Partager

A Markala (ville située en zone Office du Niger), c’est le Maire et le Sous-Préfet qui disposent, bien que ce soit la justice malienne qui propose. Ainsi pourrait-on résumer la situation qui prévaut, depuis quelques temps, dans cette localité du pays.

En effet, à travers leur acte, ces deux autorités de la localité, devenues complices, ont comme “planté un coup de couteau dans l’oeil” de l’école. Aussi, pour la population en général, et les élèves et étudiants de la localité, en particulier, l’acte en soi constitue un mépris envers la justice du pays. Et le problème est d’autant plus sérieux qu’une véritable riposte est en train d’être préparée par lesdits élèves et étudiants.

Rappelons qu’à plusieurs reprises, la localité de Markala a connu des échauffourées entre scolaires et forces de l’ordre, et qui avaient enregistré plusieurs victimes. Tout cela avait été entretenu par le Maire et le Sous-Préfet, dit-on à Markala.

A Markala, le problème est considéré, par maints habitants, comme le plus gros scandale dans lequel une autorité politique et une autorité administrative se soient illustrées en s’en rendant tout aussi coupables. Cela est d’autant plus vrai que l’affaire ne cesse de connaître des rebondissements. D’ailleurs, ses épisodes devant les autorités judiciaires en disent beaucoup sur le caractère profond du dossier. Un dossier que le Maire et son complice (le Sous-Préfet) veulent à tout prix gérer politiquement, soutiennent certains habitants des lieux.

Est-ce à dire que dans cette affaire, tout démontre que le Maire de Markala tient à défier la justice malienne? Si oui, dans quel Etat de droit sommes-nous alors? Le Président de la République, le Gouvernement et les acteurs de la justice n’ont-ils pas tous prôné le renouveau de l’action publique?…

Au moment même où le Gouvernement se sacrifie en donnant le meilleur de lui-même pour l’Ecole malienne, il est tout à fait regrettable de constater que certains citoyens, de surcroît des responsables, se rendent coupables d’actes de sabotage de cette même École. Car ce qui se passe actuellement à Markala est d’autant plus navrant qu’il met en cause deux responsables politique et administratif.


De quoi s’agit-il?

Il s’agit d’un scandale foncier tel que raconté à Markala et ses environs. Pour le développement de la Commune et la création d’emplois, le promoteur du Centre de Formation Professionnelle et Artisanale (CFPA) de Koutiala, M. Toumani Sackho, a voulu implanter un centre du même genree et sous le sigle CFPA à Markala. Ledit promoteur est détenteur d’une décision N° 11 DM du 24 Octobre 2001 l’attribuant une parcelle de quatre hectares, avec une autorisation de construire et doublée d’une autorisation de la Mairie de Markala en date du 11 Novembre 2001.

Le promoteur Sackho construisit alors cinq salles de classe, une direction et un logement pour gardien. A l’ouverture de ses classes, l’initiative de Sackho fera tâche d’huile. Et depuis lors, cette école fait l’objet de tous les commentaires dans toutes les contrées de la quatrième région. Aussi, depuis cinq ans, le ministère de l’Education y oriente des élèves admis au Diplôme d’Etudes Fondamentales (DEF).

Il faut signaler en rappelant que ce centre de formation qui a ouvert ses portes à Markala est la seule école de la Commune connue pour ses exploits dans les différents examens auxquels ses candidats ont participé. En effet, en 2007-2008, ce centre à enregistré un record de réussite de 68% toutes séries confondues : Technique comptable, Secrétariat de direction, Dessin bâtiment, Mécanique-auto, filière Aide-comptable… Seize enseignants, dont onze permanents, offrent leurs services dans cet établissement qui se charge de la formation de cadres moyens pour le pays.

Mais le 25 Août 2003, à la grande surprise du promoteur, le Sous-Préfet de la Commune remet en question ladite décision N°11 DM du 24 Octobre 2001 qui, rappelons-le, attribue la parcelle au dit promoteur qui l’a déjà occupée, en construisant ladite école.

Et contre toute attente, le Sous-Préfet, en complicité avec la Mairie (en dépit de ladite autorisation de la Mairie de Markala en date du 11 Novembre 2001) procédera au morcellement du terrain et à sa vente à des particuliers qui y ont tout de suite érigé des maisons à usage d’habitation.

Croyant en la justice de son pays, le sieur Toumani Sackho décide alors d’attaquer la décision du Sous-Préfet devant le Tribunal administratif qui procédera, à travers le jugement N° 175 du 13 Septembre 2006, à l’annulation de la décision du Sous-Préfet, tout en déclarant que la décision N°11 DM du 24 Octobre 2001 prend effet.

Mais le Maire s’y oppose et conteste par un pourvoi en cassation. Après avoir rassemblé tous les documents nécessaires, la Section administrative de la Cour Suprême, à traves un Arrêt rendu le 19 Juillet 2007, rejette ledit pourvoi, confirmant ainsi le jugement du Tribunal administratif.


La croix et la bannière

Les malheurs du pauvre promoteur commenceront tout juste après le rejet du pourvoi du Maire qui oppose un refus catégorique à l’exécution de la grosse de jugement et du Tribunal administratif, et de la Cour Suprême. Toute chose qui a nécessité plus de dix mois de démarches au promoteur. A jusqu’à présent, l’application de la grosse demandée par lui se bute à une opposition et reste sans succès.

Le comble du paradoxe, c’est que le vendredi 19 Décembre 2008, à la grande surprise des parents d’élèves, du CGS des élèves et des enseignants, le Juge de Paix de Markala ordonnera… le déguerpissement de l’établissement dudit site. Ce qui soulèvera alors un tollé unanime au sein de la population. Et une véritable marée humaine déferlera en direction des autorités de la ville. Pour les habitants, c’était la façon la plus appropriée pour crier leur ras-le-bol, car selon eux, “trop, c’est trop“.

Pour ce problème, l’ensemble des élèves du lycée de Markala étaient sortis pour manifester leur colère contre cette injustice. Aujourd’hui encore, la tension reste perseptible. Et le Gouverneur de la région, M. Abou Sow, n’est pas sans être au courant de cette situation, entend-on dire bien des habitants. Car pour le même problème, il aurait fait un déplacement à Markala pour savoir ce qui s’y passe réellement.

Aujourd’hui, tout le monde reste sur ses gardes, sinon sur le qui-vive, en raison d’une riposte que les élèves auraient décidé d’organiser. Mais une question mérite d’être posée : le Maire et le Sous-Préfet de Markala sont-ils au dessus de la loi, pour ne pas respecter l’exécution d’une décision de justice, notamment l’application de la grosse de jugement détenue par le promoteur de ladite l’école?…

En tout cas, l’attitude de ces deux autorités (le Maire et le Sous-Préfet) peut être interprétée comme un défi lancé à l’endroit de la justice du pays. Dans ce cas, que compte dire au faire le Gouverneur de la région, pour une solution définitive à ce problème qui préoccupe tout le monde à Markala?…

Laya DIARRA

23 Décembre 2008