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Dans le cadre de sa marche sur la Primature pour dénoncer la vie chère et les inégalités, les responsables du Mouvement des sans voix comptaient remettre une déclaration au Premier ministre Modibo Sidibé. La marche interdite n’a pas eu lieu. Les initiateurs avant d’être interpellés par la police on eu le temps de faire circuler les copies de leur déclaration.

Dans ce document, les responsables du mouvement ont indiqué que “depuis quelques mois, la cherté de la vie frappe de manière aiguë et de plein fouet le peuple malien”. Selon eux, les prix n’ont cessé de monter jusqu’à atteindre des proportions alarmantes.

Au Mali la flambée des prix a envahi tous les secteurs de l’économie et surtout les produits de premières nécessités”, a indiqué Tahirou Bah. Selon lui, les spécialistes du marché avancent des statistiques, les moins rassurantes. Il dira que le prix du riz a augmenté de 23%, la viande de 20%, 28% pour le lait, 45% pour le mil et 66% pour la farine.

Les responsables du Mouvement des sans voix sont convaincus que les causes de cette flambée des prix ne sont pas un fait naturel, encore moins un hasard. “Elles sont entre autres dues à la spéculation financière internationale, à la production de biocarburants en lieu et place de l’alimentation et aux ajustements structurels imposés par la BM et le FMI”, ont-t-ils soutenu.

Avant de déclarer que “le gouvernement du Premier Ministre Modibo Sidibé, incapable de prévenir et de prendre les mesures qui s’imposent, s’oriente vers la duperie et la mise en œuvre de politiques chimériques (Opération Initiative Riz, le PDES, la LOA) accompagnées par des théories économiques échappant à toute logique, tantôt c’est la libéralisation de l’économie, tantôt il prône le monopôle ou l’affairisme économique ».

Mais, pour les responsables du Mouvement des sans voix, la concurrence loyale entre les opérateurs économiques n’est pas le souci des autorités. “Les prix peuvent s’élever du fait des monopôles ou d’entente entre quelques fournisseurs”, fait remarquer la déclaration.

Les responsables du mouvement attirent l’attention du Premier ministre sur le fait que : “ l’augmentation des prix provoque une baisse de pouvoir d’achat et entraîne la cherté de la vie qui frappe de plein fouet les ménages à revenu fixe telle que la classe moyenne, composée de salariés et de retraités”.

Ils ont expliqué que leur mouvement n’entend pas seulement dénoncer cette situation nourrie par le régime d’ATT et son “gouvernement incapable”. Le mouvement a levé le voile sur sa longue liste de propositions pour mettre le Mali à l’abri des difficultés.

Ce sont : Encourager l’offre par des suppressions de taxes et prendre les mesures pour bloquer les prix, subventionner et détaxer les intrants agricoles et les rendre disponibles afin d’améliorer la production, supprimer les redevances eau, entreprendre à fond la reforme agraire,

bloquer la pratique de l’agro busines et l’introduction des OGM dans l’agriculture, aider nos producteurs nationaux en leur facilitant l’accès au crédit, à l’équipement et à l’augmentation de la taille des exploitations, opérer une baisse des factures d’eau et de l’électricité, revoir les prix du loyer à la baisse, diminuer au maximum le train de vie de l’État,

l’État doit rester maître dans les secteurs stratégiques que sont les mines, l’énergie, l’alimentation, l’école, la santé et les télécommunications.

Dans la déclaration, Tahirou Bah a été formel. Selon lui, pour le Mouvement des Sans Voix la question de la vie chère est l’arbre qui cache la forêt, car elle est directement liée à la question des inégalités qui morcellent notre peuple et l’asservissent pour les besoins du capital financier international.

C’est pourquoi, le Mouvement des Sans Voix dénonce avec la dernière énergie l’injustice et l’arrogance que subissent les grévistes de Morila, ainsi que leurs femmes et enfants de la part de l’État malien et les multinationales qui sévissent contre les populations de Sanso.

Nous exigeons que justice leur soit rendue sans condition”, a-t-il déclaré. Il a aussi demandé justice pour les Travailleurs licenciés. Compressés, les Partants Volontaires à la Retraite, les Paysans de l’Office du Niger, la COSES, le SYNESUP…


Avant de soutenir: “ Tant que notre peuple ne mange pas à sa faim, tant que nos usines et entreprises nationales sont liquidées, tant que la corruption gangrène notre pays et au haut sommet de l’État, tant que les ouvriers, paysans, femmes et enfants sont classés citoyens de seconde zone, tant que notre peuple est victime de l’injustice et de l’arrogance,

tant que le libéralisme et le capital financier font la pluie et le beau temps au Mali, tant que le régime d’ATT continue à conduire notre peuple à la boucherie, le Mouvement des Sans Voix, Mouvement de lutte et de résistance populaire, s’opposera à la trahison et se battra par tous les moyens nécessaires afin d’obtenir justice pour notre peuple et pour un Mali meilleur”.


Assane Koné

28 Mai 2008