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Pour dénoncer l’attentisme de l’État face à la flambée des denrées de première nécessité, le Mouvement des sans voix a décidé d’organiser une marche de protestation pacifique, le vendredi 18 avril 2008. La manifestation était, hier, au centre d’une conférence de presse organisée dans la salle de conférence de la Radio Kayira.

Nous avons décidé d’initier cette marche pour dénoncer l’absence d’initiatives concrètes pour voler au secours des populations maliennes”, a déclaré Tahirou Bah, secrétaire général du “Mouvement des sans voix” au Mali.

Selon lui, leur association oeuvre pour une société juste, démocratique et égalitaire et face au silence de la société civile malienne dans son entièreté, les militants ont décidé de tirer la sonnette d’alarme sur la situation difficile que vit notre peuple. Il a expliqué que la marche vise aussi à “exprimer leur résistance et opposition aux politiques néfastes et catastrophiques que mène le régime d’ATT”.

Ces politiques dignes d’une autre époque, ne font qu’accentuer la paupérisation de notre peuple et l’asservir pour les besoins du capital financier national et international”, a-t-il déclaré. Le responsable du Mouvement des sans voix n’est pas allé par quatre chemins pour accuser l’État malien d’être à la base de toutes les difficultés que vivent nos populations.

Nous sommes conscients du rôle et de la responsabilité directe de l’État malien face à la flambée des prix des denrées de première nécessité”, a-t-il déclaré.
Avant de pointer un doit accusateur sur l’institution de la corruption, du laxisme, du népotisme et du clientélisme comme systèmes de gestion des affaires publiques.

Il a aussi estimé que la mise en oeuvre maladroite des politiques néo-libérales constitue une menace réelle et immédiate pour notre peuple. Le secrétaire général du “Mouvement des sans voix” a dénoncé la politique d’attribution d’exonération à des opérateurs économiques qui font les affaires des barons au pouvoir.

Cette politique d’exonération ne pourra jamais résoudre la crise actuelle”, a-t-il estimé. Il a souhaité la mise en place d’un cadre d’analyse sur la cherté de la vie, afin que des solutions idoines soient dégagées pour voler aux secours des populations maliennes qui n’en peuvent plus. Mais, il a soutenu qu’il n’est pas surpris par ce qui se passe dans le pays.

Selon M. Bah, c’était prévisible, parce que “depuis l’avènement de la démocratie en 1991 et surtout depuis 2002, le peuple malien continue sa descente aux enfers”. Pour sa part, Cheick Oumar Keita, secrétaire général de l’Union des travailleurs compressés du Mali (UNTCM), estimant que l’heure est grave, a lancé un appel à tous les partis politiques qui ont soutenu ATT pour son deuxième mandat de s’offrir un cadre de concertation avec lui pour dégager des stratégies capables de sortir le Mali de cette situation.

Assane Koné

17 avril 2008.