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La cérémonie d’ouverture était placée sous la présidence du ministre de la Culture, Cheick Oumar Cissoko. Organisé par l’Ucecao (l’Union des créateurs et entrepreneurs de cinéma et de l’audiovisuel de l’Afrique de l’Ouest), le festival de Nyamina a drainé une foule nombreuse dont des acteurs du développement durable, des chercheurs, des historiens et des responsables de caisses Kondo Jigima.

La problématique du système éducatif à Nyamina (impact de l’école classique, scolarisation des jeunes filles, problématique des écoles coraniques et alphabétisation fonctionnelle), information sur la micro-finance, les questions de préservation et de protection de l’environnement, le développement du tourisme à Nyamina ont été au centre des débats tout au long du festival

S’agissant du système éducatif, il a été question de trouver les moyens favorisant la scolarisation des jeunes en général et des filles en particulier, de redynamiser le système en mettant en exergue la nécessité de transformer les écoles coraniques en medersas afin que celles-ci puissent servir de tremplin aux études supérieures.

« Il nous faut vulgariser et intensifier l’alphabétisation fonctionnelle afin d’amener les paysans à être maîtres d’eux-mêmes dans le cadre de la bonne marche de leurs activités« , a dit Bourama Sacko, maire de la Commune de Nyamina.

Interpellation sur le fleuve

Sur la micro-finance, les organisateurs ont prôné la relance des activités économiques et lucratives à Nyamina en donnant l’opportunité aux paysans, leaders religieux et à toute la population d’accéder au crédit.

« Après des études de faisabilité, nous pensons que Nyamina est une bonne destination. Nous allons voir avec les autorités communales comment installer très rapidement une caisse d’épargne Kondo jiguima qui puisse permettre aux habitants de développer des activités génératrices de revenus« , a promis le directeur général de Kondo Jigima, Ousmane Traoré.

La protection de l’environnement a occupé une place de choix au cours du festival. Le député élu à Koulikoro et natif de Nyamina en a profité pour tirer la sonnette d’alarme. Pour lui, la dégradation de la berge de Nyamina a atteint son paroxysme.

« Le fleuve constitue aujourd’hui pour nous une menace. A chaque crue, ce sont des portions importantes qui sont emportées par les eaux« , a déploré l’honorable Kissima Mangané pour qui, la réfection de la berge dépasse largement les capacités de la population de Nyamina.

« Il faut que les autorités nationales, les partenaires au développement et les autorités communales se donnent la main pour prendre le problème à bras le corps« , a-t-il suggéré. Aussi la préservation de la faune, de la flore et du sol a-t-elle été évoquée.

La 3e édition du festival Nyamina Sory, comme on le voit, a été consacrée au développement durable. Le festival a pris fin par la lecture du Coran et la pose de la première pierre du Mausolée « Nyamina Sory ».
Idrissa Sako (envoyé spécial)

Qui était Nyamina Sory ?

Enfant prodige ou enfant sacré, Sory Cissé, piqué par le virus de l’enseignement, quitta ses parents à Bamako Bozola à bas âge pour regagner Nyamina la ville de ses ancêtres.

Là-bas, il s’attela à l’apprentissage du Coran et devint un érudit. Adulé par tous, Sory devait retourner à Bozola au grand dam de ses maîtres et condisciples. Malheureusement, cet enfant que d’aucuns qualifient de saint ne reverra plus jamais ses parents. Il n’avait que 16 ans.

Comme pour confirmer sa sainteté, le corps de Sory fut retrouvé intact dans sa tombe 18 ans après son inhumation.

Nyamina Sory restera vivace dans la conscience de tout Nyamina et sa mort a fini par relancer le processus de développement de cette ville dont l’histoire est racontée dans chaque foyer de Nyamina.

La saga de Sory Cissé sera bientôt portée à l’écran par la volonté de l’excellent cinéaste Souleymane Cissé.

I. S.

13 décembre 2005.