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Prévue pour 9 heures, la marche n’a débuté qu’une heure plus tard sur la Place de la liberté où une cinquantaine de militants s’étaient regroupés autour du président du parti, Modibo Sangaré.

La chaleur se faisait déjà sentir, rendant certains marcheurs impatients. « J’ai chaud et j’ai soif, il faut que la marche se termine très vite« , se lamentait un jeune marcheur qui tenait sans grande conviction une banderole sur laquelle était écrit « non à l’abolition de la peine de mort« .

Un autre jeune plus excité tentait de galvaniser la petite foule. « Je n’ai pas d’emploi. Or la vie devient de plus en plus chère dans notre pays. S’il s’agit de marcher jusqu’au ciel, je le ferai« , fanfaronnait le jeune homme qui se fait appeler par les siens « Le Che« , en référence au célèbre révolutionnaire cubain.

Les marcheurs qui scandaient des slogans dénonçant la vie chère et le projet d’abolition de la peine de mort sont partis de la Place de la liberté vers la Primature en passant par le Boulevard de l’Indépendance.

Un groupe de
policiers encadrait la marche afin d’éviter tout débordement. La manifestation s’est finalement déroulée dans le calme.

Devant la Primature, le président de l’UNPR apparemment fatigués comme les autres marcheurs, a fait une déclaration dans laquelle il a dénoncé la cherté de la vie et le projet de loi sur l’abolition de la peine de mort.

« C’est un groupe d’intellectuels manipulés par les Occidentaux qui veut imposer l’abolition de la peine de mort dans notre pays, chose que nous ne devons pas accepter« , a lancé Modibo Sangaré.

S’agissant de la vie chère, le président de l’UNPR a fustigé la cupidité des opérateurs économiques et commerçants, avant d’appeler le gouvernement de prendre des sanctions contre tous ceux qui profitent illicitement de la souffrance du peuple.

Modibo Sangaré a cependant salué les mesures prises par le gouvernement pour empêcher la flambée des prix des produits de première nécessité, tout en regrettant la lenteur dans l’application concrète de ces mesures.

Une copie de la déclaration du président de l’UNPR a été confiée à un responsable de la Primature pour qu’il la remette à qui de droit.

M. KÉITA

L’Essor du 23 avril 2008.