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Le vandalisme qui est la manifestation des violences urbaines se fait à l’encontre de toutes les formes d’autorité, mais il touche aussi les particuliers, donc les biens publics et privés. Au Mali avec l’avènement de la démocratie, les actes de vandalisme ont évolué de façon exponentielle causant d’énormes préjudices à l’Etat et à des particuliers.

Le coût des dégâts avoisine 3 milliards de nos francs pour la période de 1991 à 2005 d’après le contrôleur général Boubacar Diouf, Directeur Régional de la Police du District de Bamako.

LES CONTOURS DU VANDALISME

Le vandalisme est fondamentalement un fléau de la démocratie. En Occident, il a alimenté et continue d’alimenter une littérature policière fort riche. A l’instar de la démocratie, il est assez récent au Mali. Il date de la fin des années 80. C’est un concept regroupant un ensemble de délits et de comportements dans les villes ou à leurs abords.

Ce phénomène est essentiellement urbain et on peut l’attribuer à une minorité d’individus, souvent des marginaux. De façon générale, les troubles se déclenchent sur la base d’une rumeur véhiculée par un jeune. Les facteurs explicatifs du passage à l’acte sont pour l’essentiel l’impulsivité, un manque de self-contrôle, une haine accumulée, un sentiment de frustration ou d’injustice, l’intolérance, un sentiment d’irresponsabilité dû à l’appartenance au groupe (risque augmenté par l’alcool et la toxicomanie), la primauté des instincts sur la raison, la férocité instinctive, la perte de capacité à réfléchir entre autres.

LES CONSEQUENCES DU VANDALISME SUR L’ECONOMIE MALIENNE

Les actes de vandalisme ont pour conséquences la destruction du tissu économique, l’accroissement de la méfiance des partenaires au développement, la réticence des investisseurs, le coup d’arrêt de la croissance, le ralentissement du développement, le crédit des forces de l’ordre mis à mal, l’amplification du sentiment d’insécurité au sein de la population, une atmosphère de soupçons, de manipulation et d’instrumentalisation.

L’état des lieux établi par les services de sécurité du Mali a permis de constater le gâchis financier des actes de vandalisme.

ENVIRON 3 MILLIARDS DE PERTE POUR LA PERIODE DE 1991 A 2005

De 1991 à 2005, l’Etat malien a perdu plus de 2,9 milliards de nos francs à la suite des actes de vandalisme. C’est ainsi que pendant les événements de janvier à mars 1991, le Groupe Achcar a perdu 630 622 882 F CFA, le Groupe Imacy 420 325 635 F CFA, et le Super Marché a été touché à hauteur de 147 562 092 F CFA.

Aux événements de 1991 s’ajoutent beaucoup d’autres actes de vandalisme qui se sont succédés jusqu’au 27 mars 2007 dont la somme totale s’élève à 2,9 milliards de F CFA.

L’IMPACT DU PHENOMENE SUR LE DEVELOPPEMENT DU PAYS

Les dégâts ainsi causés par les actes de vandalisme constituent assurément un manque à gagner énorme pour le pays à la fois en termes économique d’image de marque et surtout en terme de développement global.

En effet, pour un pays comme le Mali dont le développement dépend à 80% de l’aide extérieure, les dégâts des vandales risquent d’alourdir le fardeau de la Dette publique, de donner l’image d’un pays à haut risque, de dissuader les investisseurs et par-delà tout, d’annihiler les efforts de développement.

En plus, le vandalisme est une menace au processus démocratique dans la mesure où il peut entraîner une instabilité des institutions et fragiliser le climat de paix civile. C’est un recul pour la démocratie parce qu’il donne aux citoyens l’impression d’abandon et d’impuissance de l’Etat, un sentiment d’insécurité.

Il peut également jeter un discrédit sur les institutions, créer une rupture du lien social dont les retombées sur la cohésion sociale peuvent s’avérer graves.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

18 Mars 2008.