Partager

La brutale répression policière lundi de manifestations interdites à Tunis marque « un point de non retour », estiment société civile et militants tunisiens, face à des autorités qui martèlent la nécessité de respecter la loi et renvoient dos à dos policiers et manifestants. « On est tous en ébullition, ce qui s’est passé est horrible et un point de non retour a été franchi ». « Voir des personnalités éminentes, des responsables de mouvements, traités de la sorte est inconcevable », nous a déclaré Sadoua Elleuch, une responsable du réseau Doustourna, un mouvement de la société civile. Leur syndicat a d’ailleurs appelé lundi les journalistes à boycotter pendant une semaine les activités du ministre de l’Intérieur, Ali Larayedh. Face à l’indignation, et aux photos et vidéos de brutalités policières qui tournent en boucle sur internet, le gouvernement et le parti islamiste Ennahda sont restés de marbre. Le ministère de l’Intérieur a réitéré l’illégalité de la manifestation –l’avenue Bourguiba étant interdite aux rassemblements depuis le 28 mars– et accusé les manifestants d’avoir délibérément enfreint la loi. AFP.