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Aujourd’hui, l’espace scolaire vibre au rythme de la violence à tel point que le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Synesup) a menacé de décréter une grève illimitée qui commence normalement demain. Dans le prolongement de cette logique, le Conseil de l’université de Bamako a dénoncé la violence tout en mettant les autorités face à leurs responsabilités.

Le fait que l’école malienne soit transformée en une scène de violences n’ayant rien à envier à une « théâtre d’opérations militaires ». Ce n’est pas du tout du goût de l’administration de l’Université de Bamako.

Réunis en conseil restreint de l’université, les doyens des Facultés et les responsables des grandes écoles ont, avec le recteur, Mme Siby Ginette Bellegarde, d’abord fait le point des « actes barbares » enregistrés ces derniers temps au niveau de l’Université de Bamako.

Les actes de vandalisme dont les enseignants sont maintenant la cible ont été jugés « inacceptables et excessives ».

Au nombre de ceux-ci, il y a l’incendie « volontaire » qui a endommagé le domicile du doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques (FSJP), professeur Harouna Dembélé, et perpétré par des étudiants recalés mécontents de leurs résultats.

La maison du doyen de la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash) était aussi visée par les assaillants. Le secrétaire général du Syndicat national de l’enseignement supérieur, Dr. Abdou Mallé, avait même martelé, que « nous sommes agressés dans les lieux de travail, dans les rues, des membres de nos familles sont menacés puis violentés. Les locaux de certains établissements sont saccagés ou incendiés… Nous ne pouvons plus supporter cette situation qui n’a que trop duré. L’Etat doit s’assumer ».

Comme si c’était pour montrer que l’insécurité à l’école est grandissante et que le fléau existe bien, des étudiants manu militari et se réclamant de la FSJP ont « fait irruption » dans la salle de réunion du Conseil de l’université alors que les administrateurs étaient en pleins travaux.

Ces Ninja « enturbannés » ont sommé de voir Mme le recteur avant qu’il « ne leur soit indiqué de s’adresser d’abord au secrétariat et que Mme le recteur ne bougerait pas » . Déçus, les brigands, tout en menaçant de perpétrer des représailles sur le domicile du recteur, auraient dit que, « ça ne se passerait pas comme ça ».

« Des policiers fautifs »

Le Conseil restreint de l’université s’est aussi penché sur l’insécurité des étudiants non seulement aux alentours des salles de classe mais surtout dans les internats, lieux où circulent librement des « armes à feu » et où existent des « salles de torture ».

L’endroit appelé « Elysée » par les étudiants en est la parfaite illustration. La responsabilité des policiers chargés de sécuriser les lieux n’a pas été occultée par les administrateurs étant donné que certains parmi les forces de l’ordre sont étudiants dans certaines Facultés.

A en croire des intervenants au cours du conseil, « de nombreux porteurs d’uniforme qui sont étudiants à la FSJP et à la FSEG ne sont pas admissibles » . Une situation, qui, pour eux, a motivé leur « sabotage des consignes de sécurité ».

C’est fort de tout cela que le Conseil a adopté des recommandations à transmettre aux autorités. Un accent particulier a été mis sur l’implication des autorités publiques dans la sécurisation de l’espace scolaire.

Ces propositions vont du renforcement de la sécurité des établissements et des familles des dirigeants de l’Université de Bamako à l’application stricte des textes et à la moralisation des acteurs de l’université à travers des actions de sensibilisation en passant par la prise de sanctions disciplinaires à l’endroit des fauteurs de trouble, de tous les étudiants violents.

Aux yeux de beaucoup d’observateurs, c’est ce dernier point qui a envenimé la situation dans la mesure où il n’y a point de répressions après les actes de vandalisme.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

25 février 2008.