Partager

En répondant aux critères d’éligibilité au financement public des partis politiques, le MPR, l’URD, l’UFD, le RDR et le Mplus/Ramata ont prouvé à l’opinion le sérieux qu’ils mettent dans le travail politique.

Pour bénéficier du financement public pour leurs activités, les partis politiques, selon la loi n°05-047 du 18 août 2005 portant charte des partis politiques, doivent répondre à des critères, notamment la tenue régulière d’une comptabilité et l’inventaire de ses biens meubles et immeubles.

De plus, les partis politiques sont tenus de déposer, au plus tard le 31 mars de chaque année, leurs comptes annuels de l’exercice précédent auprès de la Section des comptes de la Cour suprême, etc.

Il faut dire que les partis politiques bénéficient d’une aide financière de l’Etat inscrite au budget de l’Etat à raison de 0,25 % des recettes fiscales de l’année antérieure.

Le montant annuel des crédits affectés au financement est divisé en 4 fractions : la première fraction égale à 15 % des crédits est destinée à financer les partis ayant participé aux dernières élections générales, législatives ou communales ; la deuxième, égale à 40 % des crédits, finance les partis politiques proportionnellement au nombre des députés.

Une troisième tranche fraction égale à 35 % des crédits est destinée à financer les partis politiques proportionnellement au nombre des conseillers communaux. Et une 4e fraction (10 %) des crédits est partagé entre les partis politiques proportionnellement au nombre des femmes élues à raison de 5 % pour les députés et 5 % pour les conseillères communales.

Cette année, les partis politiques qui ont été déclarés officiellement éligibles à ces différentes subventions sont au nombre de cinq : le MPR, l’UFD, l’URD, le RDR et le Mplus/Ramata. Bien que les autres formations politiques n’aient pas répondu aux critères d’éligibilité, il a été décidé de partager entre elles le reliquat qui devait normalement être reversé au Trésor public. Toujours est-il qu’en répondant aux critères édictés par la loi, les cinq partis ont prouvé aux yeux de l’opinion le sérieux et la rigueur qui les caractérisent.

Avec un peu plus de 33 millions de F CFA tombés dans l’escarcelle de l’Union des forces démocratiques (UFD) pour avoir satisfait aux conditions d’éligibilité, son président, Siaka Diarra estime que l’aide publique aux partis est importante pour la vie des partis politiques.

« Cet apport permet aux partis d’être mieux organisés pour un fonctionnement digne de ce nom. Pour bénéficier de la subvention, c’est une question de textes qu’il faut nécessairement respecter. Ce n’est pas chose aisée car il faut se conformer à beaucoup de paramètres : déposer le dossier avant le 31 mars, avoir un siège différent du domicile, le respect de la tenue des instances statutaires du parti, avoir un compte bancaire au nom du parti, un document comptable fiable. En un mot, il faut se conformer aux dispositions de la charte des partis politiques. En réalité, c’est un travail mesquin qui exige beaucoup de gymnastique en matière de comptabilité matière » , explique le président du parti UFD créé dans la clandestinité par Me Demba Diallo (paix à son âme) en 1970.

Maintenir le cap

Grand parti politique par principe, aux dires de Siaka Diarra, l’UFD dispose des documents qui attestent de la moralité de ses comptes. Se prononçant sur la gestion qui sera faite de l’aide, le président de l’UFD répond : « C’est le CE qui est l’instance de décisions et c’est lui qui programme le budget prévisionnel. Les fonds à l’UFD ont toujours été utilisés conformément au budget prévisionnel du parti. Ce n’est pas toujours facile de dire que l’argent est suffisant. Le montant mis à notre disposition va permettre à l’UFD de faire un travail de terrain approprié en termes de formation, de sensibilisation des militants et de l’implantation même du parti ». Avant d’assurer que le fonds reçu sera judicieusement utilisé.

Créée le 1er juin 2003, c’est la toute première fois que l’Union pour la République et la démocratie (URD) est déclarée éligible au financement public. Le secret du parti c’est qu’il s’est conformé cette fois-ci aux textes. « Nous nous sommes conformés aux textes régissant le financement public des partis politiques. Nos responsables aux finances ont eu à suivre un stage tout comme les responsables aux finances d’autres partis sur comment remplir le manuel, tenir le document comptable… Ce sont ces consignes que nous avons suivies. Ce qui nous a valu notre admission, c’est le sérieux mis dans le travail. Nous avons envoyé à nos secrétaires aux finances des lettres de félicitations pour le sérieux qu’ils ont mis dans la formulation du dossier », confie Abdoulaye Koïta, 3e vice-président du parti de la Poignée de mains.

Ayant bénéficié de plus de 214 millions de F CFA, l’URD, par la voix de son 3e vice-président, entend poursuivre sa mission quotidienne au plan national et communal. « Le financement des partis politiques a un objectif bien précis. C’est soutenir les partis dans la formation de leurs militants, dans l’éducation des citoyens… En tout cas bénéficier de l’aide après avoir rempli les critères dénote du sérieux d’un parti », soutient M. Koïta.

Autre formation politique à bénéficier de l’aide, le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR). Il a reçu de l’Etat plus de 80 millions de F CFA. Selon un cadre du MPR, le parti continuera à mener les activités ordinaires, en l’occurrence la formation et la sensibilisation des militants. « C’est vrai que nous avons bénéficié de l’aide mais n’oubliez pas que le parti a ses réalités. Nous avons le siège à payer, un personnel à payer, des militants à former… Donc, l’argent sera utilisé à cette fin et pas à autre chose. Car, l’année prochaine nous sommes tenus de justifier l’utilisation faite du fonds et s’il est établi qu’il a été mal géré, nous n’allons pas bénéficier l’aide de l’Etat ».

Pour notre interlocuteur, le fait de ne pas verser le reliquat de l’aide au Trésor public est une entorse aux dispositions de la charte des partis politiques fixant les critères d’éligibilité.

Notons qu’au club sélect des bénéficiaires ayant répondu aux critères figurent le Mplus/Ramata et le RDR que nous n’avons pu rencontrer en dépit de nos multiples tentatives.


Mohamed Daou

De nombreux conseillers communaux et députés

Ne disposant pas de députés, l’Union des forces démocratiques (UFD) peut néanmoins se targuer de compter dans ses rangs 12 conseillers élus repartis surtout entre les régions de Koulikoro et Ségou.

Par contre, l’URD compte 34 députés et 1635 communaux. Au MPR, l’on dénombre 458 élus communaux et 8 députés.

M. D

08 février 2008.