maliens de retour en particulier.

L’Association malienne des expulsés craint que la visite de M. Stefanini ne soit pas l’occasion de la signature par le Mali du fameux accord de réadmission qui n’avait pas eu l’assentiment de la partie malienne lors de la 8e session du Comité franco-malien sur les migrations, tenue à Paris il y a quelques mois. L’accord impose notamment le raccompagnement par des policiers maliens.

L’AME lance un appel à toute la population malienne à se mobiliser comme un seul homme afin que les autorités maliennes restent sur leur décision à ne pas signer l’accord. Mais l’AME est sceptique quant à la volonté des autorités maliennes à tenir tête à M. Stefanni. Depuis quelques années souligne l’Association, notre pays est devenu le dépotoir pour toutes sortes de nationalités expulsées de la France.

« A la frontière algérienne, à Tinzawatin (Mali), des dizaines de refoulés de la sous-région et de l’Afrique centrale sont reconduits sans aucune réaction des autorités maliennes ». Pour l’AME, le cas d’un Népalais est le plus patent. Ce dernier a été reconduit à Bamako sans moyen « et c’est l’AME qui l’a pris en charge ».

L’accord de réadmission autorise de reconduire à la frontière du pays d’accueil les étrangers clandestins. Il oblige le pays signataire à « réadmettre », sans formalité, ses ressortissants en situation illégale.

Le 12 septembre 2002, en visite à Paris, le chef de l’Etat ATT avait été sollicité par la France. Mais, devant l’inquiétude des Maliens de Paris, il avait affirmé qu’il n’avait pas l’intention de le signer.

En février 2003, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur en visite au Mali, a dû parler de « co-développement », d’ « aide aux projets », de « tradition d’émigration respectable », bien plus que de « réadmission ». Dans ce sens, la France ouvre une liste d’une cinquantaine de métiers aux ressortissants maliens qui voudraient émigrer en France.


A. S.

05 Juin 2008