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Le bonheur familial se base sur la compréhension mutuelle des conjoints

Le bonheur conjugal se bâtit sur la compréhension mutuelle des conjoints. La femme heureuse au foyer connaît bien son mari. Elle gère bien les humeurs du chef de famille et agit quand il le faut discrètement pour le dissuader de prendre une décision ou l’encourager à poser un acte. Etre en phase n’est pas chose aisée pour les conjoints. Cela demande du don de soi, savoir faire des concessions et très souvent des sacrifices justes pour préserver le foyer. L’essentiel de ces missions incombe à la femme. C’est n’est pas pour rien que la sagesse malienne demande à la femme de se soumettre et de fermer les yeux sur certains comportements et agissements de l’époux. Tout cela va dans la consolidation du foyer. Surtout quand il y a des enfants. Dans les familles maliennes les personnes âgées enseignent plusieurs astuces aux nouvelles mariées pour conquérir l’élu. La majorité des femmes sont d’accord sur le fait qu’il est primordial de bien connaître son mari. « Une femme doit impérativement lire sur le visage de son conjoint. Tout est là et tu sauras s’il est en forme ou pas » explique Mme Cissé Kadidia.

Cette épouse modèle a dix ans de vie conjugale. Et jamais quelqu’un n’est intervenu pour aplanir une incompréhension entre elle et son mari. Elle nous livre son secret pour aider d’autres femmes à instaurer la bonne atmosphère à la maison. Mme Cissé a toujours privilégié le dialogue dans son foyer. Elle est parvenue ainsi à prévenir les disputes inutiles. La recette est simple :« je sais quand il est de bonne ou mauvaise humeur. Je me comporte en connaissance de cause. Je commence à le faire rire pour détendre l’atmosphère quand il est de mauvaise humeur.

Croyez-moi ça marche toujours ». Cet exercice est à la portée de toutes les jeunes mariées, dit – elle souriante. Elle arrive toujours à faire parler son mari s’il a des problèmes. Et elle lui propose des solutions. « De nos jours, je n’ai plus besoin de faire un effort pour faire parler mon mari. La communication est devenue habituelle. Mais, par contre, certains jours j’évite même de croiser son regard. Je n’ouvre aucun débat. Je le laisse dans son coin. J’essaie à ma façon de le soulager en cuisinant son plat préféré. » confesse Kadi. Elle conseille à ses sœurs de ne pas oublier que les hommes retournent stressés du bureau. Ils n’ont pas besoin qu’on en rajoute.

serein. Mariée il y a seulement deux ans, Awa a failli divorcer. Elle n’arrivait pas à aplanir les incompréhensions perpétuelles qui surgissaient entre elle et son époux. « A un certain moment, j’étais convaincue que notre couple n’était pas compatible et que jamais nous n’arriverons à nous entendre », souligne – t-elle. Aujourd’hui le ciel est serein dans la maison du couple. C’est un mari heureux et calme qui nous a certifié que sa femme a réussi à changer de stratégie. Elle ne criait plus quand son époux revenait de ses sorties nocturnes et elle ne se plaignait plus à longueur de journée. « Elle est devenue douce et sereine comme je préfère. Je suis content de la nouvelle image de ma femme. Je n’imagine plus ma vie sans elle.

Quand je sors je suis pressé de rentrer à la maison. Tel n’était pas le cas au début de notre mariage. Mon épouse est perspicace. Elle s’est donnée le temps et la peine de me connaître. Elle a découvert la clé pour résoudre le problème qui empêchait notre couple de vivre heureux » explique-t-il avec un large sourire aux lèvres. Le mari de Awa ne s’était pas trompé. L’épouse, en bonne fille issue de la grande famille, a pris conscience que son homme lui échappait de jour en jour. « Je me suis dit pourquoi ne pas faire profil bas et feindre d’ignorer la présence de mon époux à la maison » souligne-t-elle. Elle se rendra compte vite que sa nouvelle stratégie faisait de l’effet.

Son mari ne durait plus au « grin » la nuit et il cherchait à établir le dialogue. « Je savais désormais que j’avais le bon bout. Dieu merci, actuellement il n’y a plus de conflit dans notre foyer. L’atmosphère est bon enfant » nous fait-t-elle constater. Les questions d’argent pourrissent très souvent la vie des conjoints. La famille Traoré a traversé cette zone de turbulence. Ce couple nous a narré sa douloureuse expérience. Le mari, M. Traoré déteste surtout qu’on lui parle d’argent le matin. « Je ne savais pas si elle le faisait sciemment, mais ma femme attendait toujours le moment où je m’apprêtais à sortir pour exposer un problème d’argent », explique le mari. Cette conduite de sa conjointe le mettait hors de lui. « Chaque fois, il y avait des querelles mesquines et des incompréhensions », souligne Mme Traoré.

Finalement « Madame » a changé de tactique. Elle a compris qu’au cours des disputes, il n’était pas nécessaire d’élever le ton. « J’ai commencé petit à petit à relativiser les choses, à me maîtriser, à réfléchir à ce que je vais lui dire. Je ne boudais plus », avoue Mme Traoré. La récompense fut l’atmosphère conviviale qui règne désormais dans le foyer des Traoré. Les sujets d’argent étaient évoqués quand le maître de maison voulait recevoir les doléances. Dans la vie les jours fastes et les jours de vaches maigres alternent. Il arriva un moment où M. Traoré était coincé, car il avait perdu son boulot. Il lui arrivait de ne pas donner l’argent de la popote.

Mme Traoré se rappelle qu’un « jour il est sorti très tôt. Il n’a pas laissé le prix des condiments. J’ai préparé à manger en utilisant l’argent que j’avais mis de côté ». Ce geste est digne et attendu de la maîtresse de maison exemplaire dans toutes les familles maliennes. Au retour du mari à la maison, l’épouse lui a réservé un accueil radieux. Elle venait de mettre en pratique le précepte qui dit le mariage est scellé « pour le meilleur et le pire ». Depuis cette date les questions d’argent ne sont plus tabou. Dans leur foyer le sourire complice et la joie rayonnent sur le visage des époux Traoré.

Vendredi 30 mars 2012, par Mariam A. Traoré

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