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La Haute Cour de Londres a accordé vendredi à trois Kényans le droit de poursuivre la Grande-Bretagne pour des crimes commis à leur encontre il y a plus de 50 ans, lors de la féroce répression de la révolte des Mau-Mau par les autorités britanniques. Le juge Richard McCombe a estimé « qu’un procès équitable restait possible » en raison de la présence de « preuves pertinentes », donnant ainsi tort au gouvernement britannique qui réclamait la prescription des faits. La femme et les deux hommes âgés de 60 à 70 ans –Jane Muthoni Mara, Paulo Muoka Nzili et Wambugu Wa Nyingi– affirment avoir été torturés et victimes d’abus sexuels alors qu’ils étaient en détention dans un camp britannique. Ils avaient gagné une première manche devant la justice britannique l’an dernier, lorsque cette dernière avait jugé recevable leurs plaintes en vue d’obtenir des compensations et des excuses. Le Foreign Office avait admis l’existence de tortures mais avait saisi la Haute Cour en juillet 2012, faisant valoir qu’un procès ne saurait se dérouler plus d’un demi-siècle après les faits, en raison de la disparition de nombreux témoins et pièces à conviction. La répression de la révolte des Mau-Mau a fait entre 1952 et 1960 plus de 10.000 morts. AFP