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Alors que les juges constitutionnels examinent le dossier Jacob Zuma dans le fond, des incendies et pillages ont éclaté dans la province du Kwazulu Natal, fief de l’ancien président et dans d’autres localités du pays faisant une quarantaine de morts. Toute chose qui a obligé l’armée à prêter main forte à la Police.  Des scènes dont on se serait passé si Jacob Zuma n’avait pas voulu ruser avec la Justice. Les partisans de l’ancien président cherchent-ils à contraindre la Justice à libérer leur mentor ? Il y a des raisons de le penser ce d’autant qu’ils étaient opposés à son arrestation.  Sans leur dénier le droit de soutenir l’ex-chef du bras armé de l’ANC, ces croquants font fausse route car ce n’est pas par la violence qu’ils parviendront à libérer Zuma. Bien au contraire, ils pourraient même aggraver son sort.  En tout cas, ils rendraient plus service à l’ex-président en lui fournissant un collège d’avocats plutôt que de s’ériger eux-mêmes en ses défenseurs. Cela dit, Zuma gagnerait à appeler ses ouailles à la raison. Car, ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on fait baisser la fièvre. Du reste, c’est une piteuse image que Zuma et ses partisans envoient au reste du monde. L’Afrique du Sud n’a pas besoin de ça ! On le sait, la Nation arc-en-ciel traverse une zone de fortes turbulences sur le plan économique. On est d’ailleurs tenté de se demander si ce n’est pas la misère dans laquelle baignent de nombreux Sud-africains, qui pousse certains à se livrer à des scènes de pillages. Mais à qui la faute si l’Afrique du Sud n’arrive pas à nourrir et à soigner ses fils ? La réponse est évidente. Si les différents dirigeants qui se sont succédé à la tête de l’Etat, après Mandela, ne s’étaient pas livrés à la corruption, aux détournements de deniers publics, on n’en serait pas là. Ceux qui pillent et incendient, devraient plutôt rendre hommage à la Justice qui cherche à punir ceux qui sont à l’origine de leurs malheurs. Si Jacob Zuma a des déboires judiciaires aujourd’hui, il ne doit s’en prendre qu’à lui-même.

Force doit rester à la loi

La Justice ne se serait pas mise à ses trousses s’il était blanc comme neige. Mais voilà : poursuivi dans plusieurs affaires de détournement et de blanchiment d’argent, l’homme n’a jamais eu le moindre égard pour la Justice de son pays. Maintenant, il l’apprend à ses dépens qu’il avait tout faux. Zuma doit se rendre à l’évidence qu’on ne peut pas toujours échapper aux fourches caudines de la Justice surtout quand on traîne de nombreuses casseroles. Quant à l’attitude des partisans de Zuma, elle est d’autant plus déplorable que l’on ne peut pas défendre un homme qui a préféré se servir au lieu de servir la Nation. Bien au contraire, ce serait cautionner d’une certaine manière la mal gouvernance et cela n’est pas acceptable dans un Etat de droit. C’est pourquoi il faut saluer le déploiement de l’armée pour stopper cette violence dont les conséquences pourraient être dramatiques pour le pays. Dans ce contexte de résurgence de la pandémie du Covid-19, le désordre ne pourrait qu’aggraver la situation sanitaire du pays.  C’est dire  s’il est temps que les partisans de Zuma se ressaisissent. En tout cas, c’est ce que leur demande le président Cyril Ramaphosa. Mais sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr. En tous les cas, force doit rester à la loi. Comment un ancien chef d’Etat peut-il instrumentaliser de pauvres citoyens dont il a été incapable d’améliorer le quotidien pour défendre sa cause à travers des actes de  violence ?  Zuma doit payer pour ses nombreux crimes économiques et autres pratiques aux antipodes de la probité. En tout état de cause, la Justice sud-africaine joue sa crédibilité. Elle ne doit pas se laisser dicter sa conduite par les partisans de Zuma. Elle doit se montrer intraitable en disant le droit, rien que le droit. Si Zuma mérite d’être relaxé, qu’il le soit mais s’il mérite aussi sa condamnation de 15 mois, qu’il soit maintenu dans les liens de la détention.   

Dabadi ZOUMBARA

Source: Lepays.bf