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Le bilan provisoire de plus de deux jours de violences inter-ethniques dans le sud-est de la Guinée s’est brusquement alourdi mercredi avec 54 corps identifiés et des dizaines d’autres encore non comptabilisés. Mardi, le porte-parole du gouvernement avait fait état d’au moins 16 tués et 80 blessés. Le médecin de N’Zérékoré nous a indiqué ne pas être en mesure de préciser de bilan global. Le porte-parole de l’opposition, Aboubacar Sylla, a appelé à « une véritable politique de réconciliation entre les communautés » dans ces régions, frontalières du Liberia et de la Côte d’Ivoire. « L’État doit assumer ses responsabilités et ramener le calme. Il doit restaurer son autorité », nous a-t-il dit. A N’Zérékoré, « un calme précaire règne, on sent une petite détente » et contrairement aux dernières 48 heures durant lesquelles la plupart des habitants s’étaient calfeutrés chez eux, les rues étaient animées mercredi, a affirmé un résident contacté par téléphone depuis Conakry. Dans une déclaration à la Nation mardi, le président guinéen Alpha Condé avait exhorté les populations au calme et affirmé que « toutes les dispositions » avaient été prises « pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens ». Pour tenter de ramener le calme en Guinée forestière, le gouvernement y avait dépêché deux hauts responsables militaires originaires de la région et appartenant aux deux ethnies rivales. AFP.