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Mag’femme : Vie de couple : Comment vivre à deux pendant longtemps ?

Nombreux sont les foyers qui éclatent actuellement au premier défi. Il y a pourtant des remèdes faciles pour faire durer le mariage et vivre en toute harmonie

Vivre en couple n’est pas une chose aisée. Car, cela demande du don de soi, à faire des concessions et très souvent des sacrifices pour préserver le foyer. L’essentiel de ces missions incombe à la femme selon nos us et coutumes et selon les préceptes religieux. Ainsi, la femme mariée a toujours été sollicitée à être obéissante, patiente et surtout tolérante.

Ce n’est pas pour rien qu’on demande à la femme de se soumettre et de fermer les yeux sur certains comportements et agissements de l’époux. Tout cela va dans la consolidation du foyer et bien entendu du bonheur et du bien-être de la famille, surtout quand le couple a des enfants.Cependant, l’homme également a un grand rôle à jouer. Cette fonction de l’homme est primordiale pour la réussite de la vie à deux. Chacun de son côté doit œuvrer pour la pérennisation et l’atteinte de la sérénité dans le foyer. Vivre en harmonie avec son conjoint est un formidable bonheur.

Cependant, il n’y a pas que ça. Cette vie à deux comme toute relation humaine connaît forcément des hauts et des bas. A ce stade, nous avons plusieurs fois évoqué qu’il va falloir pour les deux conjoints de communiquer et surtout de faire des concessions. Cette attitude permettra au couple de surmonter les obstacles et de vivre en complicité en offrant ainsi à leur progéniture une vie paisible et harmonieuse. Les uns et les autres doivent surtout comprendre que la constitution du couple procède la plupart du temps d’un choix des conjoints.

L’idéal serait de réussir à faire cohabiter une intimité commune et partagée. Aussi, l’homme et la femme doivent savoir que les sentiments seuls ne suffisent pas pour bâtir une vie de couple heureuse, épanouie et surtout paisible. A cet effet, comme nous l’avons évoqué plus haut l’homme doit jouer le rôle qui lui est destiné. Il s’agit, entre autres, de sa présence physique à la maison et son assistance. Un bon mari doit être surtout compréhensif, tolérant et patient. Nous devons impérativement retourner à certaines de nos valeurs traditionnelles qui faisaient la dureté ainsi que le bonheur du couple.

Ces fondements du mariage dans notre société contribuaient à renforcer les liens entre les conjoints. Ainsi, dans la société bambara quand une fille intègre son nouveau foyer, elle est perçue comme étant un membre à part entière de sa belle famille. Elle devient du coup, la fille, la sœur, l’amie, la confidente des uns et des autres en particulier de son époux. Ce climat de fraternité et de considération contribuait à la consolidation du mariage. Ce sont ces aspects que nous tenterons d’aborder dans cet article.

Intéressons-nous aux exemples de couples qui ont réussi à jongler entre la tradition et la modernité. Ces révélations prouvent à suffisance que nous devons absolument faire machine arrière, du moins en ce qui concerne le mariage dans notre pays. Il arrive dès fois que l’on se pose des questions à savoir pourquoi tel couple tient la route ? Pourquoi tel autre couple a sombré à cause de disputes incessantes dues aux incompréhensions de tous genres, conduisant au divorce souvent dès la première année de la vie commune ? Le secret de la longévité réside à la base même du mariage.

Pour la vieille Rokia, l’homme et la femme sont faits pour s’entendre. « À notre époque, on ne pouvait même pas penser au divorce. Nous étions donc condamnés à réussir notre vie au foyer » dit-elle. Pour cela, elle a expliqué qu’il n’y a rien de compliqué. « Il fallait juste voir en ton époux, ton frère, un ami et surtout un confident.

Il y a des choses qui sont inadmissibles, voire insupportables, mais dès que tu as en tête que c’est surtout un frère qui a posé tel ou tel acte, tu peux passer l’éponge la dessus » indique notre interlocutrice. Qui se souvient qu’un jour son mari en s’adressant à elle au cours d’une réunion familiale, a admis qu’elle doit non seulement donner son avis en tant qu’épouse, mais aussi en tant que sœur.

Pas de recette miracle. Il lui a parlé en ses termes : « C’est vrai que tu es mon épouse, mais tu joues en même temps le rôle d’une mère, d’une sœur, d’une confidente et d’une amie pour moi.

J’ai toujours bénéficié de ton assistance, ton soutien et accompagnement souvent à tes détriments », raconte pensive Rokia. La longévité d’un couple ne dépend pas de recette miracle. Il faut juste prévoir et contourner les obstacles. Ceci ne peut se faire sans la patience et la tolérance. « Je peux vous jurer que la meilleure manière d’y parvenir c’est de voir ton mari comme un parent ou un ami », martèle-t-elle.

Cet autre exemple est révélateur. Issa est marié depuis une quinzaine d’années. Il nous raconte que jamais personne n’est intervenu dans leur problème de couple. « Je ne vous dirais pas que tout va à merveille tout le temps.

Souvent, il y a des tensions, mais nous avons toujours privilégié le dialogue. Dans notre couple on se dit tout. Il n’y a aucune barrière entre nous », dit-il. Cette atmosphère bon enfant dans son foyer est dû au fait qu’il voit en sa femme, une sœur, une amie. « Vous savez en matière de couple, l’amour s’en va. Il laisse la place à l’habitude, ainsi qu’à l’affection qu’on a l’un pour l’autre », lance-t-il.

Une autre histoire est aussi intéressante. Moussa explique qu’il est satisfait de sa vie de couple. Marié depuis bientôt 10 ans, notre interlocuteur affirme qu’il doit tout à sa femme. Pourtant le début de leur union n’a pas été du tout facile. La femme de Moussa lui a été proposée en mariage par l’une de ses tantes. « Au début ma femme et moi ne se comprenaient pas du tout », souligne-t-il.

La conjointe a pourtant réussi à renverser la tendance. « Elle a commencé par me taquiner. Quand je me plains, elle me répondait que si elle ne s’amuse pas avec moi qu’elle le fera avec qui ? Elle enchaînait en ajoutant que je suis son mari, son frère, son ami et son protecteur », se souvient Moussa.

Au fil des temps, le couple s’est consolidé. « Nous avons laissé derrière nous, les incompréhensions ainsi que les petites querelles mesquines. Grâce à ce comportement, il existe une complicité énorme entre ma femme et moi. Elle sait quand et comment s’adresser à moi », explique notre interlocuteur.

Oumar s’est dit également ravi de sa vie de famille. Il narre que dès le début de leur union, il a expliqué à sa femme qu’en dehors d’être sa femme, elle est aussi et surtout celle qui doit le chouchouter quand il le faut. « Je lui ai fais comprendre qu’elle est comme une mère, une sœur, une confidente et un espoir pour moi », dit-il.

Il se rappelle qu’il y a deux ans, qu’il s’est emporté et a frappé sa femme alors que leur mariage dure depuis 7 ans. Cette dernière qui assistait à notre entretien a expliqué que peu de temps après cet incident, son mari lui a demandé pardon en lui lançant : « Je sais que j’ai dépassé les bornes, mais mon droit d’aînesse me permette de te corriger un peu. Alors, je ne suis plus ton frère ou quoi ? Si tel est le cas tu dois pouvoir me pardonner », se souvient la femme.

Qui ajoute qu’elle s’est mise à sourire. « Ce n’est pas parce que je n’avais plus mal, mais j’étais soulagée. Effectivement je me suis dis que si c’était réellement mon propre frère qui m’avait giflé ma réaction allait être différente. J’aillais certes manifester mon mécontentement, mais pas le bouder toute une semaine », explique celle que son mari appelle affectueusement Mama.

Pour cet autre sexagénaire ce n’est pas pour rien qu’on dit que la femme est la mère de l’humanité. « D’aucuns te diront que cela est dit par rapport à la maternité, alors que ce n’est pas que ça », explique-t-il. Il martèle que quand un homme n’a plus sa mère que c’est son épouse qu’il voit comme telle. « Vous savez, un homme est comme un enfant, il a toujours besoin d’assistance, d’être chouchouté, entre autres. C’est à l’épouse de comprendre tout cela et de jouer le jeu », affirme-t-il.

Selon lui, les jeunes couples doivent adopter ces stratégies pour faire durer leur union. « On assiste à trop de divorces souvent évitables. Il est temps qu’on retourne à nos sources surtout en matière de mariage dans notre pays », a-t-il conclu. En tout état de cause, pour faire de vieux os dans son mariage, les époux doivent tisser entre eux de la complicité, de la compréhension, du soutien moral et psychologique et de la tolérance. Ceux-ci sont les recettes de bonne réussite d’un foyer exemplaire.

Pour durer ne dîtes pas tout!

“Ne pas tout se dire est un signe de maturité” affirme le psychologue Jacques-Antoine Malarewicz. A l’inverse exiger la transparence est un signe de manque de confiance en soi.

Aujourd’hui, les codes relationnels ont changé et le couple fusionnel n’est plus un modèle tenable. Prendre un pot avec un copain, ou dîner avec un ex, sans lui dire… Impensable hier, incontournable aujourd’hui ! Le “je” ne se fond plus dans le “nous”, l’autonomie est de mise : en clair, il faut cultiver son individualité… jusqu’à un certain point, bien sûr ! Que dire au sein du couple ? Pour Catherine Bensaïd, psychanalyste, jouer la carte de la transparence dans la relation amoureuse, c’est prendre le risque de la banaliser. “A se livrer sans réserve à l’autre, vous risquez de perdre de votre mystère.

Une donnée essentielle de la séduction”. Sans compter l’aspect immature de cette communication verbale à outrance. “Lui raconter ma journée par le menu de manière systématique, me ramenait immanquablement à mon enfance quand maman me posait mille questions”, avoue Françoise. A la longue, le désir en prend un coup et vous risquez d’entretenir une relation plus fraternelle qu’amoureuse.

Le bon moment pour partager en couple. Si les petits secrets sont nécessaires, à l’inverse, certains silences peuvent peser lourd. “Un licenciement ou une maladie grave sont des points qui nécessitent un dialogue”, ajoute Jacques-Antoine Malarewicz. Savoir parler est dans ce cas un signe de confiance en l’autre.

Combien de couples sont sortis grandis des épreuves difficiles ou de conflits majeurs par la parole. Partager ses émotions coule de source mais pas n’importe quand, ni n’importe comment. Chacun arrive avec son histoire, et ses blessures. Alors inutile de battre le fer quand il est chaud, devant une difficulté. Catherine Bensaïd conseille “ ’attendre le moment adéquat, base d’une communication respectueuse dans le couple”. Encore une fois, l’équilibre est de mise, pour mieux s’entendre et donc mieux s’écouter.

Ces quelques conseils peuvent vous aider à trouver le juste milieu entre transparence et silence : Ce qu’il ne faut pas dire : les petits secrets. Vous traînez avec votre meilleur(e) ami après le boulot et forcément vous rentrez plus tard. Ou vous dînez avec un(e) ex. Si vous savez que l’un comme l’autre vont le (la) rendre dingue, avec à la clé une scène assurée… Motus ! Vous coupez court à des discussions inutiles et jouissez de ce précieux sentiment de liberté sans dommage (pour les 2).

Ce qu’il faut dire : Exit le tabou de l’argent. Vous avez craqué pour le dernier gadget high tech (exorbitant). Mettez-le (la) dans la confidence et trouvez une parade ensemble : faites la cuisine pendant une semaine. Si vous avez été licencié, inutile de faire semblant d’y aller le matin (c’est très courant) le temps de trouver un autre boulot. Jouez cartes sur tables.

Vendredi 31 août 2012, par Mariam A. Traoré

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