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jpg_une-19.jpgLoin d’être chronologiquement découpées, ces étapes se superposent et influent les unes sur les autres.

La lune de miel

Pendant la période de séduction, nul n’est assuré de la relation. C’est pourquoi hommes et femmes se présentent sous leur plus beau jour. L’homme n’est jamais aussi attentif et communicatif. La femme n’est jamais aussi admirative et réceptive.

En même temps, les deux ont tendance à auréoler la personne qu’ils convoitent. Ils passent des heures et des heures à bavarder et à faire et refaire l’amour, tout en élaborant des projets de vie. Ils pensent que l’Amour leur permettra de surmonter toutes les difficultés. C’est la phase que l’on voudrait faire durer toujours.

Tranquillement. Toutefois, cette passion intense fait place à un bonheur plus tranquille, plus réaliste: les amoureux dorment maintenant en paix, en silence, dans les bras l’un de l’autre, tout en réalisant leurs projets.

La lutte pour le pouvoir

On dit de l’amour passion qu’il est aveugle. Mais, heureusement, la vie à deux rend la vue. Les petits défauts, minimisés au début, grossissent. Le couple est toujours heureux, mais l’intensité s’atténue. Chacun prend contact avec la personne réelle à la source de tant de sensations, d’émotions et d’espoirs.

La certitude d’avoir conquis l’autre fait que chacun commence à exiger ce qu’il attend de son couple et à se présenter sous son vrai jour. Les différences deviennent souvent sources de différends. Par exemple, l’un met l’accent sur sa carrière et l’autre, sur le couple et la famille.

Cette lutte pour le pouvoir est nécessaire: elle permet de savoir qui est réellement l’autre et d’affirmer les besoins et les attentes de chacun face au couple. À ce stade se joue toutefois l’avenir du couple.

Plus de la moitié des couples se sépareront. De 20 % à 30 % se résigneront et s’endureront, cherchant des compensations dans le travail ou les enfants. À peine 20 % sortiront gagnants de cette lutte inévitable.

Le partage du pouvoir

Quoique égaux, l’homme et la femme sont quelque peu différents. Dans le partage du pouvoir, l’un et l’autre acceptent de mettre ces différences, parfois contradictoires, au service du couple et apprennent à gérer les crises et les conflits inhérents à la vie à deux. Par exemple, ils réussissent à faire un budget tenant compte de la sécurité pécuniaire de l’un et de l’insécurité de l’autre.

Les deux sont plus souvent amants qu’ennemis intimes. Les deux utilisent leurs intelligences émotionnelles pour ne pas laisser leurs émotions négatives et leurs frustrations étouffer leurs émotions positives et leur joie d’être ensemble.

L’engagement

C’est à cette étape que le couple devrait se marier, car son amour est maintenant basé non plus sur la passion, mais sur une véritable connaissance et l’acceptation de l’autre tel qu’il est dans ses ressources, ses sensibilités, ses faiblesses.

L’amour à ce stade devient un attachement, non plus une dépendance passionnelle. Attachement au style de vie original et unique (ce que j’appelle la «culture conjugale») que le couple a su créer bien au-delà de ses crises. Face à ses conflits, le couple a fait grandir son intimité et son entraide. Les deux sont devenus complices.

Ouverture sur autrui

Toute une vie est nécessaire pour arriver à cette sagesse que savent démontrer les couples heureux à long terme. Leur existence prouve que, malgré les difficultés de la vie à deux, il est possible de réussir là où la majorité a échoué.

Ils se rappellent même leurs conflits antérieurs avec humour. Les couples heureux deviennent un exemple pour leurs enfants, leurs petits-enfants et leur entourage.

Par Yvon Dallaire, Psychologue pour canoe.com