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L’ambassadeur de France au Mali, Christian Rouyer, a rendu hier, à la mi journée, une visite à l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) où il a été reçu par le directeur général Souleymane Drabo entouré pour la circonstance de certains directeurs techniques de l’Agence.

Le diplomate s’intéressait au fonctionnement de cette entreprise publique de presse notamment en cette période de crise au Mali. Pour lui permettre de s’imprégner de la diversité des activités de l’AMAP, Souleymane Drabo a fait visiter à son hôte les différentes divisions techniques de la structure. Ainsi, ils ont, tour à tour, parcouru la rédaction du Quotidien national, les bureaux de la publicité, l’imprimerie, l’agence de presse et la section photographique. Le diplomate s’est montré très intéressé par la nouveau site internet de l’Essor avant de visionner, à la section photos, des clichés numérisés d’événements datant d’avant l’indépendance.

Dans la salle de conférences, où l’ambassadeur a été reçu après ce rapide tour de maison, Souleymane Drabo lui a expliqué l’organisation de l’Amap, une agence qui possède quatre structures fonctionnant en synergie : les publications en langue française, les publications en langues nationales, l’agence de presse et la direction de la publicité. Elle entretient un réseau de correspondant régionaux et locaux qui remontent les informations de leur lieu de résidence au desk central. Il a souligné au passage le courage avec lequel ceux toujours en poste dans les régions occupées, s’acquittent de leur tâche avant de rappeler les reportages effectués par le Quotidien national l’Essor dans les camps de refugiés maliens au Burkina Faso et dans les villes occupées du septentrion.

L’ambassadeur français s’est dit impressionné par la précision et la concision du style du journal et s’est interrogé sur la marge de manœuvre d’un organe gouvernemental. Le journal, a répondu Souleymane Drabo, se fait un devoir de faire de l’information, de ne publier que des nouvelles vérifiées, recoupées quitte à être battu en vitesse pure. « Nous avons réussi à convaincre les autorités qu’on ne fait pas une automobile avec des roues carrées », a-t-il indiqué pour expliquer la nécessité pour un journal d’être crédible s’il veut être acheté et lu dans un contexte concurrentiel.

L’ambassadeur ne pouvait échapper aux questions : comment la France qui s’est portée en première ligne sur la question du Sahel, va-t-elle concilier sa promesse d’aider le Mali à récupérer son septentrion et la nécessité de libérer ses ressortissants retenus en otages dans le Sahara ? Christian Rouyer s’est référé au président François Hollande qui avait mentionné ces deux « devoirs » lors d’une récente interview. Il a admis que ce double impératif semblait difficilement conciliable. Mais « ne rien faire serait encore pire », a-t-il jugé en soulignant au passage le peu de cas souvent fait à la lutte contre le narcotrafic qui procure d’importantes ressources aux bandes armées.

Plus généralement, il a préconisé de continuer sans relâche à travailler à l’élection d’un régime de droit. « Il faut organiser des élections le plus tôt que possible, car c’est avec un pouvoir fort, démocratiquement élu qui bénéficie donc d’un appui populaire que des questions de fond comme la libération du Nord » peuvent être réglé, a dit en substance Christian Rouyer.

L’ambassadeur a suggéré l’organisation par l’AMAP, avec le concours de l’Institut français (ex CCF), d’une exposition photo sur un thème à définir qui toucherait à la fois le Mali et la France.

Y. DOUMBIA

L’Essor du 16 Octobre 2012