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Depuis la découverte de la maladie en 1981, plus de 40 millions d’individus ont été infectés et 25 millions en sont morts, 70% sont des Africains. En 2005, le Sida a fait 2,4 millions morts et 3,2 millions de nouvelles infections. Le continent africain est le plus touché par cette pernicieuse maladie, particulièrement ravageuse pour l’espèce humaine, destructive pour les fondements du développement.

Ses effets ravageurs y ont trouvé un terreau favorable. En effet, une vieille tradition à la vie dure, propre à l’anthropologie sociale et culturelle africaine, elle prône la multiplication du nombre d’enfants, spécialement dans les campagnes, rime avec une main d’oeuvre nombreuse, une puissante force de travail, des récoltes abondantes. Cela signifie naturellement richesse et prospérité pour la famille, voire pour le village.

Le sida affecte les bras valides

L’abondance de récoltes ou d’autres formes de richesses s’accompagne aussi pour les individus comme pour les villages, d’une solidarité plus marquée. On vient en aide aux proches parents, à ceux qui n’ont pu cultiver pour diverses raisons, ceux dont les cultures n’ont pas réussi et souvent même dans les villages voisins ayant rencontré des difficultés au cours d’une saison.

Il se trouve que le sida frappe précisément et davantage dans la tranche d’âge constituée par cette force de travail sur laquelle tous les espoirs de la famille africaine reposent pour une bonne semence, une bonne culture, une récolte abondante. Ainsi, en décimant la jeunesse des campagnes, la maladie diminue du coup les bras valides, érode les richesses familiales, provoque l’insécurité alimentaire et la famine.

Les conséquences sociales

Ce faisant, elle accroit le dénuement, brise la chaîne traditionnelle de solidarité africaine (une valeur sociétale cardinale) et met en lambeaux le tissu social.
Sérieuse menace à la sécurité humaine, le sida est, sur le continent africain, une terrible arme de déshumanisation, d’extermination et d’aggravation de la pauvreté et du sous-développement.

L’Afrique, avec ses 900 millions d’habitants, ses 60% de jeunes de moins de 25 ans, ses 52% de femmes et ses 75% de ruraux, paraît un peu chaque jour comme tétanisée par un chômage endémique, assommée par la pauvreté, ravagée par les conflits communautaires et les guerres.

Elle paraît également comme décimée par les épidemies et les pandémies, vide de son intelligentsia et de sa force de travail par la <<fuite des cerveaux>> et la « migration clandestine>>, menacée dans sa vie morale et spirituelle par les invasions culturelles, l’acculturation, condamnée au sous-développement.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

26 Août 2008