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La mobilisation populaire contre le pouvoir togolais a dégénéré en violences, faisant une centaine de blessés et au moins 7 morts cette semaine selon l’opposition. Après deux mois de tension entre le pouvoir et les manifestants, quelles sont les issues possibles à la crise? Rétablir le silence par la peur? Vendredi, la deuxième plus grande ville du pays située dans le centre, Sokodé, était une « ville fantôme », selon plusieurs sources. « Il n’y a plus une boutique d’ouverte à Sokodé, pas un service d’administration », confiait un habitant. « Depuis hier (jeudi), les militaires tirent à balle réelle, ils mènent des expéditions punitives dans les maisons », témoigne le représentant local de l’Alliance nationale pour le changement, Ouro Akpo Tchagnaou, ajoutant que la situation est similaire dans les villes du nord. Autre changement récent de stratégie du gouvernement pour rétablir l’ordre dans le pays: le déploiement de « miliciens » jusque dans la capitale Lomé, pour conduire des « bastonnades ». Ces hommes, habillés en civils, rappellent le temps du régime d’Eyadéma Gnassingbé (1967-2005). Le ministre de la Sécurité, le colonel Yark Damehame dément ces allégations, assurant que « les forces de l’ordre ne sont pas les seules à détenir des armes » et accusant directement les manifestants d’être responsables des violences. Les manifestations ont fait une douzaine de morts depuis deux mois (dont plusieurs mineurs et deux militaires lynchés par la foule), et près de deux cents blessés. Une solution diplomatique? Malgré cette escalade des violences, aucun chef d’Etat de la région ne s’est exprimé publiquement sur la crise togolaise. Le Guinéen Alpha Condé (actuel président de l’Union africaine) « a tenté de nous rencontrer, il a même envoyé son avion nous chercher, mais c’est à la veille de notre départ que les arrestations (d’opposants) ont commencé » en début de semaine, a déclaré l’opposant Tikpi Atchadam (PNP) sur Radio France Internationale (RFI) vendredi.AFP