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En effet, à environ 2 h 20 du matin, l’Airbus A-319 du chef de l’État vénézuélien s’immobilisa sur le tarmac de l’aéroport international de Bamako-Sénou.

Au bas de l’avion, se trouvait le président Amadou Toumani Touré pour accueillir son homologue vénézuélien.

Ousmane Issoufi Maïga Premier ministre, membres du gouvernement, gouverneur du district de Bamako, maire de la capitale et doyen du corps diplomatique accrédité au Mali, étaient également présents.

Après l’accolade entre les deux chefs d’État, le président Chavez Frias a, en signe de bienvenue, reçu des mains de deux fillettes un bouquet de fleurs et une calebasse remplie de colas.

Puis, les deux chefs d’état salueront les corps constitués, ainsi que les nombreuses personnes venues réserver un accueil des plus chaleureux au président vénézuélien, malgré l’heure tardive.

Suite au cérémonial d’accueil, les deux présidents ont pris place dans le salon d’honneur de l’aéroport pour un premier entretien en tête-à-tête.

Dans son adresse à la presse, le président vénézuélien a estimé que nos deux pays partageant les mêmes valeurs et ayant le même destin, devaient travailler ensemble, « afin de préparer un plan d’intégration, nos deux gouvernements doivent nécessairement faire un effort dans ce sens et nos peuples doivent les accompagner dans cet élan« , a-t-il souligné.

Pour le chef de l’État vénézuélien, Africains et Latino-américains sont obligés de s’unir  » pour faire face à cette période de l’impérialisme, de néolibéralisme et ses abus, car nous sommes « un seul et même peuple« , a-t-il affirmé.

Cependant, cette union, selon le président Chavez Frias, ne sera faite ni contre un individu, ni contre un pays. Mais elle est un passage obligé pour les pays en voie de développement pour dompter la pauvreté et le sous-développement. « Une grande union pour une grande victoire !« , a-t-il proféré.

Puis, le cortège s’est ébranlé vers l’hôtel Salam, où, aux environs de 4h du matin, le président vénézuélien a pris ses quartiers.

Le président de la république a alors offert un boubou et une calotte à son homologue vénézuélien avant de prendre congé de lui.

Après seulement quatre petites heures de récupération, le président Chavez Frias, avait rendez-vous à 9h au palais de Koulouba où un nouveau cérémonial d’accueil l’attendait.

Accompagné par le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, Hugo Chavez Frias, a été accueilli au Palais de Koulouba par le président Touré.

Après l’exécution des hymnes nationaux, les deux chefs d’État ont passé en revue les troupes et salué les corps constitués, puis ont eu un deuxième entretien en tête-à-tête.

Suite à cet entretien, les deux chefs d’état se sont rendus à la Banque malienne de solidarité, où ils ont été accueillis vers 10h par le ministre de l’Économie et des Finances, Abou-Bakar Traoré.

La Banque malienne de solidarité doit beaucoup au Venezuela. En effet, cette institution bancaire a pu prendre son envol, grâce aux 500 000 dollars (environ 275 millions de Fcfa) que le Venezuela a accordé à notre pays en vue de lutter contre la pauvreté, a confirmé le PDG de la BMS.

Le président vénézuélien s’est dit impressionné par les efforts de l’établissement dans la lutte contre la pauvreté, aussi, son pays allait accorder à cette banque, une ligne de crédit dont le montant ne se situera pas en dessous de 10 millions de dollars (environ 5,5 milliards de FCFA).

Cette nouvelle a été chaudement applaudie par la salle.
Afin de mener à bien son combat contre la pauvreté, promesse a été faite par le président Hugo Chavez que d’autres prêts seraient accordés par son pays au nôtre.

Pour le président vénézuélien, afin de développer avec plus de vigueur sa microfinance, le Mali peut s’inspirer de l’expérience du Venezuela qui a créé des milliers de banques populaires à travers tout le pays, afin d’aider les plus démunis.

Egalement, le Venezuela est intéressé par le pétrole malien. En effet, affirmation a été faite par le président vénézuélien, que son pays pouvait aider le Mali à exploiter ses gisements pétrolifères, sans exiger de lui une quelconque contrepartie.

Cependant, le Venezuela pose comme condition que le gouvernement malien crée une société nationale de pétrole.

Comportement des multinationales qui viennent piller les ressources des pays en développement, a été fustigé par le président Chavez Frias.

Et le président vénézuélien, d’affirmer, qu’il était temps, que nos pays « prennent leur indépendance économique et cessent de demander de l’aumône aux institutions financières internationales dont l’aide ne fait que les appauvrir« .

Hugo Chavez Frias, de décrier que « le capitalisme des superpuissances, au lieu de nous apporter du bonheur, nous conduit vers l’enfer« .

Suite à la visite de l’institution bancaire, les deux chefs d’État se sont rendus à Yirimadio afin d’y visiter les 1008 logements sociaux de ce quartier.

La population a réservé un accueil des plus chaleureux aux deux chefs d’états qui ont pris avec grand plaisir un bain de foule.

A Yirimadjo également, promesse a été faite par le président vénézuélien d’aider notre pays à construire d’autres maisons pour les pauvres.

La fourniture des matériaux et équipements de construction, sera assurée par le Venezuela. Aussi, demande a été faite par Hugo Chavez au président Touré, de baptiser les logements sociaux de Yirimadio « La cité bolivarienne« .

Demande, qui bien sûr, a été acceptée avec plaisir par le chef de l’état.

Suite à la visite des logements sociaux de Yirimadio, le président Touré et son illustre hôte ont regagné le Palais de Koulouba.

Durant la visite du président vénézuélien Hugo Chavez Frias dans notre pays la signature de trois accords de coopération entre le Mali et le Venezuela a eu lieu.

Le premier accord, concerne la suppression de visas pour les titulaires de passeports diplomatiques ou de service.

Le second accord est un mémorandum d’entente entre le ministère de l’Énergie et des Pétroles de la République Bolivarienne du Venezuela et le ministère des Mines, de l’Énergie et de l’Eau du Mali.

Quant au troisième accord, il porte sur un programme d’action entre l’Institut des hautes études diplomatiques « Petro Gual » du ministère des Relations extérieures de la République Bolivarienne du Venezuela et le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

Communiqué conjoint

A l’issue de la visite du président vénézuélien, un communiqué conjoint rendu public a été lu par Moctar Ouane, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

Selon le communiqué, la signature de ces accords vise à maintenir l’impulsion ainsi donnée à la coopération entre la République Bolivarienne du Venezuela et la République du Mali.

Au cours de leurs entretiens, les deux chefs d’État se sont félicités de l’excellence des relations d’amitié et de coopération existant entre la République Bolivarienne du Venezuela et la République du Mali, poursuit le texte.

Les deux chefs d’état se sont également réjouis de leur identité de vues sur toutes les questions et ont exprimé leur volonté de développer et d’intensifier la coopération entre les deux pays dans les domaines politique, économique, social, culturel et scientifique.

Ainsi, la prochaine session de la commission mixte de coopération se tiendra à Caracas au cours du premier trimestre de l’année 2007. Également, il est prévu la mise en place d’un mécanisme de suivi de ses recommandations.

L’initiative de Hugo Chavez Frias de créer un Bureau de la Banque de développement économique et social du Venezuela (BANDES) à Bamako pour appuyer les programmes de coopération en cours, a été saluée par le président Touré, selon le communiqué.

Face aux crises qui sévissent en Afrique, les deux chefs d’État ont exprimé leur profonde préoccupation, puis réaffirmé leur attachement à la démocratie, aux droits de l’homme et à l’état de droit, avant d’exprimer leur préoccupation face aux effets néfastes de la mondialisation sur les pays en développement, notamment sur les pays les moins avancées et de plaider pour un système commercial international plus juste, équitable, fondé sur des règles et non discriminatoire.

Concernant le renforcement de la coopération Sud-Sud, particulièrement la coopération entre l’Afrique et l’Amérique Latine, les deux parties tout en le soutenant, ont salué les initiatives du Brésil et du Nigeria en vue de la tenue prochaine à Abuja (Nigeria) du premier sommet Afrique-Amérique du Sud.

Selon le communiqué, la partie malienne a salué les propositions faites par le président Hugo Chavez Frias lors du VIIè sommet de l’Union africaine à Banjul en juillet dernier portant sur « l’institution d’un partenariat stratégique entre les pays du Sud à travers la création d’une commission du pétrole (PETROSUR), d’une compagnie de télévision du Sud (TELESUR), d’une banque du Sud et d’une université du Sud.

Les deux parties ont réaffirmé le rôle central des Nations unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationale et soulignent l’importance du multilatéralisme et du respect du droit international.

Efforts de l’Union africaine, des Nations unies et des organisations sous-régionales pour parvenir à un règlement pacifique et durable des crises, ont été salués par les deux parties.

Concernant la situation au Moyen-Orient, les deux chefs d’État ont condamné avec fermeté ces opérations militaires et exprimé leur solidarité agissante aux peuples libanais et palestiniens. Ils ont exprimé leur vive préoccupation face à l’escalade de la violence qui prévaut dans cette région, suite aux bombardements israéliens au Liban et en Palestine qui ont détruit d’importantes infrastructures et causé la mort de populations civiles innocentes.

Les deux chefs d’état, ont lancé un appel à la communauté internationale, au Quartette et au Conseil de sécurité des Nations unies et les ont invités à prendre d’urgence toutes les mesures visant à arrêter l’escalade de la violence et à créer les conditions propices à un règlement pacifique et négocié de la crise.

Nécessité de travailler sans relâche à la préservation et à la consolidation de la paix et de la sécurité indispensables à tout développement durable en Afrique, en Amérique Latine, aux Caraïbes et dans le reste du monde, a été soulignée par les deux chefs d’état.

Nécessité de reformer l’ONU en vue d’assurer la transparence et une large participation des États membres dans le processus décisionnel au sein de cette importante organisation, a été souligné par les deux parties.

Le Mali et le Venezuela partagent le même avis sur la nécessité d’un élargissement du Conseil de sécurité sur la base d’une répartition juste des sièges entre différentes régions géographiques du monde. Le Mali va appuyer la candidature du Venezuela pour un siège de membre non permanent du conseil de sécurité pour la période 2007-2008.

Egalement, indique le communiqué, le président Hugo Chavez Frias a remercié le président Touré et le peuple malien pour la chaleur de l’accueil qui a été réservée à lui et à sa délégation.

Puis, par finir, annonce le communiqué, le président vénézuélien a renouvelé au chef de l’État malien, l’invitation à effectuer une visite officielle au Venezuela ; invitation qui a été acceptée et dont la date sera convenue par voie diplomatique.

03 août 2006.