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L’adhésion de la Syniatha (Section nationale des revendeurs de pain du Mali), les problèmes liés à la livraison du pain, la stabilisation du prix, etc. ont été entre autres questions débattues lors de la rencontre entre les livreurs de pain. C’était le samedi dernier à la bourse de travail.

Les livreurs de pain s’inquiètent de jour en jour de leur sort. La semaine dernière, un blocus a été organisé par les boulangers en Commune V et VI. Le pain n’était plus acheminé dans les boutiques par les livreurs. Et, les boulangers avaient demandé à chaque consommateur de se rendre dans les boulangeries pour payer sa dotation. Mais cette situation ne durera pas longtemps.

Une crise de pain au niveau des populations en Commune V et VI s’annonçait. Pendant 2 jours les populations desdites communes ont enduré une pénurie. Cette situation a incité les revendeurs de pain à provoquer une assemblée générale.

Pour ces travailleurs de la filière pain, ils sont exploités et n’ont aucun droit, car personne d’entre eux n’est inscrit à l’INPS. Aussi, ils ont évoqué les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Les livreurs de pain sont souvent attaqués par les bandits et sont victimes de trop d’accidents de circulation.

Malgré l’effort et le rôle qu’ils jouent dans la lutte contre la pauvreté, ils ne bénéficient d’aucune attention des autorités. C’est pour mettre un frein à l’anarchie dans cette profession qu’un syndicat a été mis sur les fonts baptismaux. Ce syndicat appelé désormais SYNIATHA (Section nationale des revendeurs de pain du Mali) milite désormais auprès de l’UNTM.

Le secrétaire général dudit syndicat Hama Ousmane Touré se dit désormais décidé à organiser la profession.


Les griefs des livreurs

Selon le secrétaire général et de nombreux militants de la Syniatha, les boulangers ont l’intention de diminuer la commission que les livreurs gagnent sur le pain. Les livreurs estiment que cela n’est pas normal quant on sait qu’aujourd’hui le prix de la farine a baissé. Autrefois, la farine était vendue à 24 000 F Cfa chez Achkar et à Grand Dakar à 26 000 F Cfa. Aujourd’hui, ce prix a chuté, il est à 19 000 F Cfa chez le 1er et 24 000 F Cfa le second. Malgré cet état de fait, les boulangers n’ont jamais diminué le prix du pain. Et, ces mêmes employés veulent spolier les revendeurs de leurs dûs.

A en croire les différents intervenants, les livreurs font rentrer 5,100 millions de F Cfa par mois, plus de 61,200 millions par an.

Selon le secrétaire général Hama Ousmane Touré, beaucoup de jeunes commencent à s’intéresser à la profession.

C’est une filière qui peut lutter contre le chômage et la pauvreté car plus de 8028 livreurs sont aujourd’hui à Bamako. Ainsi, le secrétaire général dira que les autorités doivent encore accorder plus d’attention aux livreurs. Une convention est nécessaire entre les livreurs et les boulangers quant on sait que c’est un travail à la chaîne.

Ceci permettra d’instaurer des échanges entre employeurs et employés et d’éviter la spéculation sur les prix, la fraude tout en protégeant aussi l’intérêt du consommateur. Le 25 avril prochain, la section nationale procédera à l’élargissement de son bureau à travers toutes les communes de Bamako.


Fakara Faïnké

24 Mars 2009