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Cap d’abord sur ce qu’on appelle également les “Etats-unis” de Bamako, le “Pont-ba-da”. Ce qu’on y trouve ? De la friperie à gogo ! Des pièces neuves et de tout genre pour une clientèle friande du “yougou-yougou”. De gauche à droite, de bas en haut,on ne sait où se donner de la tête au “pont ba-da”. Les prix varient entre 2500 à 1000 Fcfa. Une ambiance de gaieté; des cris des vendeurs ou des clientes s’empressant sur tel ou tel article, des négociations plus ou moins bruyantes…Les “Etats-Unis”de Bamako sont la place de tous les désirs vestimentaires et de toutes ambiances mondaines.

giffpreperie.gifSis à Missira 1, avant d’arriver sur les lieux situés dans un recoin de la place dudit “pont-ba-da”, il faut marcher environ 150 m avant de voir le hangar de paille ou le sanctuaire de la fripe de cette même place. Des petits kiosques de part et d’autres annoncent déjà le goût de ce qui nous attend au fin fond de cette place. Des robes, jupes, des jeans pantalons, des chemises, des hauts de tous les goûts, sont exposés de part et d’autres. Mais le plus intriguant reste au fond, sous un hangar presque délabré. Plus de 20 vendeurs de fripes s’y sont installés. Presque tous des dogons, ils proposent, chacun de son côté, des habits à une clientèle 100% féminine curieuse de voir

LA PIECE UNIQUE; Plus de 2 balles sont ouverts sous leurs pieds. Débout secouant leurs produits un à un, chacune est sûre de trouver son goût parmi cette pléthore de fripes.

Certains proposent des balles de pantalons, d’autres des robes , des chemises, des pyjamas…Tout y passe aux “Etats Unis”. Selon un vendeur, “ le prix des balles varient entre 50.000 à 100.000 fcfa. Cela dépend de la provenance et de la qualité du produit; c’est en fonction de cela que nous revendons aux clients ou à d’autres revendeurs.” Ainsi, les balles de pantalons sont entre 75.000 à 80.000 F CFA. Les robes environ 75.000 F CFA et les vestes qui sont les plus chères, coûtent environ 200 000 F FCA. Les fripes du “Pont ba-da” proviennent des Etats Unis, de la France ou des pays du Maghreb.

De la grande marque par terre

Ces habits ne sont pour la plupart jamais portés. Ils sont presque tous des fins de série des plus grandes marques du monde. Mango, Zara, Jennyfer, Etam etc…Des habits souvent avec leur étiquette d’origine. Mami kanouté, une cliente “ Avec ça plus besoin d’aller acheter dans le prêt à porter. Tous mes habits sont achetés ici. J’ai honte de l’avouer certes, mais c’est la vérité. on économise et on s’habille chic !”.

Le mythe qui entoure « la fripe »

Le mythe de l’habit déjà porté font de la friperie une manne peu valorisée. Pourtant les fripes sont pour la plupart des habits de grandes marques de fin de série très récente. Ce sont donc des habits à la mode. Pourquoi donc ce mythe continue à exister ? De surcroît, les habits de certains commerçants bien malins dans des boutiques “chics de bamako” sont souvent issus de la friperie des marchés mobiles du “Rail-da” ou de ceux du “pont-ba-da”. Savoir que quelqu’un s’habille du “yougou-yougou”, c’est toute un stratagème qui est mise en place pour discréditer cette personne dans le quartier. Ce qui explique cela, c’est bien sûr le prix très abordable de ces habits, du probable fait qu’ils aient été portés, du complexe de supériorité qui anime certaines âmes, pourtant “fripe-addict”.

A Bamako, s’est érigé des commerces de la fripe partout dans la ville. Tous connaissent, celles du “rail-da”. Entassés les uns sur les autres par terre, dans un marché complètement mobile et très criard, le prix variant souvent entre 300 à 25 FCFA. Car les balles importées sont peu chères. Elle coûtent entre 50.000 à 25.000 FCFA. Là bas c’est le marché de la friperie par excellence à Bamako après le “Soukouni Koura”.

giffpreperierouky.gifUne friperie pas comme les autres : le Cas de Rouky

Des friperies de luxe, un paradoxe, diront certains. Mais c’est aussi le nouveau créneau adopté par certaines boutiques bamakoises. Des prix un peu plus élevés que ceux des places susdites. C’est une clientèle avide de la fripe, mais de la fripe qui ne se reconnaît pas par l’odeur dès son achat. Ces magasins proposent des combinaisons vestimentaires devant la vitrine; chics et tendances pour une clientèle plus aisée.

C’est le cas de la “ Friperie prêt à porter” à Djélibougou de Madame NDAM Roukayatou dite Rouky. Elle s’approvisionne de l’Europe, notamment de la Belgique et de la France. Les pantalons et chemises coûtent environ 4000 FCFA et les robes 10 000 FCFA. Sa boutique offre du tout, à part les chaussures pour l’instant. Des articles pour bébé et nourrissons aux habits des plus grands. Un vaste choix de qualité est donc offert à sa nouvelle clientèle. Car Rouky a ouvert sa boutique spécialisée dans la friperie, il y a de cela 2 semaines. Et déjà, d’après elle, les clients, surtout de la gent féminine, raffolent de ces articles fin de série de très haute qualité. Pour l’aide

r à commercialiser ses articles, les réseaux sociaux sont des incontournables pour elle; en publiant certains articles qui sortent du lot. Chez elle, pas de complexe de la fripe, car les habits rivalisent très bien avec celle affichée devant les boutiques du grand marché rose.

C’est un secteur porteur en Afrique grâce à son moindre coût . Malgré le mythe qui circule autour du “yougou-yougou”, la fripe reste une bonne occasion pour ses commerçants qui y gagnent leur vie. Et pour sa clientèle, c’est pouvoir bien se saper sans se ruiner.

Aissata keita

Bamako, le 14 Décembre 2018

©AFRIBONE