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La violence dans les stades de football de Bamako a atteint des proportions inquiétantes. Le pire est à craindre si par malheur les acteurs du milieu sportif laissaient le champ libre à cette nouvelle race de hooligans qui envahissent nos stades.

En effet, les matches au niveau de Bamako donnent de plus en plus lieu à des scènes de violences verbales et/ou physiques à la foi condamnables et regrettables. Les supporters, souvent remontés contre les décisions d’arbitrages et/ou des décisions des responsables des instances de gestion du football, deviennent agressifs. Leur comportement abouti par moment à l’arrêt d’une rencontre comme lors de la coupe du Maire jouée le 6 septembre dernier.

Ce jour, les supporters djolibistes, contestant les décisions de l’arbitre Boubou Traoré, se sont manifestés par des jets de projectiles qui n’ont même pas épargné le Maire du District Adama Sangaré. La déception fut grande pour le président de la ligue qui ne cache pas son appartenance au Djoliba AC.

Et conformément au règlement de la compétition, la coupe est revenue de droit au Stade malien, l’adversaire du jour du Djoliba. La ligue a décidé d’infliger une amende de 500.000 FCFA à l’équipe de Hèrèmakono. Et deux supporters du club ont été suspendus pour une et deux saisons.

Cet incident aurait pu être anodin, car les djolibistes sont habitués à de tels comportements de hooliganisme. Seulement, voila : la tension n’a cessé de monter à partir du carré d’AS championnat du district de Bamako. Au cours de cette compétition, certains responsables de la ligue de Bamako ont failli à leur devoir de réserve.

Le comble : ces responsables, dans leur élan de chauvinisme, se permettaient de manifester devant les buts de leur équipe favorite. Plus, les litiges qui ont suivi ont été mal tranchés. convaincu du bien fondé des arguments de l’AS Police, la ligue de Bamako a, contre vents et marées, tranché en faveur de la JA.

En outre, au motif que les policiers ont porté l’affaire devant un tribunal de droit commun, l’AS Police a été suspendue pour 3 saisons de toutes les compétitions de la ligue de Bamako. La même sanction a été infligée à Flèche noire de Sanankoroba « coupable » d’avoir organisé une marche pacifique sur Malifoot pour être remis dans ses droits par rapport à la Jeanne d’Arc lors du tournoi de montée en Ligue 1.

Ces deux suspensions ont été mal perçues dans certains milieux où l’on croit dur que la JA est un club protégé, voir super protégé, tant au niveau de la ligue qu’à celui de la fédération. Dès lors les plus avertis se sont inquiétés de l’atmosphère délétère qui tend à s’installer dans le milieu du football surtout du fait des responsables de la ligue et de Malifoot.

Lors du match USFAS- Stade comptant pour les quarts de finale de la coupe BDM-SA, des supporters stadistes excédés par l’arbitrage ont choisi de déverser leur colère sur les responsables de la ligue. Le président Boubacar Monzon Traoré soupçonné d’avoir joué un rôle dans le transfert de joueurs en faveur du Djoliba AC (son club) et la montée de JA en première division, était la cible des excités qui l’ont copieusement insulté.

Le même jour le président de la JA a été verbalement attaqué par les mêmes supporters. Quelque jours plus tard, la ligue a pris la décision d’infliger une suspension d’une année à deux des supporters reconnus du Stade malien qui est également condamné au paiement de 500.000 FCFA. Cette décision n’a alors fait qu’amplifier la tension.

Le match suivant, le président de la ligue était encore pris à partie par des supporters qui contestaient la décision de la ligue. Cette sanction de la ligue a été d’autant mal perçue que le lendemain des événements, le président Mahamadou Samaké a fustigé le comportement de certains de ces supporters en assemblée générale du club.

Au delà de ces agressions verbales sur le président de la ligue, la tension reste vive entre le Djoliba et le COB au sujet de l’affaire Amadou Sidibé. Par ailleurs, le président de l’ASKO, Makan Kéita, a été physiquement agressé par les supporters du Réal. Même si les deux équipes ont épongé le différend, le précédent est fâcheux.

Après tous ces événements, l’implication des responsables à tous les niveaux du football malien est souhaitable. Leur implication devra avoir pour objectif de ramener le calme dans le milieu. Ce calme passerait par une réconciliation générale qui se ferait sur des bases claires ; avec le règlement dans la transparence et l’équité de tous les litiges, source de tension inutile entre les supporters. Si la FEMAFOOT est disposée à revoir la suspension de l’équipe de Sanankoroba, il semble que la ligue pose déjà des préalables à la levée de la suspension de l’AS Police.

Aux responsables policiers, la ligue demande d’adresser une demande de clémence. Ceux-ci ne semblent pas décider à agir dans ce sens car convaincus de la justesse de leur démarche. Malgré tout, l’implication de personnalités influentes du milieu sportif en général, pourrait débloquer la situation et de rabaisser la tension.

SOULEYMANE DIALLO

03 Novembre 2008