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Face à la flambée des prix et au pouvoir d’achat très faible du Malien, de nombreuses familles ont des difficultés pour assurer leurs repas quotidiens.

La situation est préoccupante. Depuis quelque temps, la flambée des prix a gagné tous les secteurs de la vie économique, menaçant ainsi la sécurité alimentaire de notre pays.

Les produits de première nécessité ont connu une hausse spectaculaire en si peu de temps.
Le riz et le mil qui sont les aliments de base au Mali ont connu une augmentation de 30 à 45% soit le sac de 50 kg à 17 000 FCFA pour le riz brisure, 16 000FCFA pour le riz sec et 16 500FCFA pour le riz gambiaka.

Le petit mil est vendu à 14 000FCFA le sac de cent kilogrammes. Sur le marché, le sac de 50Kg de sucre est vendu à 18 000FCFA ; le marché de la viande a connu une augmentation de l’ordre de 20% soit 1 500FCFA le Kg pour la viande avec os et 1 800FCFA le Kg pour la viande sans os et cela depuis plus d’un mois.

L’huile et le savon ne sont pas du reste en marge de cette hausse des prix des produits de première nécessité. Le litre d’huile est vendu entre 900 FCFA et 1000 FCFA. Le sac de farine est vendu à 21 750 FCFA soit une augmentation de 66% .

« Les prix des denrées de première nécessité ne cessent de prendre l’ascenseur, les autorités refusent d’intervenir efficacement dans la réglementation des prix.

Aujourd’hui, nous sommes tous conscients de l’absence d’une véritable politique agricole pour assurer la sécurité alimentaire de notre pays. Pour preuve, le premier ministre s’est vu dans l’impossibilité de résoudre cette crise dans l’immédiat, il nous propose une production de 10 millions de tonnes à l’horizon 2010 », a expliqué monsieur Cissé, un consommateur résidant à Faladié Sema.

Selon certains commerçants, seul l’Etat est responsable de la hausse des produits sur le marché. « Il faut reconnaître que des efforts ont été accomplis en matière d’augmentation des salaires pour améliorer le pouvoir d’achat des Maliens. Le gouvernement pense résoudre le problème par l’ exonération des droits et taxes sur le riz.

Cette pratique de l’Etat est très mal réfléchie parce que ce n’est pas profitable à la population dans la mesure où le riz est vendu dans certaines boutiques à 375 FCFA le kg et non 310 FCFA comme annoncé à la télévision. Face à cette situation, le gouvernement doit veiller sur l’application des prix », a réagi Ibrahim Touré, commerçant au marché de Banankabougou.

Les Maliens vont-ils supporter encore longtemps cette flambée des prix ? « La hausse actuelle est structurelle et le gouvernement doit trouver des mécanismes économiques qui répondent à la crise de manière durable. Une chose est certaine : le pouvoir d’achat du Malien est très faible.

C’est pour vous dire qu’aucun fonctionnaire n’est en mesure de supporter cette situation », a expliqué Siriman Doumbia, enseignant à l’école fondamentale de Faladié Sokoro.

Malgré la mise en place d’une commission composée des représentants du gouvernement, de la centrale syndicale UNTM, des consommateurs et des opérateurs économiques, pour trouver une solution durable à cette crise, la réalité est tout autre sur le terrain.

La flambée des prix des produits de première nécessité est une préoccupation majeure qui menace sans nul doute les droits du peuple à manger à sa faim, de boire et de s’habiller décemment.


Nouhoum Dicko

09 Mai 2008